Au royaume des animaux

20090204-131653-gLes animaux n’ont pas la même réputation partout. Pendant que vous regardez votre petit cochon d’Inde avec tendresse, des Péruviens dégustent son cousin en sauce… Le livre de la jungle revu et corrigé. 

Si vous allez en Inde, vous vous attendrez probablement à voir des vaches sacrées errer dans les rues. Bien qu’elles soient moins visibles à Delhi, sitôt sorties de la ville, elles exposent leur croupe bénie des dieux sans la moindre crainte. Plusieurs Indiens étant végétariens, plutôt que de tuer une vache qui ne donne plus de lait pour en manger la viande, ils la mettent gentiment à la porte. 

«Une fois dans la rue, cette vache ne manquera de rien, car chaque fois qu’un repas est préparé dans un foyer hindou, le premier roti (galette de blé complet) est offert, selon une tradition ancestrale, aux animaux, et aux vaches en particulier», rapporte le livre La Vache Sacrée et autres histoires indiennes de Taru Chopra, publié aux éditions Prakash Books. De plus, quand une vache croise le chemin d’un Hindou, ce dernier lui fait cadeau de friandises préparées pour rendre grâce aux dieux. Elles ont même droit à des sucreries lors des jours de fêtes! Pas question, dans ces conditions, de chasser violemment la vilaine qui oserait vous barrer la route pendant vos vacances… 

Ça grouille au temple!

Si vous mettez le cap du côté du temple Karni Mata, à Deshnoke, dans le nord du Rajasthan, vous constaterez rapidement qu’ici, l’animal vénéré est l’un de ceux que nous détestons le plus en Occident. Car ce sont les rats qui règnent en rois et maîtres de ce lieu pieu! On croit que les rongeurs – si nombreux qu’il est possible que certains vous frôlent au passage – sont la réincarnation de la caste des Charan. 

La suite sur Canoë

Le saviez-vous?

Non, il n’y a pas que de bons pigistes!

imagesBeaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis la publication de mon billet sur le journalisme à la pige le 18 janvier dernier. D’abord, TVA Publications – pour qui je travaille comme rédactrice en chef reportages et comme journaliste à la pige (vous avez dit «le cul entre eux chaises»?) – veut faire signer à tous les pigistes un contrat les dépouillant de leurs droits d’auteur ET de leurs droits moraux. Ensuite, plusieurs choses ont été dites par le Syndicat du Journal de Montréal, rangeant bien souvent tous les pigistes dans le même panier «to trash». Ce brouhaha a provoqué un questionnement majeur chez la pigiste fière et convaincue que je suis. Une réflexion qui m’amène à pointer dans plusieurs directions plutôt qu’une seule. 

D’abord, ce texte de Lise Millette m’a permis de remettre les événements des dernières semaines en contexte. Je me suis rappelée les inquiétudes de mes pairs, à l’époque, et l’indifférence dans lequel a rapidement sombré le débat. Puis, les propos de Raynald Leblanc, président du Syndicat des journalistes du Journal de Montréal, m’ont remémoré à quel point les permanents des salles de rédaction ne portent pas les pigistes dans leur coeur. Faut croire que je vivais dans une belle bulle rose depuis toutes ces années…

Hier soir, à Tout le monde en parle, plusieurs ont réagi fortement en entendant ce dernier dire qu’on ne faisait pas appel à nous «pas parce qu’on est bon, mais parce qu’on est cheap». (La réaction de Richard Martineau, se défendant «d’avoir bien négocié», a par la suite failli me faire mourir de rire, mais c’est une autre histoire.) Cécile Gladel a soulevé ce point ce matin sur Branchez-vous. Comme je le disais suite à son billet, je n’ai pas bondi parce qu’il y a un fond de vérité. Plusieurs rédactions pensent D’ABORD à leur budget en engageant des pigistes. Ce que je déplore, c’est que n’importe qui puisse se dire journaliste pigiste. Si notre profession était encadrée, cela nous permettrait de séparer le bon grain de l’ivraie et de faire en sorte que notre réputation ne soit pas ternie par quelques clowns qui s’improvisent journalistes.

Ne nous le cachons pas: les mauvais pigistes sont légion. Oui, les candidats se bousculent au portillon et plusieurs sont prêts à accepter n’importe quoi pour voir leur nom apparaître dans un média. Des rédacteurs en chef n’hésitent d’ailleurs pas à le faire savoir aux pigistes qui réclament une augmentation de salaire ou des conditions un peu plus décentes…

En fait, là où j’ai tiqué hier soir, c’est quand M. Leblanc a dit que l’utilisation des textes provenant des autres publications de Québécor «faisait baisser la qualité» du journal. 1- Plusieurs de ces publications vivent en grande partie à cause des pigistes (je le rappelle: il y en a des bons, comme des mauvais). 2- Ce n’est pas en crachant sur les autres qu’il va s’attirer la sympathie! 3- A-t-il pensé une seconde aux pigistes à qui on veut faire signer un contrat de cession de droits d’auteur ET de droits moraux, comme ce fût le cas récemment au journal ICI? Contrairement aux journalistes du JdM, c’est leur revenu entier qu’ils misent en refusant de signer. Pas de filet: c’est le prix de la liberté. Et puis, pense-t-il vraiment que ces gens-là ont envie de voir leurs textes repris dans le Journal de Montréal, surtout quand on sait qu’ils pourraient être modifiés à la guise de ceux qui les publient? Je comprends que l’absence de règles et de code d’éthique chez les pigistes fasse peur, cependant. Cela revient à ce que j’écrivais précédemment.

J’ai vendu mon premier reportage à l’âge de 18 ans. Seize ans plus tard, je suis membre de quatre associations professionnelles (parce que j’ai touché à plusieurs facettes des communications). Je n’aurais jamais cru l’admettre un jour, mais le journalisme à la pige a ses limites. Moi qui aime passionnément ce métier, je reconnais que son exercice gagnerait à être mieux encadré, même si je serai la première à rager le jour où j’aurai l’impression qu’on me met des bâtons dans les roues (comme cela a déjà été le cas alors que je travaillais comme reporter pigiste à TQS… J’avais pris le syndicat en grippe parce qu’il coupait net nos envies de faire plus avec moins – moins est toujours mieux que rien, non? – dans le but de ne pas créer de précédent). 

Je ne suis pas d’accord avec toutes les revendications de l’Association des Journalistes Indépendant, que j’ai jointe officiellement hier. L’imposition d’un tarif minimum au feuillet, par exemple. Je pense que vouloir uniformiser les salaires est prendre le problème par le mauvais bout. Les médias ont des exigences bien différentes les uns des autres. Pourquoi un pigiste qui met quatre heures à pondre un texte de trois feuillets devrait-il gagner le même tarif que celui qui a besoin de deux jours entiers pour parvenir à la même longueur à cause de la recherche à faire et des précisions que lui demande son rédacteur en chef? Sans compter que le maximum restera sans doute le même pour tout le monde et que l’écart entre les deux risque d’être très minime. 

Avant de songer au salaire, je pense qu’il devient nécessaire d’établir des critères d’accession à la profession. De protéger nos droits et le peu d’acquis que nous sommes parvenus à glaner ici et là. Je ne parle pas d’obliger tout le monde à entreprendre une formation dans une école de journalisme, mais bien de gagner ses épaulettes. L’Union des artistes – un modèle qui a aussi ses failles à mon avis – exige qu’un acteur, un chanteur, un reporter ou un chroniqueur accumule des crédits avant d’accéder au statut de membre officiel (il est alors considéré comme «stagiaire»). Ce modèle pourrait-il s’appliquer en journalisme? Aucune idée. Mais il me semble de plus en plus pressant de construire des fondations avant que la maison s’écroule. 

AJOUT 19h55: Comprenez-moi bien. Je ne prétends pas posséder la science infuse. Ma réflexion sur le sujet est à peine entamée. Probablement parce que j’ai toujours mené plusieurs projets de front (recherche, reportage et chronique télé, conception-rédaction Web, rédaction de capsules télé…), qui me faisaient oublier les réalités du journaliste indépendant qui se consacre exclusivement à la presse écrite. Mon avenir dans ce merveilleux monde? Aucune idée. Chose certaine, si une vieille tante riche et inconnue me léguait soudainement sa fortune aujourd’hui, je me contenterais probablement de bloguer et d’écrire des bouquins! Tant que je me sens libre, je me sens bien…

AJOUT 20h46: Mon but n’était pas non plus de décourager les apprenti-pigistes! Au contraire, j’espère que le dossier aura avancé avant que je puisse vous lire…

 

Des lectures complémentaires, pour ceux que le sujet intéresse:

La responsabilité politique derrière les conflits chez Quebecor, ProjetJ.ca

Des pigistes craignent de devenir des briseurs de grève, La Presse

L’AJIQ fustige TVA Publications, Le Devoir

Deux classes de journalistes, ProjetJ.ca

TVA Publications ne doit pas exiger la cession des droits moraux des journalistes, FPJQ

Que doivent faire les pigistes…, blogue de Cécile Gladel

Licence exclusive Copibec versus contrat TVA Publications : précisions

Mon entrevue avec Bruno Blanchet

109_213Il en a fait du chemin, Bruno Blanchet, depuis son départ en 2004! Ce qui devait être une année sabbatique est devenu un mode de vie. Entrevue par courriel avec l’auteur de La frousse autour du monde.

MJ: Qu’aimes-tu le plus en voyage?

BRUNO: Le décalage horaire, les attentes interminables dans les gares, les déjeuners dans l’avion (omelette en caoutchouc et champignons mouillés), les chauffeurs de taxi qui m’arnaquent à chaque nouvel atterrissage, et j’adore me réveiller dans un lit plein de punaises… Ne me parlez surtout pas de couchers de soleil sur le Pacifique, du mont Everest, de mangroves ou d’oiseaux exotiques!

Mj: un rituel de voyageur?

BRUNO: Je donne trois petits coups sur la porte de l’avion, de l’autobus ou de la voiture avant un long déplacement, comme Patrick Roy avec ses poteaux! Et je croise les doigts à chaque atterrissage.

MJ: La première chose que tu fais en arrivant dans un pays?

BRUNO: Super question! À l’aéroport ou à la gare, je m’assois à l’écart et j’observe la joute pendant un moment. J’essaie de m’imprégner rapidement du rythme de l’endroit pour ne pas avoir l’air d’un «perdu». Puis je me lève et je marche en regardant droit devant, la tête haute, avec l’air détaché du gars qui apporte son sac de linge sale à la buanderie. À l’hôtel, j’allume le téléviseur. J’aime beaucoup découvrir la télé locale, d’abord parce que c’est mon métier, puis parce que c’est souvent hilarant! Si je trouve un supermarché, je cours voir le prix de denrées comme les bouteilles d’eau, les fruits ou la bière. Ainsi, lorsque je magasine, je sais à combien je peux négocier mes sandwiches ou mon jus de fruits frais. Il faut arrêter d’essayer de faire descendre les prix à un moment donné, et réaliser qu’on est en train de se prendre la tête pour des miettes, qui ne feront aucune différence dans notre budget, mais qui serviront peut-être à nourrir les trois enfants de la vendeuse.

MJ: Selon toi, où se trouve le meilleur endroit sur la planète pour…

… plonger: Il y en a tant, selon le budget et l’intérêt de l’amateur… Mais dernièrement, un ami anglais qui est plutôt à l’aise financièrement m’a décrit des plongées extraordinaires en Micronésie.

… manger: La Thaïlande… C’est épicé, frais et pas cher!

… décrocher: Trente mètres sous l’eau, n’importe où.

… se faire des amis: Partout!

… «frencher»: Madagascar (dans les deux sens du verbe!).

… faire la fête: À Addis-Abeba, en Éthiopie, au Tsigereda… C’est chaud!

… être malade: En Asie du Sud-Est, il y a une pharmacie tous les 10 mètres. C’est presque trop facile de se procurer des médicaments…

... se faire arnaquer: En Inde, c’est un sport.

… tomber amoureux: Impossible à dire… C’est quand on cherche le moins que ça arrive…

… se sentir chez soi: Au Québec! Y a des choses qui ne changeront jamais!

La suite de l’entrevue ici sur le site de Clin d’oeil

Billet publié peu après l’entrevue