Cases affaires

Je n’aime pas les cases. Ces petites prisons qui donnent envie de tout balancer en criant haut et fort: «Hey! vous croyez avoir tout pigé de moi? Eh ben non!». Peu importe leur taille. Peu importe leurs raisons d’être. Les tranches d’âge dans les sondage qui nous donnent l’impression de vieillir d’une décennie d’un coup quand on en atteint la limite (25-34 ans, 35-44 ans…). Les tests de magazines qui commencent par «Êtes-vous…». Les vieilles connaissances qui nous voient encore avec nos broches, nos lunettes et nos boutons vingt ans plus tard. Les patrons qui prennent pour acquis qu’ils peuvent nous payer des peanuts à cause d’un gros bonus nommé «liberté» associé à notre condition de pigiste. Les backpackers qui nous scannent des pieds à la tête et nous condamnent aussitôt parce qu’on a opté pour la valise à roulettes cette fois-là. Les journalistes de la presse écrite qui me voient comme une fille de télé, et ceux de la télé qui me voient comme une fille de l’écrit. 

 

Je revendique le droit d’être multiple. D’aimer voyager à la dure ET de me complaire dans un certain confort. De trimballer ma valise à roulettes pour un séjour plus glam ET de me contenter d’un mini-sac à dos pour un mois à bourlinguer. D’écrire pour la télé, la presse écrite, le Web ET d’entretenir des fantasmes de romancières. D’avoir ma face dans l’écran même si l’ombre me convient généralement mieux. D’être mère ET adulescente. De passer du délire total à la rédac d’un dossier chaud.

 

Les maudites cases. Dès que j’ai l’impression que leurs contours se sont atténuées, elles réapparaissent, là, en bold. Cochez oui, cochez non. Et si j’ai envie des deux, moi? Envie de tout?

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10 réflexions sur “Cases affaires

  1. Tu sais parfois on lit une phrase ou un livre entier, et on a l’impression que cela nous est dédié? J’ai toujours pensé que c’était là la marque d’une grande sensibilité de la part d’un auteur. Être capable d’écrire un texte qui parle au plus grand nombre tout en donnant l’impression à chacun qu’il s’adresse personnellement à lui. Eh bien, avec ce billet, tu as atteint cet état de grâce, ma chère!

  2. C’est tellement ÇA ! Dans mon entourage, si on est engagés, on ne mange PAS au Harvey’s, on ne se marie PAS à l’église et on ne lit PAS Paris Match ! Mais moi oui, bon !

    Dans mon autre entourage, je suis perçue comme tellement "internationale" qu’on pense que toutes les personnes que je fréquente, incluant mes propres cousins, sont d’origine étrangère !

    C’est toujours tout l’un, tout l’autre.

    Des cases.

    C’est l’fun, au contraire, d’être unique dans sa folie et ses paradoxes, hein ?

  3. @ Paula: Wow! Merci. Je n’ai plus de mots, là!

    @ Marie l’urbaine: Tu manges au Harvey’s? ;-) Je lis rarement Paris Match, mais ne crache jamais sur In Touch et autres mags à potins par contre… Ça ne m’empêche pas de me préoccuper du sort des enfants esclaves en Afrique!

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