El Camino del Rey ou comment tester votre résistance au vertige en 6 minutes et 30 secondes…

J’hésite entre trouver l’endroit magnifique et succomber au sentiment de vertige qui m’envahit dès les premières secondes… Chose certaine, aucune chance que je me rende là-bas, malgré la vue à couper le souffle!

Le chemin du Roi est un chemin à flan de falaise, dans le parc naturel de Los Ardales près de Malaga dans le sud de l’Espagne. Ce Caminito del Rey, construit en 1901 pour les besoins de la construction d’un barrage fait à peine 1 mètre de large et surplombe le vide de plusieurs centaines de mètres par endroit. Le camino est tombé dans l’oubli depuis ce temps et tombe en lambeaux. Il est cependant devenu le lieu des adeptes du vertige, mais à leur risques et périls. Quatre personnes y sont décédées en 1999 et 2000. (http://www.dailymotion.com/video/x5bqql_el-camino-del-rey-brightcove_sport)

J’en ai encore les mains moites…

(Via Isabelle Marjorie Tremblay)

Avis de recherche

Karine Flamand au Japon

Après quelques semaine de pause, je relance ma série de billets «Un Québécois à…» sur EnTransit.ca. Je ne présentais auparavant que des expatriés de longue date (ou, du moins, qui avaient déjà vécu plusieurs mois à destination), mais j’élargis maintenant à ceux qui vivent des expériences temporaires, comme Karine Flamand, qui enseigne actuellement le ski au Japon entre deux contrats télé à Montréal.

Vous connaissez des Québécois qui vivent des aventures particulières à l’étranger? Des coopérants, des stagiaires, des artistes exilés, des employés d’ambassade ou autres? Merci de me faire part de vos suggestions ici ou à l’adresse entransit(a)live.ca! L’important est qu’ils vivent là-bas en ce moment, qu’ils soient  à l’aise de parler de leur expérience et qu’ils acceptent que quelques-unes de leurs photos soient publiées. Je cherche aussi des gens vivant dans des endroits dont je n’ai pas encore parlé (voir ici pour les textes publiés jusqu’à présent). Merci!

P.S.: Ai-je déjà dit que j’adore mon boulot? ;-)

La littérature comme trait d’union

Je dis souvent qu’il y a deux types de lecteurs: ceux qui cherchent des histoires proches de leur réalité et ceux qui veulent, au contraire, vivre des tas d’aventures par procuration. « Ressentir » l’ailleurs.

Je parle des livres qui font voyager sur EnTransit.ca et des initiatives comme celle de la librarie du Square, qui remet 2$ par livre d’auteurs haïtiens vendu au CECI. Une soirée-bénéfice aura par ailleurs lieu le 5 février prochain à la librairie Olivieri. Je vous copie-colle un extrait du communiqué:

Le vendredi 5 février se déroulera une soirée de lectures d’auteurs haïtiens par des auteurs et artistes d’ici, dont quelques Étonnants voyageurs : Nicolas Dickner, Stanley Péan, Rodney Saint-Éloi, Michel Vézina , accompagnés de Normand Baillargeon, Franz Benjamin, Robert Berrouët-Oriol, Joël Des Rosiers, Hélène Dorion, Maka Kotto, Maguy Métellus, Pascale Montpetit, Laure Morali, Jean Morisset, Anthony Phelps, Joujou Turenne… entre autres!

Les billets sont vendus au coût de 25$, 50$ ou 100$ versés au CECI – aucune réservation et aucun remboursement. Les billets sont en vente à partir de samedi le 23 janvier à la librairie ou par téléphone au 514.344.2626 p.2 en semaine.

Notez que 10% des ventes des livres des auteurs haïtiens chez Olivieri sont actuellement versés au CECI.

Pour en savoir davantage sur la littérature haïtienne, je vous invite à lire le texte de Chantal Guy dans La Presse d’hier en cliquant sur la photo de Rodney Saint-Éloi (qui a osé publier mon livre Cartes postales d’Asie en 2007 alors que tout le monde disait que les récits de voyage ne se vendaient pas bien au Québec), en haut de ce billet.

À lire également: le très beau texte de Rodney, qui raconte comment il a vécu le séisme et les heures qui l’ont suivi. «Dans ma tête et dans mon corps, il y a ces milliers d’êtres piégés sous les tonnes de ciment…»

À propos des croisiéristes en Haïti et du «poorism» en général

J’étais devant mon ordinateur, en train de faire des recherches sur Labadie pour un billet publié sur EnTransit.ca, quand la nouvelle à propos des bateaux de croisières de Royal Caribbean en Haïti est sortie mercredi dernier. Depuis, je ne cesse de voir les gens s’insurger devant le fait que des vacanciers pique-niquent sur les plages de la station balnéaire – gérée par Royal Caribbean – alors que la population vit l’horreur.

Chaque fois, j’ai la même réflexion: était-ce mieux AVANT? Sachant qu’Haïti est le pays le plus pauvre des Amériques, était-ce plus «décent» de baigner dans le luxe à quelques kilomètres des quartiers défavorisés il y a dix jours, un mois ou un an?

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Quand tout semble futile

J’ai énormément de mal à me détacher du drame que vit Haïti. Je sors de mes gonds très facilement quand je lis le mot «pillage» employé à toutes les sauces. Quand je constate le manque de nuances. Ou l’absence de mise en contexte. Je piaffe dans mon coin, impatiente devant les délais de livraison des médicaments et des denrées, mais surtout impuissante.

Ce texte du journaliste Alain Gravel (via @NathalieCollard et @MichelleBlanc sur Twitter) résume très bien comment je me sens depuis six jours. Il cite entre autres Dany Laferrière, lors de la soirée Excellence de La Presse/Radio-Canada: « Mardi, j’étais couché par terre. Là, on est dimanche et je suis ici, debout pour recevoir un prix dans un gala. […] Je ne suis pas ici pour me reposer. Je suis ici pour dire ce que les gens en Haïti vivent. »

Pourtant, en temps normal, je vénère la futilité. Je crois en ses vertus thérapeutiques. Je crois au sourire, à la bonne humeur et à l’humour. Quelques « calories vides » pour le cerveau font autant de bien au moral qu’un sac de chips ou de bonbons. Mais cette fois-ci, j’ai vraiment du mal à détourner les yeux du drame. Comme je l’écrivais hier, je ne m’en sens pas le droit.

Je vaque à mes occupations habituelles (malgré un vilain rhume !), mais Haïti ne me quitte pas. J’ai l’impression que cette fois-ci, c’est un pays qui me visite et non l’inverse. J’aurais préféré l’accueillir dans d’autres circonstances.

Foglia m’a convaincue de plonger dans Pays sans chapeau de Dany Laferrière, que je n’avais pas lu depuis quelques années. Je me promets de ressortir ensuite les oeuvres de Rodney Saint-Éloi et d’Anthony Phelps.

C’est la seule chose que je puisse faire en ce moment.

Haïti, vue par une équipe du CECI

Myriam Fehmiu, conseillère en communications au CECI, et son frère, l’animateur Philipe Fehmiu, sont présentement à Port au Prince. Philippe, qui donne de temps en temps des nouvelles par l’entremise de Twitter et de Facebook,  vient de poster une première vidéo sur sa chaîne YouTube. Un autre point de vue, de l’intérieur d’une ONG.

«Ce qui m’effraie le plus c’est le temps, confie Myriam à la caméra. Aujourd’hui, ça va, ça se gère. Mais demain, dans deux semaines, dans deux mois… ça m’inquiète.»

Sur Facebook, Philippe a écrit ceci un peu plus tôt aujourd’hui (je me permets de corriger les coquilles étant donné le contexte dans lequel le message a été envoyé): «Je suis sous le choc de ma visite à l’hôpital. Le manque de ressources est grave. J’ai vu un gynécologue faire une amputation. Si ça continue, des vétérinaires feront le boulot. Il y a près de 1,5 millions de sinistrés sur une population de 2 millions…»

Pendant ce temps, le gratin hollywoodien célèbre le cinéma dans le cadre de la remise des Golden Globes Awards. Drame: il pleut à Los Angeles…

Je sais, je sais. La vie suit son cours. Mais perso, j’ai énormément de mal à détourner les yeux.

J’ai l’impression de ne pas en avoir le droit…

(Via @Maria Sanz sur Twitter)

MÀJ 22h: Philippe vient de poster une seconde vidéo.

Quand la perle des Antilles s’effrite dans son écrin

J’en avais glissé un mot chez Christiane Charette mercredi matin: Haïti a déjà été une destination touristique très prisée. Un Club Med y a même été en opération de 1981 à 1999. Alors que l’espoir de voir à nouveau débarquer les touristes commençait à poindre, le drame.

Pour moi, le tourisme est aussi un moyen d’aider le développement d’un pays (bien sûr, en s’assurant que l’argent va dans les bonnes poches).

Plus détails sur EnTransit.ca (MSN) (merci de commencer ce billet sur MSN et non ici)

À lire également: l’excellent billet de Gary Lawrence dans le blogue Voyage de L’actualité sur la solidarité par le tourisme et mon billet Devenez coopérant international.

MÀJ: À lire, Les damnés de la Terre, par François Brousseau dans Le Devoir.

Routes mythiques pour aventuriers passionnés

De tous les temps et sur tous les continents, les gens ont voyagé. Que ce soit pour faire du commerce, fuir l’ennemi ou simplement longer la côte, les baroudeurs ont effectué les mêmes itinéraires, dont certains sont devenus mythiques. Cinq routes pour revivre l’histoire… à sa façon.

1. La route 66

On s’imagine traverser ses 3 943 km à moto façon Easy Rider, en stop comme Jack Kerouac ou en décapotable avec la chanson qui porte son nom à tue-tête, version Rolling Stones (l’originale est de Bobby Troup)…

La suite sur Canoë

Toutes mes chroniques Choc des cultures

L’horreur en direct

Je pense qu’une image vaut mille mots. Parfois plus.

Je pense qu’il est nécessaire de montrer le drame.

Je pense qu’il est nécessaire de fixer à jamais ces moments d’horreur.

Je pense qu’il est nécessaire d’être secoué pour agir.

Pour ne pas oublier.

Mais je pense aussi que trop, c’est comme pas assez.

Les images déboulent.

Les médias traditionnels, CNN en tête, invitent les apprentis photographes à déverser leur flot d’images crues. En plus de toutes les autres, déjà fort éloquentes.

Ou trop bavardes.

L’envers de la démocratisation de la technologie?

Je sais, ça ne fait que commencer. Et je suis la première à sauter à pieds joints dans le chaos des réseaux sociaux…

Ce soir, j’appuie sur pause.

Bonne nuit Anderson, bonne nuit Twitterville.

Un peu de rêve, un peu moins de temps réel.

Pendant quelques heures, je penserai à Haïti les yeux fermés.