Du bobsled en Jamaïque

La passion des Jamaïcains pour le bobsled ne cesse de me fasciner. Hier, je me suis amusée à jouer les «bobsled babe», le temps de quelques photos au mythique Jamaican Bobsled Café de Montego Bay («MoBay» pour les intimes).

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Aujourd’hui, nous nous sommes rendus à Mystic Mountain, à Ocho Rios, afin de tester une nouvelle attraction: oui, des bobsleds pour tous (âge minimum: 8 ans)! Conçu avec un grand souci de l’environnement, Mystic Mountain est en fait un vaste terrain de jeux où l’on peut aussi faire du «tranopy». 

On se rend en haut de la montagne dans un téléphérique conçu de manière à détruire le moins d’arbres possible. J’ai d’abord hésité avant de faire la descente en bobsled (non seulement mon médecin m’a dit de me tenir tranquille à cause de mon muscle déchiré, mais j’avais la frousse!) et j’ai tellement eu de plaisir que j’y suis retournée trois fois. Je n’ai pas pu résister et j’ai concocté la petite vidéo qui suit… ;-)

La vidéo-résumé de mon voyage

Vidéo de Nine Mile, village natal de Bob Marley

Dlo-gue et ti-drinks aux couleurs de l’été

Hier, on m’a offert ma première drogue jamaïcaine sur la rue, à Negril. Le mec a dû me trouver très étrange: après lui avoir offert un large sourire un peu gaga (ben quoi, ça veut dire que je réussis à bien camoufler ma «non-coolitude»! lol), j’ai refusé et braqué la caméra de mon n95 en lui demandant, à la blague, s’il voulait répéter son offre («Marijuana? Cocain? Ectasy?»). Le regard qu’il m’a jetée, ouf! «No camera!» Mais oui, mais oui, je sais. Mais ça va bien s’insérer dans le petit film que je fais dans ma tête depuis le début du voyage (va falloir que je trouve du temps pour monter tout ça au retour)… ;-)

Autre «spécialité locale»: le jerk chicken. Avouez qu’il a l’air délicieux (je parle du poulet, bien sûr!)… Le pauvre mec a servi de modèle à tout le groupe de journalistes. Remarquez qu’il n’avait pas trop l’air de s’en plaindre!

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Rick’s Cafe est une véritable institution dans la région.  Tous les soirs depuis 1974, des touristes s’entassent sur sa terrasse pour admirer le coucher de soleil. Reconstruit deux fois à cause des ouragans (en 1988 et 2004), l’établissement a remporté plusieurs honneurs, se retrouvant notamment dans la liste des dix meilleurs bars du monde répertoriés par Caribbean Travel and Life Magazine.

Les plongeurs téméraires peuvent par ailleurs se jeter en bas des rochers qui le borde. Je n’en suis toujours pas revenue. La mer a beau être invitante, les risques d’accidents sont bien réels! Chacun d’eux glisse quelques billets dans une cagnotte pour pouvoir s’offrir sa dose de sensation forte. Quand le montant atteint 20 dollars, un Jamaïcain se hisse en haut d’un arbre munie d’un plongeoir de fortune et effectue un saut spectaculaire de 35 pieds dans les eaux cristallines. 

Si j’ai des photos? Évidemment! Bien sûr, ma petite caméra a ses limites, mais pas ma patience: j’ai dû attendre une bonne quinzaine de minutes les bras en l’air, caméra braquée sur le plongeur, avant de le voir enfin se lancer dans le vide. Mais d’abord, quelques clichés de touristes casse-cou.

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On voit le mec tout en haut de l’arbre…

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… et le voilà qui saute (regardez bien)!

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Impressionnant, non?

Qui dit Caraïbes dit aussi petits-cocktails-aux-couleurs-de-l’été (et qui dit maman en voyage sans bébé pour la première fois depuis son accouchement dit TOUT PLEIN de petits-cocktails-aux-couleurs-de-l’été!). Voici le «Rick’s Frozen Rum Runner» (rhum blanc, brandy au canneberge, liqueur de banane, jus d’ananas, grenadine et jus de lime) que j’ai dégusté avant mes (délicieuses) crevettes et mon (succulent) jerk chicken en écoutant un reggae man chanter les succès de Bob Marley, Level 42, Inner Circle… Voyez le genre? Une superbe soirée!

negrilsrickdrinkCheers!

Respect!

Les voyages de presse ne sont pas aussi glamour qu’on pourrait l’imaginer. Parfois, les horaires sont si serrés qu’on peut voir des enfilades de plages sans même avoir le temps d’y tremper le gros orteil. À d’autres occasions, les journalistes présents ont plus ou moins d’affinités entre eux. La «mayonnaise» ne prend pas. Remarquez, ce n’est pas obligatoire qu’elle prenne, mais on peut trouver le temps long pendant les repas de groupe.

Heureusement, il arrive que tout coule, sans complication ni prise de tête. C’est le cas de ce voyage-ci. L’horaire n’étant pas trop chargé, nous avons le temps de mener notre barque comme bon nous semble quelques heures par jour (j’ai ainsi pu terminer la rédac de ma chronique pour Canoë dans ma chambre d’hôtel hier matin!). Les journalistes sont à la fois tous très joviaux et indépendants, ce qui fait que les moments passés ensemble sont agréables, mais que chacun part de son côté dès que l’occasion se présente. Un parfait dosage. Vraiment, jusqu’à maintenant, je passe un séjour fort agréable.

Je suis totalement sous le charme des Jamaïcains. Leur étiquette «cool» leur va à ravir. Faciles d’approches, ils n’hésitent pas à répondre franchement quand on leur pose une question (bon, tout est relatif, ils ont tout de même intérêt à ce que les touristes continuent d’affluer alors rares sont ceux qui répondent «oui» quand je leur demande si le danger est bien réel ou s’ils en ont marre d’entendre la musique de Bob Marley!).

Autre truc que j’aime bien : les vendeurs ne sont pas agressifs pour deux sous. Hier, sur la plage de Negril, j’en ai croisé plusieurs et aucun n’a insisté quand j’ai hoché la tête pour leur faire comprendre que je n’étais pas intéressée par leur marchandise.  Puis, j’ai suivi Telford, que j’ai allègrement mitraillé avec mes caméras pendant qu’il me montrait les colliers qu’il confectionne (impossible de vous jurer que c’est vraiment lui qui les fait!) et vend pour gagner sa vie. Tellement généreux et relax (aucune vente sous pression), que j’ai fini par lui filer un billet de 10$ en l’échange d’un bijou qui n’en vaut sûrement pas plus de 3$. Il était content. Moi aussi.

Quelques photos de mon après-midi. Je raconterai ma soirée au Rick’s Café dans un prochain billet, il y a trop à dire!

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Montréal-Montego Bay

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Santé!

Je n’aurais jamais cru qu’un vol d’Air Transat pouvait être aussi agréable. La formule Club, c’est vraiment le pied! Siège hyper-confo, espace à souhait, nourriture «comestible»… Bien sûr, j’ai accepté sans broncher le verre de mousseux que m’a tendu l’agent de bord peu après le décollage! ;-)

À Montego Bay, il pleuvait à verse à notre arrivée. Heureusement, ce matin, le soleil brillait à nouveau. Comme il est déjà passé 23h et que je tombe de fatigue, quelques photos en vrac de notre première journée. Au programme: l’exploration d’une nouvelle région en développement, et plus particulièrement de l’hôtel Sandals de Whitehouse (aucun enfant dans les hôtels de cette chaîne). J’ai eu l’immense bonheur de patauger parmi les poissons en compagnie de deux collègues. Pendant ce temps, les autres journalistes se faisaient bichonner au spa. Moi, j’irai jeudi quand ils seront au golf… ;-)

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Ma chambre de l'hôtel Grand Palladium Lady Hamilton (Lucea)

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Moi qui me la joue pseudo-Paris au Sandals Whitehouse

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Sandals Whitehouse

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Section française du Sandals Whitehouse

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Section française du Sandals Whitehouse

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Bar de la section française, Sandals Whitehouse

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Le ciel vu de mon transat, sur la plage...

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Cocotiers (toujours au Sandals Whitehouse)

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Membre de l'équipage de notre excursion de snorkling

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L'hôtel vu du large

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Deux collègues sur le chemin du retour...

Rituels d’aéroport

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Presque chaque fois que je prends l’avion, je m’arrête chez Sweet Factory pour m’acheter un gros sac de bonbons en vrac. J’adore les déguster une fois dans les airs, les savourant un par un. Parfois, je m’amuse à faire des «recettes de Jelly Belly» en mélangeant les saveurs. Quel bonheur d’avoir le temps d’inventer des jeux aussi inutiles!

Je suis présentement à l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau, où, après avoir acheté pas un, mais DEUX sacs de bonbons (!), j’attends mon vol pour la Jamaïque. Une longue réflexion et quelques soucis de santé (tout est sous contrôle) ont bien failli compromettre mon voyage. Mais je suis là! :-) Au cours des sept prochains jours, je me baladerai d’un bout à l’autre de l’île en compagnie de journalistes de différents médias dans le cadre d’un voyage de presse organisé par Vacances Transat. L’horaire chargé n’a rien à voir avec des vacances. Vais-je me plaindre? Oh que non!

J’espère tout de même avoir le temps de publier quelques photos ici de temps en temps. En attendant, je profite de la demi-heure qu’il me reste pour travailler un peu. Pour une pigiste, une semaine à l’étranger signifie beaucoup de boulot à abattre avant de partir. Cette fois-ci, je ne suis pas arrivée à tout terminer alors je bosserai sûrement un peu le soir, dans ma chambre d’hôtel. Ça m’empêchera de trop penser à Chéri et Trésor, restés à la maison…

À deux jours du départ

J’allais écrire un looong billet pour parler de l’état dans lequel je me trouve à deux jours de mon voyage en Jamaïque – le premier sans ma fille de deux ans (si l’on exclut mes 48 heures à New York l’automne dernier) – mais voilà que Marie l’urbaine résume très bien le tourbillon d’émotions qui m’habitent (sauf que moi, je ne vais pas faire de la coopération internationale mais bien me sacrifier à visiter des hôtels de luxe et à me faire bichonner dans un spa, lol). Merci Marie: je peux ainsi me concentrer sur mon rush pré-départ! ;-)

P.S.: Lisez la deuxième partie de son post, ne serait-ce que pour la finale si touchante…

Des plats servis… aux toilettes!

20081203-085837-dJ’avais vaguement entendu parler d’un restaurant taïwanais où les plats étaient servis dans des cuvettes et des urinoirs. L’idée m’avait fait sourire, mais avait fait pousser la grimace à tous ceux à qui j’en avais parlé. Concept amusant ou dégoûtant? Ne reculant devant rien, je me suis rendue sur place pour constater le tout de visu! 

Première surprise en visitant le site Web de The Modern Toilet: le restaurant est en fait une chaîne! Devant le succès du premier établissement taïwanais, des succursales ont vu le jour à Hong Kong et au Japon. «To eat or to pee?» («Pour manger ou pour uriner?») peut-on lire d’entrée de jeu dans la version anglaise du site. Pour la petite histoire, on raconte que l’idée a germé dans la tête du propriétaire Wang Tzi-wei alors qu’il lisait un manga dans lequel des toilettes apparaissaient sur les menus d’un restaurant alors qu’il était… au petit coin. Au départ, la première gargote servait uniquement de la crème glacée. L’enthousiasme des clients a été tel que le premier restaurant avec un menu plus varié inspiré de cette idée a ouvert ses portes en 2004. Seize succursales accueillent aujourd’hui les curieux. 

Ma visite des lieux 

Une fois devant la porte de celui du quartier Hsimenting, à Taipei, j’ai une autre preuve de l’engouement des consommateurs : l’attente pour une table est d’environ quarante-cinq minutes. Nous armant de patience, Chéri, Bébé et moi revenons un peu plus tard pour nous mêler à la foule bigarrée entassée sur trois étages. Comme dans plusieurs endroits du genre en Asie, les couleurs sont criardes, la déco plutôt kitsch et la mando-pop joue à tue-tête. On ne choisit pas The Modern Toilet si l’on a envie d’une soirée romantique avec éclairage tamisé! Bien que la moyenne d’âge soit d’environ 17 ans, des familles, des couples et des groupes de gens un peu plus âgés se massent autour des lavabos ou des baignoires coiffés de plaques transparentes qui font office de tables. 

La suite sur Canoë!

Le saviez-vous?

Toutes mes chroniques Choc des cultures

Billet et vidéo sur le même sujet

De l’Afrique à Tony Almeida

J’ai manqué 24 redemption (j’ai tellement perdu l’habitude d’allumer la télé!), où l’on retrouvait Jack Bauer dans la jungle africaine. Mais Dominic et Anso ont vendu la mèche: Tony Almeida sera de retour dans la septième saison de 24, et pas du côté des gentils! Je n’ai évidemment pas pu résister à l’envie de jeter un coup d’oeil aux 17 premières minutes offertes en pâture aux fans…

Tiens, ils ont ajouté une version masculine de Chloe… Moi qui disait trouver la formule usée à la corde, j’avoue que je suis complètement happée par l’intrigue. Dire qu’il me faudra attendre des mois pour voir la série en rafale sur DVD! (Vous arrivez vraiment à survivre une semaine en attendant l’épisode suivant, vous?) Je sens que plus que jamais, entre Jack et Tony, mon coeur balancera (OK the truth: totally Tony!)… lol

Mon Taipei

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Mon Taipei, c’est exactement celui de cette photo prise par un expat’ qui vit à Tokyo. Une allée quasi-déserte aux petites heures du matin, à l’heure de la fermeture des bars. Un halo verdâtre qui enveloppe la nuit. Un contraste saisissant entre l’agitation du jour et la capitale qui dort à poings fermés. Le bruit des marchands qui transportent leurs chariots bringuebalants, au loin, alors que le soleil n’a même pas encore songé à étirer ses premiers rayons. Les petites bicoques qui s’animent tranquillement aux premiers signes de l’aube. Les néons qui vous aveuglent comme les phares d’une voiture en plein visage. Les petits déj’ bien gras (impossible pour moi de dire le nom de quelque plat que ce soit!) attrapés avant d’aller prendre le bus pour retourner dans mon école de banlieue. Une espèce de paix, aussi. Peu importe l’heure, je ne m’y suis jamais sentie en danger.

Une ville qu’il faut vivre, pas seulement visiter.

Sometimes I miss this crazy life… But I would’nt go back in time. 

P.S.: Allez voir les autres photos d’Abram, elles sont aussi très représentatives.

Je la cherche encore…

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St-Paul-de-Vence... et moi dans le miroir!

C’était un jour de novembre, à St-Paul-de-Vence. Le froid me piquait le visage. Nous avions arpenté les rues étroites du village, ma soeur et moi, et le besoin de prendre une pause se faisait de plus en plus pressant. C’est là que je l’ai vue, à travers la vitrine d’une petite boutique, au bout de l’une des artères principales.

Quand mes lèvres l’ont effleurée, j’ai su que j’étais foutue. Coup de foudre. Le vrai. Celui qui vous fait parcourir des kilomètres pour retrouver l’intensité de l’instant, si furtif soit-il. Depuis ce jour, je suis hantée par le velours de ce baiser mi-sucré, mi-amer. Prête à sauter dans le premier avion pour retrouver son teint basané…

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Chez Marius et Fanny

J’ai cru l’apercevoir sur la rue St-Denis, un peu au nord de Mont-Royal, dans un petit commerce qui a vite fermé ses portes. Puis, à Taipei, dans un café où je me suis réfugiée avec des copines le printemps dernier. Chez Juliette et chocolat, à Montréal, une fois ou deux. Ce matin, j’ai eu l’impression de l’entrevoir chez Marius et Fanny. Encore un mirage…

Que quiconque ayant une piste pour trouver le nom de cette petite chocolaterie provençale qui sert l’onctueuse boisson des dieux «à l’ancienne» qui m’a tant séduite me fasse signe!

La première neige

mamacool64_150J’ai eu un choc en me levant ce matin-là. En regardant par la fenêtre, je me suis soudainement rappelé dans quel pays je vivais. Au moment où je me demandais où j’avais rangé mes bottes, en maudissant mes ancêtres d’avoir traversé un océan pour ça, Trésor a aperçu le tapis blanc qui recouvrait le sol.

– La neige! La neige! Youppi! Youppi!
Elle irradiait de bonheur. Les yeux écarquillés, le sourire fendu jusqu’aux oreilles et la même ritournelle, en boucle :
– La neige! La neige! Youppi! Youppi!

Tel Tom Cruise sur le sofa d’Oprah, elle trépignait sur la causeuse sans quitter le paysage des yeux. Rien, à cet instant précis, n’aurait pu la distraire de sa contemplation.

– La neige! La neige! Youppi! Youppi!

Puis, histoire d’avoir une perspective différente de la scène, elle s’est mise à gambader d’une fenêtre à l’autre. Pas question de détacher son regard des flocons entassés sur les voitures, le trottoir, les toits… 
–  T’as vu maman? Le monsieur marche SUR LA NEIGE!!!
Une toute petite seconde, elle a tourné le dos à la scène pour me regarder. Et c’est là, paf! que je me suis retrouvée en larmes dans mon salon.

J’ai oublié mes bottes, mon horreur du froid, de la neige qui se change en gadoue, qui se change en glace, qui se change en bouette… J’ai oublié mon envie de fuir sous les Tropiques dès que la rosée se transforme en givre (et même avant), mon désir d’être ailleurs, n’importe où, pourvu qu’il fasse chaud et qu’on puisse vivre pieds nus.

La suite ici.

 

Bruno Blanchet en entrevue

pr080_300J’ai toujours craqué pour l’humour absurde de Bruno Blanchet. Alors forcément, quand il s’est envolé pour ce qui devait être une année sabbatique à l’étranger, j’ai suivi religieusement ses pérégrinations dans La Presse.

Ce qui m’a frappée en lisant le premier tome de La Frousse autour du monde, c’est le décalage entre le gamin de 40 ans qui a quitté Montréal et celui de 44 ans qui l’a retrouvée il y a quelques semaines pour faire la promotion du condensé de sa première année de voyage. Le clown est toujours drôle, mais il garde parfois son nez rouge dans sa poche. Pas tout le temps – à notre plus grand bonheur! – mais c’est l’impression que m’ont données les entrevues attrapées ici et là. J’oserais même dire que je sentais poindre une certaine sagesse dans ses propos. Les voyages forment la jeunesse, dit-on… 

Dès que j’ai connu la date de publication de son livre, j’ai proposé que Clin d’oeil profite de l’occasion pour réaliser une entrevue avec lui. Quelques semaines plus tard, au plus fort de sa tournée de promo, je reçois un courriel de ma directrice préférée qui me demande d’attraper Bruno pour une photo et une entrevue. Je suis parvenue à booker un shooting, mais pour l’entrevue, nous avons convenu que l’idéal serait de la faire par courriel une fois qu’il serait de retour à Bangkok. (Maintenant que j’y pense, ç’aurait été tellement plus branché de la faire via Skype ou Gmail chat/video/full/cool… Brrrravo Miss Techno!).

En 2005, j’avais demandé à Marie-Sissi Labrèche (qui ne s’était pas fait priée!) de traquer la bête sur les routes du monde pour réaliser une entrevue du même genre (on peut la lire dans la section «Articles» du site consacré à Bruno). À l’époque, il n’avait que quelques mois de voyage derrière la cravate (la casquette?), mais je me souviens avoir versé toutes les larmes de mon corps en lisant ses réponses. Je me retrouvais intensément dans ses mots, ses images, ses émotions. Même quand il me faisait rire, je braillais comme un veau. (En fait, encore plus quand il me faisait rire, je pense.)

Maintenant que j’ai une plus grande distance avec mon ex-vie d’expat, j’ai plutôt souri en lisant ses réponses. D’abord, il faut dire qu’après une tournée de promo intense comme celle qu’il venait de faire, il en avait peut-être un peu ras-le-pompon de se faire poser toutes les questions possibles et inimagineables qu’on peut poser à un spécimen dans son genre. N’empêche, j’aurais aimé que le numéro de février du mag soit plus substantiel pour publier plus que les deux feuillets que j’étais autorisée à tirer de notre entretien Web. Heureusement, Internet est là. En plus de la courte entrevue qui sera dans notre numéro de février 2009, des questions/réponses seront offertes en supplément sur le site de Clin d’oeil.

Comme je ne peux pas résister, je vous offre un extrait:

MJG: Le plus grand mythe entourant le voyage à ton avis?

BB: «Si t’es pas allé en Inde, t’as pas vraiment voyagé»… Ah! 
C’est tout faux et tellement prétentieux! En Inde, il y a des affiches en anglais, des trains presque à l’heure, des habitants éduqués qui parlent plus d’une langue et tellement de touristes qu’en certains endroits, on se marche sur les pieds! 
Si t’es pas allé en Inde, t’es juste pas allé en Inde. C’est un pays fabuleux, cela dit, qu’on peut explorer pendant toute une vie. Vous voulez un dépaysement, un vrai voyage dans le temps? 
Le centre de la Chine.

MJG: La première chose que tu fais en arrivant dans un pays?

BB: Super question! 
À l’aéroport, ou à la gare, je m’assois à l’écart et j’observe la joute pendant un moment. J’essaye de m’imprégner rapidement du rythme de l’endroit pour ne pas avoir l’air d’un perdu. Puis je me lève et je marche en regardant droit devant, la tête haute, avec l’air détaché du gars qui apporte son sac de linge sale à la buanderie.
 (…) Si je trouve un supermarché où il y a des articles avec des prix inscrits dessus, je cours voir la valeur des trucs comme: bouteille d’eau, fruits, légumes, bière, etc afin de savoir, lorsque je magasinerai sur la rue, combien je pourrai négocier mes sandwichs ou mon jus de fruits frais tout en demeurant raisonnable.
Il faut arrêter d’essayer de faire descendre les prix à un moment donné, et réaliser qu’on est en train de se prendre la tête pour des sous noirs, qui ne feront aucune différence à notre budget, mais qui serviront peut-être à nourrir les trois enfants de la madame…

Plus sage, je vous disais.

Une citation avant d’aller terminer mon texte pour le mag, tirée de la dernière chronique du premier tome  (qui se clôt après sa première année de voyage), servie en guise de réponse à ceux qui le trouvent «chanceux» de vivre ainsi d’aventure en aventure: 

Ah! Parlons-en, justement, de l’aventure.

Ça m’a pris un an pour réaliser qu’elle n’est nulle part, l’aventure. L’aventure ne se trouve pas dans un livre, un guide ou une expédition prévue pour ça. L’aventure est une porte qui s’ouvre par en-dedans Le reste dépend de vous. 

Vous les voyez les larmes, là, au coin de mes yeux?

 

P.S.: Devinez quel livre est suggéré sous la fiche de Cartes postales d’Asie sur le site de Renaud Bray? Eh oui! La Frousse autour du monde! Par contre, l’inverse n’est pas vrai… :-(

P.P.S.: S’il faut l’acheter, même si ses chroniques sont encore en ligne? MOUIII, sans hésiter (après vous être procuré le mien bien sûr… ;-) ! C’est un livre magnifique, qu’on a envie de laisser traîner pour s’offrir de petites doses d’évasion de temps en temps. Ah! Et parce que ça vaut vraiment la peine de le souligner, le design est signé Amen Création.

P.P.P.S.: Ouf! Pour une fille qui dit ne pas trop aimer lire les longs billets des autres, je fais ici preuve d’un manque total de cohérence!

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