J’envie beaucoup ceux qui prennent plaisir à contempler leur coin de pays. Qui consacrent leurs vacances à faire le tour des régions du Québec, les connaissent et les apprécient sincèrement. Qui arrivent à se baigner dans l’eau glaciale de nos lacs. À trouver poétique un coucher de soleil dans un cadre qu’ils ont vu des milliers fois.
Je ne sais pas si c’est à cause de mon obstination à ne pas vouloir de permis de conduire (donc impossible pour moi de prendre la poudre d’escampette sur un coup de tête pour la campagne), de mon enfance passée dans le fond d’un rang, au Lac-St-Jean, ou une simple question de personnalité, mais j’ai constamment besoin de dépaysement. D’être secouée. Bouleversée. Amusée. Étonnée.
Comme au ciné, j’aime qu’une destination me prenne par surprise, balançant tous mes a priori par-dessus bord. Penser avoir deviné la fin mais que de nouvelles cartes viennent brouiller les pistes. J’aime ne pas comprendre. Remettre en question mes acquis. Chercher. Me perdre pour mieux me retrouver. L’inconnu, voilà ce qui m’excite. Bondir hors du cadre et trouver mon propre chemin. Aller à la rencontre de l’autre si j’en ai envie. Faire de la solitude ma compagne de route dans le cas contraire. Aimer souvent; détester, parfois. Être face à la différence et constater la mienne. On voyage pour s’emplir les yeux, mais aussi pour les tourner vers soi-même (cliché vieux comme le monde, mais aussi une grande vérité).
J’aime l’exotisme de la même manière que je regarde un film de Fernando Meirelles. Pour l’émotion à l’état brut. La quête d’authenticité. M’attacher aux personnages. Partager leurs combats. Les porter en moi des années, une vie. Ne pas oublier.
J’aime l’exotisme pour la dose constante de petits et de grands chocs. De petits «oh» et de grands «ah». La mer, la chaleur, les villes. Le soleil de plomb. La moiteur. L’harmattan. Les averses qui s’amènent sans prévenir.
J’aime l’exotisme à cause du feu qu’il avive en moi. Des petites étincelles qui s’embrasent à son contact. De l’impossible qui n’existe plus. Des barrières qui tombent. Des larmes, des éclats de rire, de la peur parfois.
L’exotisme parce qu’il est relatif. Qu’il décroît avec l’usage et nous force à tout recommencer à zéro. À aller voir ailleurs. Là où on a jamais mis les pieds.
J’envie ceux qui arrivent à se contenter du même paysage parce qu’ils parviennent à trouver une certaine paix. Comme l’eau d’un lac. En même temps, je ne saurais pas comment vivre sans ces marées qui montent et descendent en moi…

Dans le merveilleux monde du tourisme, tout est possible… même vous retrouver en compagnie de stars du XXX! Le tour-opérateur 
Virée de filles au Mexique









Certains l’ont peut-être remarqué: j’ai changé le sous-titre de mon blogue. Mes pérégrinations étant de moins en moins «immobiles» (!), j’ai décidé d’écrire plutôt «pérégrinations d’une technomade». J’ai longtemps hésité entre ce terme et celui de «flashpacker», mais comme je l’ai déjà