Kenting en résumé

Soyons honnête: bien que Kenting tente de se donner des airs d’île thaïlandaise, le «Hawaii taïwanais» (dixit Lonely Planet) est bien loin de l’éden décrit dans certains guides. C’est en fait une petite station balnéaire sympathique, où les Taïwanais aiment aller en famille pendant le Nouvel An chinois. Le reste de l’année, on croise surtout des jeunes qui veulent faire la fête. Le point culminant: le Spring Scream Festival, consacré à la musique locale indépendante, dont j’ai déjà parlé ici.

Il était pourtant impensable pour Chéri et moi de venir faire une escapade à l’île de Formose sans y faire un petit détour. Parce que c’est ici que tout a commencé…

Le bout de plage où a eu lieu le rave où nous nous sommes vraiment parlés pour la première fois était quasi-désert quand nous sommes allés y faire notre «pèlerinage». Quelques jeunes s’amusaient à s’enterrer dans le sable. Le terrain de camping où nous avions tous planté nos tentes pendant le festival d’avril 2002 était recouvert d’arbustes. En glissant mes pieds dans le sable, je me suis souvenue que l’une des rares plages blondes de l’île (on trouve surtout du sable noir) était remplie de petits cailloux. Une bonne nouvelle toutefois: les déchets que je me souvenais avoir vu joncher le sol avaient disparu. Plus propre, comme le reste de l’île d’ailleurs, à ce qu’il me semble du moins.

De Taipei, il fallait jusqu’à récemment de longues heures de train ou d’autobus (variable selon la période l’année, j’ai déjà dû me taper 12 heures de route!) pour aller prendre un second bus à Kaoshung, et se rendre enfin à l’extrémité Sud de l’île. Les choses ont radicalement changé depuis l’implantation du TGV il y a environ un an. Le trajet Taipei-Kaoshung se fait une une heure et demi. La portion Kaoshung-Kenting, en  environ 2h40 (en autobus).

Nous avons passé deux nuits là-bas, à relaxer au bord du bout de plage et à la piscine de l’hôtel Howard Beach Resort. En attendant le petit vidéo que je suis en train de monter, voici quelques photos.

De ma fenêtre, dans le TGV

De ma fenêtre, dans le TGV

Plage du rave en question

Sur la route principale

Tunnel pour se rendre à la plage de l’hôtel, en passant sous la route

Pêcheur pas très loin de la plage

P.S.: Ce n’est pas écrit sur la carte, mais Kenting est tout en bas de la pointe!

Garbage obsession

Ceux qui consultent ce blogue depuis ses débuts (ou ont lu Cartes postales d’Asie) connaissent mon obsession pour le rituel des vidanges à Taïwan. J’ai eu l’air d’une vraie folle hier midi en sortant en trombe d’un restaurant, à Kenting, pour aller «chasser» la benne à ordure que voici… C’est fou ce que la nostalgie peut faire faire!

P.S.: Pour ceux qui se posent la question, oui, il y a plus d’une mélodie…

Décalés

11h45. Après une matinée à la mer, à la piscine et dans les aires de jeux pour enfants, nous nous dépêchons de rassembler nos dernières affaires pour le check out. Quelques minutes plus tard, je tends la clé de notre chambre du Howard Beach Resort (petite «plogue» pour le Bureau de tourisme, qui nous a payé les six premières nuits d’hébergement) de Kenting au préposé. Il vérifie dans son ordinateur et me regarde, étonné.

-       You want to leave a day earlier?

-       A day earlier?

-       Yes, you have a reservation until tomorrow.

-       …

-       …

Je jette un regard incrédule à Chéri. J’ai à peine dormi une heure la nuit précédente, Bébé ayant décidé de réaménager à nouveau son horaire-dodo (d’ailleurs, elle, elle s’est littéralement effrondrée de sommeil sitôt sorti du bain, une heure plus tôt, et roupille paisiblement dans sa poussette). Je trouve les papiers contenant tous les détails de notre itinéraire dans le fond de mon sac. Effectivement: nous sommes supposés rester deux nuits à Kenting.

Nous avons donc rapporté nos bagages dans notre chambre, et trimballé nos gueules de déterrés jusqu’au centre-ville, histoire de casser la croûte avant d’aller nous recoucher. Nous optons pour du thaï(comme la veille).

Il était environ 3h p.m. quand j’ai posé ma carcasse sur le lit. J’ai ouvert les yeux (tout collés à cause du mascara, moi qui ne me couche jamais sans me démaquiller) à 1h du matin. Je me lève pour me nettoyer le visage et me brosser les dents en me disant que j’irai me rendormir ensuite. C’est à ce moment que Bébé adorée a décidé qu’elle voulait voir la mer…

Nous avons fini par nous recoucher vers 3h30.

7h30. À la soupe!!!

Bétel city

Pendant un an et demi, j’ai résisté. «Trop dangereux Marie, la mafia est derrière eux.» Tout le monde me mettait en garde quand je disais vouloir filmer des betel nut beauties, ces filles généralement à demi-nues qui vendent le bétel. Il me paraissait pourtant impensable de quitter l’île de Formose sans avoir tenté de saisir ce phénomène. 

 

Six ans plus tard, en revenant d’un marché de nuit avec Chéri et Bébé, des hommes attablés autour du kiosque d’une jeune vendeuse (décemment vêtue) nous ont interpellés. L’occasion était trop bonne (et puis, j’ai l’air si inoffensive dans mes rôles de mère et d’épouse, avec mon n95 en guise de caméra! lol). Je me suis approchée, leur ai demandé si je pouvais les filmer, et voilà. Le fait que Chéri ait discuté avec eux a sûrement contribué au succès de l’opération… ;-)

 

Voici donc un cours 101 de préparation de ce qu’on appelle le bétel, en réalité une noix d’arec fourrée à la chaux qu’on enveloppe d’une feuille de bétel et que les gens mâchent pour ses vertus stimulantes. On voit souvent les chauffeurs de taxi la chiquer et cracher de grands jets rouges… 

 

 

Simple mode? Loin de là. «Selon les sociologues et d’autres experts qui ont étudié le problème, toute l’industrie qui s’est forgée autour du bétel est là pour rester, affirmait Les Échos en 2001. La principale raison est que le bétel est populaire en tant que stimulant légal pour les routiers qui conduisent de longues heures, les ouvriers du bâtiment, les personnes aux revenus modestes, les gangsters et même la nouvelle génération de jeunes qui utilisent le bétel comme un genre de drogue. Ce n’est pas de la caféine, ni du tabac, ni de la bière, le bétel est par nature un fortifiant, et c’est pour cela qu’il attire, expliquent ceux qui s’y adonnent.»

 

Taiwan info rapporte par ailleurs que 88% des patients taïwanais ayant contracté un cancer de la bouche et 96% de ceux atteints d’un fibrome des muqueuses sont des mâcheurs de bétel.

 

En 2008, les belles du bétel me semblent un peu plus discrètes (plus couvertes?). Mais les bouches rougeâtres sont toujours aussi nombreuses…

 

De ma fenêtre

Je l’ai souvent dit: c’est dans le mouvement que j’arrive à m’arrêter vraiment. Rien de tel qu’un voyage en bus, en bateau ou en train pour me «poser». Regarder la vie qui défile par la fenêtre alors que la mienne est entre parenthèses m’apporte un immense sentiment de paix. Moi qui bouge sans arrêt, je me laisse porter, enfin. Je cesse de lutter. Je déclare forfait contre le temps qui file. Alors que pour d’autres, il s’étire interminablement, pour moi, il se dissout dans le moment présent. Ces heures passés dans les transports passent à la vitesse de l’éclair, que le trajet dure 30 minutes ou 100 ans. Je passe de fast forward à play et laisse jouer la musique.

J’aime voir monter les gens à bord. Découvrir ces inconnus avec qui je partagerai quelques heures, probablement la seule chose que nous aurons en commun. Puis, à travers l’océan de visages, en reconnaître un. Un jour. Comme ça. Pour rien. Parce qu’il le fallait.

J’aime être vraiment nulle part. Dans le twilight zone des points A et B. Fixer l’horizon. Avaler le paysage. Le déformer dans ma tête, par la suite, quand le contour des immeubles sera devenu flou, que le vert des rizières s’atténuera dans le brouillard des souvenirs, que mes lunettes roses auront falsifié quelques détails, quelques lieux, quelques émotions.

Voyager, c’est écrire avec des mots qu’on ne connaît pas. Inventer son propre langage. Accepter qu’on sera peut-être le seul à le parler, mais tout faire pour pouvoir le partager.

J’aime être là, c’est tout. Ouvrir grand les yeux et en prendre plein la gueule.

Quatre jours à Taipei

Je ne sais pas par où commencer. J’y vais donc dans le désordre, par mots-clés.

Décalage. Bébé est restée à l’heure de Montréal. On a convenu que pour 12 petites journées, mieux valait ne pas trop déranger ses habitudes. Résultat: elle fait ses nuits le jour et sa sieste la nuit, alors Chéri et moi faisons la sieste pendant ses nuits et nos (trop courtes) nuits pendant sa sieste…

Hôtel. Nous logeons pour l’instant au United Hotel, à deux pas du Sun Yat Sen Memorial Hall. Taipei 101, Warner Village et le World Trade Center sont à une dizaine de minutes à pieds. Je n’ai rien à redire. Propre. Personnel courtois. Prix honnête (environ 100$/nuit). Bon buffet au petit déjeuner. Super bien situé. Shampoing, revitalisant, savon, peignes, brosses à dents, lotion corporelle et «gougounes» à volonté.

Mode. C’est étrange, j’ai l’impression que les gens sont vêtus de la même manière qu’il y a six ans (mis à part le port du collant noir avec des shorts même s’il fait plus de 30 degrés!). Le cycle de la mode aurait-il déjà fait un tour complet? En tout cas, il n’y avait pas ces horribles Crocs aux pieds des gens – hommes, femmes, enfants – à l’époque (en fait, toute fashion victim qui se «respectait» portait des bottes aux bouts si pointus qu’il lui fallait monter les escaliers de côté, un peu comme si elle était chaussée de skis… entre ces deux maux, lequel est le moindre?)! J’ai même vu des étuis à cellulaires façon Crocs… Au secours!

Shopping. Très, très difficile de résister. Des dizaines de marchés de nuit, 1000 centre commerciaux (chiffres donné par le Tourism Bureau), et de tout, pour tous les goûts. Vraiment.  J’ai craqué pour un petit top vert acheté en solde dans une petite boutique de New York New York.

Reportages. J’ai tellement de choses à voir que je ne sais pas comment j’arriverai à tout faire en si peu de temps. Cinq reportages avec cinq angles bien définis, c’est un peu extrême en douze jours. D’autant plus que nous voulons garder deux journées pour voir des amis et faire un «pèlerinage» dans les lieux qui ont marqué notre ancienne vie taïwanaise. Ouf.

Snake Alley. Un an et demi ici et je n’avais jamais mis les pieds dans ce marché de nuit réputé pour son côté freak show. Si j’ai aimé? Plus ou moins. D’abord, le show n’est pas assez freak pour nous faire pousser des «oh!» et des «ah!» d’étonnement. Les quelques serpents qu’on aperçoit sont de simples figurants, pas des premiers rôles. Il est possible de déguster des mets à base de reptiles (même de tortue), de se faire masser les pieds, d’acheter quelques souvenirs. Rien qui ne vaille vraiment le déplacement si vous voulez mon avis. Pas de grande surprise toutefois puisqu’il affiche ses couleurs dès le passage des portes, avec la mention «marché touristique» inscrite en grosses lettres sur sa façade.

Culs de poule. Même après y avoir vécu plusieurs mois, Taïwan continue à me surprendre. Chéri m’a appris que la viande de ces brochettes que l’on trouve dans les stands de plusieurs vendeurs itinérants sont en fait… des culs de poule. Encore plus appétissant.

Hsimenting. C’est probablement le quartier que je connais(sais) le mieux. J’adorais aller y flâner quand je vivais ici. La culture ado à son extrême. Les punks côtoient les fashion victims, les tatoués et les étudiants en uniformes. De nombreuses arcades et boutiques roses bonbons remplies de gadgets girly bordent les routes piétonnières. Plusieurs vendeuses de boutiques de vêtements branchés se la jouent très «Harajuku girls». Au moment de notre passage, un chanteur pop s’apprêtait à donner un spectacle en plein air, malgré les nuages menaçants. Le titre de son album en promo: Yoga times… Quelques photos:

Zéro subtilité. Un simple regard suffit pour savoir que quelqu’un parle de nous. Parfois, des gens se plantent carrément à nos côtés et nous fixent comme si nous n’étions pas réels. Hilarant. Parfois irritant (surtout s’il fait 843032 degrés, que le temps est lourd et qu’on a marché toute la journée). Hier soir, à Snake Alley, Bébé s’est carrément révoltée, se retournant dès que quelqu’un s’approchait d’elle en criant «NOOOOOOON!».

Taipei zoo. Des tortues, des pingouins, des hippopotames, des lions, des zèbres, des gorilles (impressionnants!), des orangs-outans, des lémuriens, des serpents…  Malgré la pluie (il faut dire que les gens ont l’habitude des humeurs changeantes de Dame Nature à Taïwan, alors des abris sont aménagés un peu partout pour nous permettre de prendre des pauses), nous avons passé une matinée fantastique. Redécouvrir cet endroit à travers les yeux de ma fille était magique!

Toilettes à la turque. Il faut que j’en parle. Je ne comprends pas pourquoi l’Occident s’acharne à s’asseoir sur un bol. C’est tellement plus simple, plus confortable (quelqu’un ici s’assoit-il vraiment sur les bols des toilettes publiques? Beaucoup plus facile pour les muscles des cuisses de s’accroupir, non?) hygiénique (bon, peut-être pas pour les pieds qui reçoivent parfois quelques gouttes d’urine de temps en temps)… Seul hic: à Taïwan, le papier se fait rare. Il faut donc penser à se munir de paquets de mouchoirs pour les pauses pipi. Autre détail: pas question de les jeter ensuite dans la toilette (il paraît que c’est à cause de la faiblesse du système de plomberie, mais je n’ai jamais su si c’était une simple excuse). On le dépose plutôt dans une poubelle, à côté. Un conseil: pendant que vous serez accroupi, évitez d’analyser son contenu… et bouchez-vous le nez!

Les mangues séchées. Dieu que c’est bon!

Anglais. À mon arrivée, en 2001, j’avais été frappée par le fait que personne ne semblait se débrouiller dans la langue de Shakespeare. J’ai encore en mémoire des images de vendeuses terrorisées, qui semblaient vouloir s’enfoncer dans le plancher à mon approche et se mettaient à bégayer dès qu’elles ouvraient la bouche. Je ne sais pas si c’est une impression, ou le fait que je n’ai plus d’attentes aujourd’hui, mais il semblerait qu’il soit beaucoup plus facile de trouver quelqu’un avec qui discuter autrement que par signes.

Vert. J’étais tellement sous le choc linguistique lors de mon premier séjour à Taïwan que je n’avais même pas remarqué à quel point l’île est verte. Les feuilles des arbres sont d’un vert intense, presque émeraude. Les pluies abondantes ont cela de bon: la végétation luxuriante compense (un peu) pour la piètre qualité de l’air.

Scooters. Ça n’a pas changé: ils sont partout, et toujours aussi indisciplinés. Aux feux rouges, les motocyclistes s’entassent devant les automobilistes et démarrent en trombe quand ils virent au vert. Parfois, on en croise même dans les traverses de piéton. Taipei, pour moi, sent autant le durian que le«tofu puant» (traduction maladroite du nom chinois de ce met national)… et l’essence.

Taipei 101. Quand j’ai quitté Taïwan en décembre 2002, la plus haute tour du monde (508 mètres – records qui sera bientôt battu par la tour Burj, à Dubai, dont la hauteur atteindra 705 mètres!) était encore en chantier. Aujourd’hui, on peut monter les 91 étages de ce « un majestueux bambou bleu turquoise » (dixit ses concepteurs) en une quarantaine de secondes. Le prix d’entrée est élevé (400 $NT, soit 13 $CDN), mais la vue est splendide, évidemment. Le plus impressionnant? La boule d’acier de 660 tonnes (mise au point par une compagnie canadienne) «dotée d’une amplitude pouvant aller jusqu’à 1,5 mètre pour amortir de 30 à 40 % les mouvements de l’édifice causés par des vents violents dus aux typhons, un tremblement de terre ou une collision avec un aéronef léger» (source: Wikipédia). Notre surprise a cependant été le plancher de verre qui s’illumine pour se transformer en ville sous nos pas, au 88e étage. Bébé a eu un plaisir fou à arpenter l’allée en marchant, dansant, sautant… Quelques photos de la vue:

Gentillesse. J’avais oublié à quel point les Taïwanais sont généreux. Toujours prêts à s’arrêter si l’on a besoin d’un coup de main. Perdu? Dans la minute qui suit, un volontaire se pointe généralement et vous demande «May I help you?». Problème de pousssette? Bien que tout soit très bien adapté pour les handicapés (et, par ricochet, pour les parents), il arrive que l’on doive monter quelques marches ici et là. Il y a toujours quelqu’un qui surgit alors pour proposer un coup de main. Comme toute médaille a son revers, ce côté amical peut taper sur les nerfs quand ils viennent vers nous pour pratiquer leur anglais…

Sushi. Taïwan étant une île, on y déguste de savoureux poissons et fruits de mer fraîchement sortis de l’océan. Dans les marchés de nuit, les étals de sashimi valent le détour. Plusieurs sushi bars méritent aussi d’être visités, comme celui de la photo ci-contre, dans le quartier Hsimenting, où un train vous présentent les multiples possibilités qui s’offrent à vos papilles.

Coup de coeur. Le Grand Market de Taipei 101. On y trouve autant des plats typiquement taïwanais que japonais ou américain (PFK etc). Nous y avons dégusté un excellent poulet massala (il faut parfois prendre des pauses de spécialités locales) et du sushi qui me fait encore saliver.

Visite au marché de nuit

Tant qu’à être sur le décalage (Bébé a dormi de midi à 21h30…), nous sommes allées nous promener (et nous régaler) au night market le plus près de notre hôtel, à Taipei. Au menu: arachides molles et chaudes comme je les adore, pieuvres, poissons et crabes cuits sur le grill et hot pot. Quelques images (avec son d’ambiance – encore une fois, le tout fait «à la bonne franquette») avant d’essayer d’aller dormir un peu…

Dimanche matin dans le MRT

J’ai testé mon nouveau n95 dans le MRT (métro) de Taipei ce matin. J’ai profité de la sieste de ma «tribu» (et de la pluie!) cet après-midi pour m’amuser à faire un petit «montage» (peut-on vraiment appeler «montage» deux séquences mises bout à bout?) avec iMovie, que j’utilisais pour la toute première fois même si j’ai acheté mon PowerBook G4 il y a quatre ans… (Dommage que YouTube ne rende pas justice à la qualité des images originales – je ne parle pas ici de mes talents de pseudo-caméraman, mais bien de mon magnifique petit bidule, qui enregistre 30 images/seconde!)

À noter dans la deuxième séquence: on peut voir que les gens font la queue dans des corridors blancs peints au sol. Par ailleurs, détail qui explique pourquoi il y a si peu de gens: il était environ 8h du matin (un dimanche).

Quelques infos pratico-pratiques à propos du MRT: il y a des ascenceurs pour les handicapés et les poussettes dans les stations de métro (faut que je m’informe pour savoir si elles en ont toutes), ainsi que des toilettes (il n’y a pas toujours de papier mais bon…) et des salles d’allaitement. Si les wagons des trains sont si propres, c’est notamment parce qu’il est interdit d’y boire et d’y manger. À quand tout ça dans le métro de Montréal?

Visite nocturne au 7 Eleven

J’avais oublié…

… les hommes qui portent l’ongle du petit doigt plus longs que les autres.

… les coquerelles géantes qu’on croise un peu partout.

… le nombre de gens qui fument. On trouve même des paquets de cigarettes roses avec des diamants sur la boîte pour les filles au dépanneur !

… la chaleur humide enveloppante, rassurante…

… le fait qu’on peut acheter de la bière peu importe l’heure.

… les scooters par dizaines qui se faufilent au coin des rues, et les femmes aux casques hyper-girly.

… l’odeur de la bouffe et la musique en entrant dans le 7 Eleven (ouvert 24h). Les dizaines de dérivés du gâteau éponge (au miel, aux fèves…) qu’on y trouve. Vous n’aurez pas l’odeur, mais voici la musique et quelques plats (précisons ici qu’il y a des 7 Eleven tous les dix pas à Taïwan et qu’on y trouve de tout, des repas à réchauffer aux brosses à dents, en passant par le poisson séché et des dizaines de gogosses Hello Kitty).

Filmé lors de notre balade « de reconnaissance » dans la nuit du 24 au 25 mai (il y a exactement 12 heures de décalage avec le Québec en ce moment).

P.S. : Ma réaction en redécouvrant les « rostos » (je n’ai jamais su si c’était le vrai nom), ces espèces de sushis triangulaires géants, n’était absolument pas « arrangée avec le gars des vues »  ! J’en ai mangé un au thon (cuit) en arrivant à l’hôtel. Miam ! Miam !

P.P.S. : Filmé dans un élan spontané avec notre petite caméra photo, alors désolée pour la qualité !

Taïwan, six ans plus tard

Nous venons à peine d’arriver à notre hôtel, en plein coeur de Taipei. Une longue route : Montréal-Détroit (environ 2h), Détroit-Osaka (13h50), Osaka-Montréal (2h24). Nous avons bien failli passer un peu plus de temps que prévu aux États-Unis. À notre arrivée à Détroit, on nous a appris que l’avion avait été surbooké… de 20 personnes ! Vingt volontaires ont donc accepté de passer 24h dans la ville, hôtel et dépenses payés, avec des credit vouchers de 750 $US par personne. Et nous, nous sommes partis ! Pas question de manquer une journée de ce séjour éclair à Taipei, alors que nous y rêvons depuis notre départ, il y a maintenant six ans.

L’important est nous sommes là, Bébé a super bien dormi (génial voyager avec elle !), on est super excités d’être ici et en même temps c’est si… si… naturel.

Premier moment d’émotion : le premier 7 Eleven dans lequel je suis entrée pour retirer de l’argent (oui, vous pouvez rire). Je me suis presque mise à pleurer devant les rangées de chips aux saveurs inusités et les mangues séchées…

Bon, je file boire du lait à la papaye et me changer, avant d’aller faire une petite virée nocturne dans les environs avec ma « tribu » !

Retour aux sources

J’ai trois ans. Peut-être quatre. Je cours à travers les broussailles pour aller retrouver mon amie, qui habite de l’autre côté du terrain vague. Je suis un petit sentier tapé par nos allers-retours quotidiens. Le crac-crac de mes petits pas. Le soleil du matin. Les branches qui me fouettent de temps en temps pour me rappeler de regarder où je vais. L’impression d’être si grande, moi qui peut me rendre seule chez la voisine. Ce chemin, les adultes ne l’empruntent jamais. Il nous appartient. Il m’appartient.

Depuis, trois maisons ont été construites entre celle de mes parents et celle de la mère de mon amie. Pourtant, dans ma tête, le petit sentier est toujours intact. Je l’emprunte souvent pour remonter le cours de mes souvenirs d’enfance. Un long fleuve tranquille bordé par des broussailles qui me fouettent parfois pour me ramener à la réalité.

Je n’ai pas changé. J’aime toujours sentir le soleil du matin sur ma peau et bomber le torse en me prenant pour une grande exploratrice.

À quelques heures de mon départ pour Taïwan, où j’ai vécu pendant un an et demi, je me demande si les images que j’ai conservées correspondront à la réalité d’aujourd’hui.

Mon petit sentier existe-t-il toujours ?

Par la fenêtre

 

J’aurais pu écrire presque la même chose (en français, évidemment…) :

 

One of the reasons I took this job is that I love that time looking out the window waiting to arrive somewhere. It’s that rare in between time time reserved for anticipation and reflection. It’s liberating because there is nothing you can do but let go, go with the motion and watch time and places pass you by. You’re moving forward, somehow managed to get out of the monotony of where you were to go do something different… Often, for me at least, a big trip comes pretty soon after burn out, so there is usually a lesson that you are about to learn once you get a little bit of distance. There’s something reassuring about passing so many cities, houses and people. Makes you realise how small you and your problems really are. And that at the end of the day, none of it really matters.

 

(Rebecca, Skype Nomad)