Bienvenue chez Bob Marley

Aller en Jamaïque sans faire un petit «pèlerinage Bob Marley» était pour moi comme aller en France sans voir la Tour Eiffel. Impensable. Le hic, c’est que rien était prévu pour nous permettre d’en savoir plus sur la plus grande star du reggae dans notre itinéraire. Coup de chance: Valérie, qui organisait le voyage, est parvenue à m’arranger une excursion le dernier jour du voyage. Je me suis donc jointe à un groupe (tous Américains – l’un d’eux m’a avoué que c’était la première fois qu’il s’écartait de son resort «parce qu’il y a tout là-bas, pas besoin de sortir»… no comment) pendant que mes collègues relaxaient, travaillaient ou jouaient au golf.

Le trajet pour se rendre à Nine Mile vaut à lui seul le déplacement. On traverse les montagnes et les petits villages colorés, des champs, des fermes… 

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Champ de choux

7miles2Puis on arrive dans le village natal du grand Bob (non, pas celui de la photo ci-dessus). À peine descendue du minibus, j’ai eu l’impression d’être projetée dans une scène de film. Voici le chaleureux personnage qui accueille les visiteurs…

ninemileaccueil1ninemilesdrugOn a beau connaître la réputation du pays, ça surprend quand même! D’autant plus que, contrairement à certains dealers croisés à Negril, il a accepté de se faire prendre en photo avec le plus grand des plaisirs.

J’ai tout de suite adoré le guide (surnommé «Captain Crazy») qui m’a fait faire la visite des lieux (précisions ici que Nine Mile est géré par la famille de Bob Marley et que les guides qui y travaillent sont d’authentiques fidèles du mouvement Rastafari). Il n’hésitait pas à jouer avec les clichés associés à sa religion (qui a des tas de restrictions comme ne pas manger de viande, ne pas boire d’alcool,  ne pas se couper les cheveux,  etc, mais encourage la consommation de «ganja» – de la mari -, dite «herbe de la sagesse»). Mon contact avec lui a été beaucoup plus sympathique qu’avec le premier guide, qui refusait catégoriquement que je le filme… Comme une image animée vaut miiiiile explications, je suis en train de monter le film de ma visite (attendez de l’entendre rire dans ma vidéo!). En attendant, voici quelques moments-clés en photos.

Début de la visite. Pour vous mettre en contexte, de la musique de Bob joue en boucle et un nuage de mari nous accompagne (quelqu’un connaît les effets de la fumée secondaire de la «ganja»? lol).

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Avant d’entrer dans la maison, on doit enlever nos chaussures. Je pose ici fièrement avec mon super-guide!

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Captain Crazy and me

Me voici maintenant dans la chambre où Bob a dormi de l’âge de 6 mois à 13 ans. «Don’t sit on the bed or you’ll get pregnant», m’a lancé mon guide à la blague. Bob était reconnu pour son grand amour des femmes… (J’ai fini par m’asseoir quand même – j’aime vivre dangeureusement! lol – mais la photo est floue. Un signe!)

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Ceux qui connaissent la musique de Bob connaissent «Zion», la roche où il aimait bien aller méditer. C’est elle… Dans la culture africaine, «zion» est associé à une sorte de «Nirvana des sens» (dixit Wikipédia). J’ai pris la photo quand notre guide nous expliquait qu’il allait aller fumer un joint gros comme une batte de baseball sitôt sa journée de travail terminée… lol

zionLa visite s’est terminée par une visite du mausolée de Bob. Interdit de prendre des photos. Sa mère, décédée il y a huit mois, repose aussi à Nine Mile.

Une superbe journée, vraiment. De plus, comme nous étions plusieurs journalistes à faire le même périple et que les autres risquent de publier leurs textes avant, mon expédition à Nine Mile me permettra d’avoir quelque chose de différent à raconter.

P.S.: Désolée pour mes amis Facebook, je sais que c’est un peu redondant!

AJOUT: La vidéo de ma visite est ici

Retour difficile

Comme toujours, le boulot accumulé pendant mon absence me laisse bien peu de temps pour récupérer de ma semaine intense de voyage. Moi qui étais si fière d’être parvenue à ne pas casser les oreilles de mes collègues en parlant constamment de ma fille (remarquez, je leur ai sûrement cassé les oreilles avec un million d’autres trucs! lol) et si heureuse de constater que cette dernière semblait très bien s’être accommodée de mon absence, voilà que je ne peux pas faire un pas sans qu’elle s’agrippe à moi et passe en mode «crise» pour un rien. Pas facile de rencontrer les deadlines dans ces conditions!

Malgré tout, je suis très heureuse d’avoir pris part à ce voyage, le premier sans bébé depuis sa naissance. Évidemment, voyager avec des inconnus n’a rien à voir avec partir avec des copains. Comme le faisait remarquer un collègue, c’est très étrange de côtoyer aussi intimement des gens que n’avions jamais rencontrés auparavant. Même si j’ai trouvé chacun de mes comparses de très bonne compagnie, après 4-5 jours, la sauvage en moi aurait eu besoin d’un peu de solitude. De temps pour «digérer» et ancrer ses impressions. Faire fi des commentaires des autres. Car nous n’avons bien sûr pas tous été conquis par le pays. En tout cas, moi, pas de doute, j’y retournerai. Ne serait-ce que pour l’humour des Jamaïcains, qui assument pleinement les clichés associés à leur île, et pour l’héritage africain, bien présent.

Il y a trop à dire pour «garocher» un paquet de faits, en vrac. J’ai particulièrement hâte de partager ma journée à Nine Mile, village natal de Bob Marley!

Pour le moment, je vous laisse en compagnie de quelques personnages croisés au hasard de ma route. Les deux premiers sont des vendeurs de souvenirs. Le troisième est le guide de notre promenade en radeau de bambou (je n’ose appeler ça du rafting, même si c’est le nom officiel!). Les enfants accompagnés de leur père revenaient de l’école, à Falmouth. «Mr Sunshine» et son dromadaire («his girl», comme il le disait à la blague), ont été aperçus à Prospect Plantation. Quant au cuisinier, il travaille au restaurant Mikado du Grand Bahia Principe (de la cuisine «japanicaine»!).

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Chapeau à Valérie Martin de Transat, qui a veillé à l’organisation du voyage (et de mon excursion à Nine Mile, un «extra»). C’était impec’! 

To be continued

P.S.: Heu oui, je sais, il n’y a pas beaucoup de femmes sur mes photos… lol

Feel Irie

Lucky Dube  n’est pas Jamaïcain mais Sud-Africain. Même si j’aime beaucoup Bob Marley, il reste mon reggae man préféré (assassiné en 2007)… Cette chanson me revient constamment en tête depuis le début du voyage. 

Et un incontournable du grand Bob, One love.

Toutes ces chansons entendues des centaines de fois prennent un tout autre sens écoutées dans leur contexte…

Ma Jamaïque so far

rasata

Craig

J’aime:

- Les «Respect!» et «One love» lancés en guise de salutations

- Le patoi, langue locale colorée 

- Les rastas, leur histoire, leur mode de vie si loin du mien…

- L’omniprésence du reggae

- Les robes et les chapeaux hyper-chics que les femmes et les fillettes portent pour assister à la messe le dimanche (la religion chrétienne est très présente ici et plus de 80% des gens y adhèrent).

- La langue. Le fait que tout le monde parle anglais facilite  beaucoup les contacts.

- Les Jamaïcains, pour l’ensemble de leur «oeuvre». Charmants, souriants, amicaux, affables, jamais déplacés (du moins, je n’ai vécu aucune mauvaise expérience depuis mon arrivée, même après avoir suivi un vendeur dans son «back stores» pour découvrir l’éventail de ses produits – CD et autres substances illicites)…

- L’héritage africain. J’ai demandé hier à une employée d’un des hôtels que nous avons visités ce qui en restait à son avis. «A lot», m’a-t-elle spontanément répondu. Un exemple: comme en Afrique, on garde toujours une portion supplémentaire aux repas au cas où quelqu’un viendrait manger à l’improviste.

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Slick et Craig

Jusqu’à maintenant (après un gros trois jours!), j’ai l’impression que la Jamaïque a intégré le meilleur des cultures africaines, anglaises et caraïbéennes. Bien sûr, il y a la pauvreté. On ne la voit pas toujours en face, mais on aperçoit quelques petits bouts qui dépassent ici et là… Rien à voir toutefois avec la République dominicaine ou Cuba. La sécurité, aussi, reste préoccupante (je vais pousser les recherches en ce sens, tout le monde ici me répond que le pays est loin d’être l’endroit dangereux dépeint par les médias).

Que privilégier? Ce sentiment d’amitié spontané avec les gens ou la peur de quelques quartiers chauds et le souvenir de faits divers percutants? On y va pour les plus ou on l’évite pour les moins?

«Me a-go now»…

P.S.: Écrit très vite, pas le temps de me relire, le café ferme… Désolée si vous attrapez des fautes au passage!

Du bobsled en Jamaïque

La passion des Jamaïcains pour le bobsled ne cesse de me fasciner. Hier, je me suis amusée à jouer les «bobsled babe», le temps de quelques photos au mythique Jamaican Bobsled Café de Montego Bay («MoBay» pour les intimes).

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Aujourd’hui, nous nous sommes rendus à Mystic Mountain, à Ocho Rios, afin de tester une nouvelle attraction: oui, des bobsleds pour tous (âge minimum: 8 ans)! Conçu avec un grand souci de l’environnement, Mystic Mountain est en fait un vaste terrain de jeux où l’on peut aussi faire du «tranopy». 

On se rend en haut de la montagne dans un téléphérique conçu de manière à détruire le moins d’arbres possible. J’ai d’abord hésité avant de faire la descente en bobsled (non seulement mon médecin m’a dit de me tenir tranquille à cause de mon muscle déchiré, mais j’avais la frousse!) et j’ai tellement eu de plaisir que j’y suis retournée trois fois. Je n’ai pas pu résister et j’ai concocté la petite vidéo qui suit… ;-)

La vidéo-résumé de mon voyage

Vidéo de Nine Mile, village natal de Bob Marley

Dlo-gue et ti-drinks aux couleurs de l’été

Hier, on m’a offert ma première drogue jamaïcaine sur la rue, à Negril. Le mec a dû me trouver très étrange: après lui avoir offert un large sourire un peu gaga (ben quoi, ça veut dire que je réussis à bien camoufler ma «non-coolitude»! lol), j’ai refusé et braqué la caméra de mon n95 en lui demandant, à la blague, s’il voulait répéter son offre («Marijuana? Cocain? Ectasy?»). Le regard qu’il m’a jetée, ouf! «No camera!» Mais oui, mais oui, je sais. Mais ça va bien s’insérer dans le petit film que je fais dans ma tête depuis le début du voyage (va falloir que je trouve du temps pour monter tout ça au retour)… ;-)

Autre «spécialité locale»: le jerk chicken. Avouez qu’il a l’air délicieux (je parle du poulet, bien sûr!)… Le pauvre mec a servi de modèle à tout le groupe de journalistes. Remarquez qu’il n’avait pas trop l’air de s’en plaindre!

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Rick’s Cafe est une véritable institution dans la région.  Tous les soirs depuis 1974, des touristes s’entassent sur sa terrasse pour admirer le coucher de soleil. Reconstruit deux fois à cause des ouragans (en 1988 et 2004), l’établissement a remporté plusieurs honneurs, se retrouvant notamment dans la liste des dix meilleurs bars du monde répertoriés par Caribbean Travel and Life Magazine.

Les plongeurs téméraires peuvent par ailleurs se jeter en bas des rochers qui le borde. Je n’en suis toujours pas revenue. La mer a beau être invitante, les risques d’accidents sont bien réels! Chacun d’eux glisse quelques billets dans une cagnotte pour pouvoir s’offrir sa dose de sensation forte. Quand le montant atteint 20 dollars, un Jamaïcain se hisse en haut d’un arbre munie d’un plongeoir de fortune et effectue un saut spectaculaire de 35 pieds dans les eaux cristallines. 

Si j’ai des photos? Évidemment! Bien sûr, ma petite caméra a ses limites, mais pas ma patience: j’ai dû attendre une bonne quinzaine de minutes les bras en l’air, caméra braquée sur le plongeur, avant de le voir enfin se lancer dans le vide. Mais d’abord, quelques clichés de touristes casse-cou.

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On voit le mec tout en haut de l’arbre…

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… et le voilà qui saute (regardez bien)!

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Impressionnant, non?

Qui dit Caraïbes dit aussi petits-cocktails-aux-couleurs-de-l’été (et qui dit maman en voyage sans bébé pour la première fois depuis son accouchement dit TOUT PLEIN de petits-cocktails-aux-couleurs-de-l’été!). Voici le «Rick’s Frozen Rum Runner» (rhum blanc, brandy au canneberge, liqueur de banane, jus d’ananas, grenadine et jus de lime) que j’ai dégusté avant mes (délicieuses) crevettes et mon (succulent) jerk chicken en écoutant un reggae man chanter les succès de Bob Marley, Level 42, Inner Circle… Voyez le genre? Une superbe soirée!

negrilsrickdrinkCheers!

Respect!

Les voyages de presse ne sont pas aussi glamour qu’on pourrait l’imaginer. Parfois, les horaires sont si serrés qu’on peut voir des enfilades de plages sans même avoir le temps d’y tremper le gros orteil. À d’autres occasions, les journalistes présents ont plus ou moins d’affinités entre eux. La «mayonnaise» ne prend pas. Remarquez, ce n’est pas obligatoire qu’elle prenne, mais on peut trouver le temps long pendant les repas de groupe.

Heureusement, il arrive que tout coule, sans complication ni prise de tête. C’est le cas de ce voyage-ci. L’horaire n’étant pas trop chargé, nous avons le temps de mener notre barque comme bon nous semble quelques heures par jour (j’ai ainsi pu terminer la rédac de ma chronique pour Canoë dans ma chambre d’hôtel hier matin!). Les journalistes sont à la fois tous très joviaux et indépendants, ce qui fait que les moments passés ensemble sont agréables, mais que chacun part de son côté dès que l’occasion se présente. Un parfait dosage. Vraiment, jusqu’à maintenant, je passe un séjour fort agréable.

Je suis totalement sous le charme des Jamaïcains. Leur étiquette «cool» leur va à ravir. Faciles d’approches, ils n’hésitent pas à répondre franchement quand on leur pose une question (bon, tout est relatif, ils ont tout de même intérêt à ce que les touristes continuent d’affluer alors rares sont ceux qui répondent «oui» quand je leur demande si le danger est bien réel ou s’ils en ont marre d’entendre la musique de Bob Marley!).

Autre truc que j’aime bien : les vendeurs ne sont pas agressifs pour deux sous. Hier, sur la plage de Negril, j’en ai croisé plusieurs et aucun n’a insisté quand j’ai hoché la tête pour leur faire comprendre que je n’étais pas intéressée par leur marchandise.  Puis, j’ai suivi Telford, que j’ai allègrement mitraillé avec mes caméras pendant qu’il me montrait les colliers qu’il confectionne (impossible de vous jurer que c’est vraiment lui qui les fait!) et vend pour gagner sa vie. Tellement généreux et relax (aucune vente sous pression), que j’ai fini par lui filer un billet de 10$ en l’échange d’un bijou qui n’en vaut sûrement pas plus de 3$. Il était content. Moi aussi.

Quelques photos de mon après-midi. Je raconterai ma soirée au Rick’s Café dans un prochain billet, il y a trop à dire!

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