À propos des croisiéristes en Haïti et du «poorism» en général

J’étais devant mon ordinateur, en train de faire des recherches sur Labadie pour un billet publié sur EnTransit.ca, quand la nouvelle à propos des bateaux de croisières de Royal Caribbean en Haïti est sortie mercredi dernier. Depuis, je ne cesse de voir les gens s’insurger devant le fait que des vacanciers pique-niquent sur les plages de la station balnéaire – gérée par Royal Caribbean – alors que la population vit l’horreur.

Chaque fois, j’ai la même réflexion: était-ce mieux AVANT? Sachant qu’Haïti est le pays le plus pauvre des Amériques, était-ce plus «décent» de baigner dans le luxe à quelques kilomètres des quartiers défavorisés il y a dix jours, un mois ou un an?

En même temps, le tourisme pourrait, à long terme, être l’une des planches de salut d’Haïti. Comme j’en ai parlé dans mon article sur MSN, la perle des Antilles a longtemps été une destination touristique de choix. L’instabilité politique, la violence et les catastrophes naturelles auront terni son image et découragé les voyageurs d’y poser leurs valises (notamment l’auteure de ces lignes), mais cela ne lui enlève pas ses richesses naturelles et culturelles. Bien sûr, il faudra d’abord tout reconstruire…

J’ai parcouru plusieurs articles sur la présence de Royal Caribbean au cours des derniers jours. Des blogueurs ont évoqué la question, notamment Gary Lawrence et Cécile Gladel. Le «contre» semble dominer, même si on sent que plusieurs questions restent sans réponse. Je continue pourtant à croire qu’ils ont fait la bonne chose en retournant si tôt au pays. Il faut aussi mettre les choses en contexte, comme l’a bien fait Meg Waver sur le blogue Intelligent Travel de National Geographic:

Honestly, I’m torn. At first blush, stopping at Labadee sounds insensitive, even heartless, and yet another manifestation of rich, First-World privilege and moneyed entitlement. But looking deeper at the situation, I found out that Royal Caribbean has been Haiti’s largest contributor of tourist revenue since 1986, directly employing some 300 locals and allowing an additional 200 Haitian artisans to sell their wares on its premises. The Florida company apparently pays the country of Haiti $6 for each tourist it brings to its shores; some reports estimate the number of tourists it escorts to Haiti at 500,000 annually.

Richard Sasso, chairman of the Cruise Lines International Associationdefended Royal Caribbean today in a press conference, noting that they returned to Labadee at the request of the Haitian government. « They didn’t have to go back to Labadee, » he said. « Not now, not next year, or in three years. They put themselves out there despite all the criticism. »

Better still, Royal Caribbean has pledged $1 million to a fund for earthquake victims. It’s set up a system through which passengers can easily donate to earthquake relief through their onboard accounts. When Independence of the Seas arrived at Labadee last week, it brought along 40 pallets of rice, beans, powdered milk, and canned goods to be distributed by its long-time NGO partner in Haiti, Food for the Poor, as well as the Pan American Development Foundation and the Solano FoundationRC CEO Adam Goldstein says the company will contribute the same amount of supplies each time its ships arrive in Haiti. And it’s also said that it will donate 100 percent of the net revenue it derives Lebadee to recovery efforts. Not bad for a cruise line, right?

J’ai aussi bien aimé ce billet tout en nuances du blogue Séisme Haïti de Cyberpresse, dans lequel Judith Lachapelle rapporte les propos du professeur Michel Seguin, professeur au département d’organisation et ressources humaines de l’UQAM, sur la question.

«Il n’y a pas une réponse claire, ça dépend des écoles de pensée», dit-il d’emblée. Certains vont dire que si l’arrêt des activités touristiques cause plus de mal que de bien, il faut alors les poursuivre, même si elles paraissent abjectes.

Par contre, il faut aussi en affaire s’attarder aux perceptions. «Si l’intention est perçue comme égoïste, ça peut nuire à la relation de confiance entre l’entreprise et ses partenaires.»

Et cette relation est cruciale. Pour cette raison, Michel Seguin croit que la compagnie n’a pas pris la bonne décision. «En décidant de ne pas y aller, elle aurait suscité de l’indifférence. En y allant, elle suscite de la critique.»

Je ne suis pas une spécialiste des questions d’éthique. Ni d’Haïti. Mais personnellement, après avoir lu différents articles publiés dans les médias locaux qui mentionnent l’importance de Labadie pour l’économie du pays, j’aurais plutôt bondi si la compagnie avait choisi d’abandonner Haïti au moment où elle a le plus besoin d’appui. Ma position dénote cependant une plus grande empathie envers les Haïtiens qu’envers les clients de Royal Caribbean… Je dois tout de même me rappeler l’importance de ces derniers, si je veux que des bateaux continuent d’accoster et de procurer des emplois aux Haïtiens. Sauf que je reviens toujours à mon raisonnement de départ, qu’ils devaient savoir AVANT le tremblement de terre qu’ils s’apprêtaient  à accoster dans l’un des pays les plus pauvre de la planète… Vous voyez ce que je veux dire? Ouf.

Pas noir, pas blanc.

Dimanche soir, je me suis énormément questionnée sur ce qu’on appelle le «tourisme de pauvreté» (ou «poorism»), en rédigeant ma chronique «choc des cultures» pour Canoë (qui sera en ligne demain). C’est le réalisateur, photographe, producteur et blogueur français Arnaud Contreras, qui a développé un projet de film sur les «Township tours» en Afrique du Sud, qui m’a fait parvenir un «tweet» à ce sujet il y a quelques jours. Il faut d’ailleurs absolument lire son billet et son document de présentation, qui démontrent bien les différentes perceptions quand on parle de tourisme en zone d’extrême pauvreté.

Le lien avec Haïti? Simplement qu’au fil de me recherches, j’ai réalisé que plusieurs endroits dévastés par des catastrophes naturelles sont devenues des destinations de choix pour les adeptes. Que la question éthique qui se pose actuellement avec Royal Caribbean peut être transposée dans d’autres contextes.

Je me suis beaucoup questionnée, disais-je. Et je n’arrive toujours pas à prendre position. En fait, si: je pense qu’il n’y a pas de réponse à la question qui est devenue le titre de mon article: Le «poorism», voyeurisme ou sensibilisation?

Je me rappelle avoir rué dans les brancards en découvrant le cirque des femmes aux longs cous en Thaïlande, il y a près d’une dizaine d’années. La pauvreté et l’insolite mis en scène pour le bénéfice de qui? Mais j’ai quand même payé pour dormir chez des villageois qui ne nageaient pas dans la richesse à quelques kilomètres de là. Au fil des ans, j’ai pris de nombreuses photos de signes de pauvreté dans le cadre de mon travail, que j’aurais probablement prises aussi comme simple touriste parce que je trouve important de me rappeler que tout décor a un envers. Je l’avais fait, d’ailleurs, à Ko Phi Phi, où, après avoir traversé une enfilade  de plages toutes plus magnifiques les unes que les autres, j’avais abouti dans un village plus que modeste.

Rien est parfait. Pas même le paradis. Mais de là à faire de la pauvreté le thème d’un voyage purement touristique, comme si on allait visiter un zoo? Malaise… Mais si des communautés peuvent se développer grâce à ce type de tourisme, je mets un bémol. Oh là là. Vous voyez, je continue de réfléchir «à voix haute»… Beaucoup de «mais» et de points de suspensions dans ma tête aussi.

Avec le recul, je me demande souvent si j’ai eu tord ou raison d’agir comme je l’ai fait dans différents contextes culturels. Rien est immuable. Surtout pas quand la culture dans laquelle nous sommes plongé est si différente de la nôtre qu’on arrive même pas à s’y retrouver avec les choses basiques du quotidien. Qu’on change soi-même, de voyage en voyage.

L’autre chose qui me revenait constamment en tête en écrivant ma chronique sur le «poorism» est le parallèle avec les forfaits tout-inclus. Est-ce mieux d’ignorer la pauvreté en allant s’enfermer dans des établissements de luxe dans des pays en développement ou, à l’inverse, de payer pour aller voir la misère en groupe? Dans un cas, des photos de vacances qui font rêver. Dans l’autre, des clichés d’horreur. En les sortant pour la visite au dessert, le même résultat: provoquer les «oh!» et les «ah!» des convives. Impressionner.

Heureusement, il y a les nuances… Parfois difficiles à percevoir. Ou alors, c’est qu’on préfère les ignorer.

P.S.: Désolée si ce billet est confus, il reflète mon état d’esprit actuel.

MÀJ 21 janvier: Ma chronique sur le «poorism» est en ligne sur Canoë.

MÀJ 10h55: Je viens de lire cet article publié sur CNN, Haiti cruise stops draw ire, support qui rejoint ce que je pense par rapport aux bateaux de croisières de Royal Caribbean:

In a statement issued after the earthquake, the United Nations World Tourism Organization also weighed in, saying that « tourism can become a useful instrument for the necessary reconstruction process in Haiti. »

MÀJ 11h03: Par rapport au «poorism», je trouve la définition trop floue pour vraiment prendre position. Se rendre dans les pays pauvres et, ainsi, faire rouler leur économie, je suis 100% pour. Il ne faut cependant pas oublier le plus important à mon avis, qui vaut tant chez soi qu’ailleurs: le respect et l’ouverture. Tout est dans le «comment».

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14 réflexions sur “À propos des croisiéristes en Haïti et du «poorism» en général

  1. Marie-Ju, ce billet fait réfléchir et pose de bonnes questions sur le tourisme dans les pays pauvres. J’aime ton questionnement…

    Si je reste outrée de la décision de Royal Carribean et que j’aurai préféré qu’elle offre ses paquebots pour de l’aide temporaire, je pense qu’il est clair que le tourisme sera la planche de salut d’Haïti.

    Mais peut-on avoir un tourisme respectueux? Un tourisme qui paye justement les employés, un tourisme qui respecte le pays hôte, tant au niveau de l’architecture des hôtels que de ce qu’on propose aux touristes…

    Par ailleurs, je ne suis jamais allée ailleurs qu’au Mexique et ce dans la famille de mon beau-frère, mais j’irai sûrement à Cuba un jour. Il y a cependant un truc que je déteste. Ce sont les occidentaux qui marchandent avec les commerçants du coin. Je trouve ça indécent…

  2. @Cécile: Marchander fait pourtant partie de la culture de plusieurs pays. Je ne sais pas pour Cuba, mais dans les pays africains que j’ai visités, il FALLAIT marchander (sans aller trop loin, toutefois, parce qu’il est facile de se laisser prendre au jeu). C’est aussi naturel pour eux que de manger avec des baguettes pour les Asiatiques. Ça va de soi. C’est donc à nous de nous adapter (ou de payer 4 fois le prix réel! lol). Le tourisme «responsable» est bien sûr l’idéal, partout. Cependant, c’est encore loin d’être la norme. Je pense toutefois que les gens sont de plus en plus informés et s’ouvrent à ce type de tourisme. À suivre…

  3. Ohhhh tu poses trop de bonnes questions !!! J’aurais envie de discuter de ce sujet des heures et des heures !

    Il est clair que le tourisme est un lieu de rencontre entre le Nord et le Sud, mais malheureusement une rencontre très peu conscientisée par ceux qui la vivent. Il y a beaucoup de chemin à faire pour que cette rencontre soit plus respectueuse, faite dans la compréhension des enjeux, et surtout qu’elle ait des impacts positifs et durables ! Il y a quelques belles initiatives, mais…

    Si tu savais le nombre de fois où je me suis posé des questions moi aussi en voyage !!! Et parfois je posais des questions et déstabilisais les gens (ex. le guide nous fait arrêter dans un atelier de sculpture sur bois, au Sri Lanka, où le gens travaillent très dur – j’étais presque traumatisée; et en arrivant dans la boutique juste à côté des travailleurs peinant sous le soleil, les petits éléphants en bois sont vendus à des prix exorbitants; je demande quel pourcentage les sculpteurs reçoivent et on me dévisage : « why do you ask ?! »
    Soupir…

    Au moins, si on en est à se poser de questions, c’est déjà un début !!!

  4. Hum… après avoir lu votre billet, celui de Cécile Gladel et celui de Arnaud Contreras, je partage votre état d »esprit actuel… difficile de trancher. Peut-on réellement comprendre une autre culture après 3h ou 2 jours dans un bidonville ? Mes préjugés et mon expérience (1 seule je dois l’avouer), me font dire que c’est du pure voyeurisme. En même temps, je comprend l’enjeu économique et même l’espoir que ça peut apporter à ces populations. Et, c’est en même temps difficile à comprendre, pour nous, occidentaux gâtés. Il y a 12 ans de ça je suis allée enseigner le français en Chine pendant près de 6 mois. Ça fait déjà 12 ans et la Chine n’est certainement plus ce qu’elle était à l’époque, mais cette expérience de travail et de bain culturel a changé ma vie. Comment rester insensible au fait qu’un père de famille vous met son enfant dans vos bras, non pas pour vous le donner, mais simplement parce que ça va lui porter chance ? Ouf ! J’en ai encore le souffle coupé quand j’y pense. Je vois tout simplement la vie d »un autre œil maintenant et oui, j’ai tout de même repris ma vie de « riche » occidentale après coup, mais en ayant toujours en tête ces expériences partagées avec mes amis chinois. C’est pourquoi j’associe ces excursions d’un maximum de 2 jours à du voyeurisme. Cependant, mon expérience en Chine m’a aussi amené à changer mes façons de penser, de moins juger selon mes valeurs à moi. Qui suis-je pour décider de ce qui est bien ou non ? Peut-être qu’une excursion de 2 jours peut venir toucher quelqu’un et lui faire comprendre certaines choses qu’il n’aurait pas compris autrement. Je n’ai pas à juger de ça, on ne peut pas trancher aussi facilement. Tout n’est pas noir ou blanc. Le fait de trouver ces croisières indécentes est un jugement qu’on porte selon nos valeurs à nous. Oui, il y a sans doute une forme d’égoïsme dans ce besoin de comprendre et en croyant le faire en allant à la rencontre de la population lors des voyages touristiques, mais je crois que cette phrase résume bien ce que ça représente et c’est ma belle-sœur qui m’a rapporté ce fait alors qu’elle se préparait à partir quelques mois pour aller travailler dans un orphelinat au Brésil : « Ne croyez pas que vous allez là-bas pour les aider. C’est eux qui vont vous aider. » … Nous aider à voir la vie autrement ?

  5. Ce billet Marie-Julie est vraiment intéressant.

    C’est un sujet qui m’interpelle beaucoup puisque j’ai voyagé récemment dans des endroits très pauvres.

    J’ai vu des Chinois se demander ce qu’était un billet de 5$ US… ils ne savaient même pas ce que c’était et à quoi ça servait. On leur a donné à manger.

    À Cuba, j’ai vu des enfants courir à côté de notre jeep parce que j’avais volé des pâtisseries dans le buffet du déjeuner.

    À Cuba, j’ai rempli ma valise de vêtements que je ne portait plus et des produits d’hygiène que j’avais en trop. Chaque jour, j’en laissait un peu pour la femme de chambre. Je l’ai rencontré qu’à la fin de la semaine… Elle était tellement contente qu’elle en pleurait…

    En Thaïlande, on a négocié un plus bas tarif pour un tour des khlongs (canaux de Bangkok) et acheté des poissons pour nourir la famille du conducteur du bateau.

    Au Mexique, j’ai fait une excursion de pêche en haute mer à partir d’une croisière. On avait de la nourriture et de la bière d’inclus dans l’excursion. J’ai mangé mon sandwich mais j’ai donné les biscuits et la bière au capitaine… J’ai attrapé un poisson de 70 livres. Je l’ai donné au capitaine et à son équipe pour le souper du soir…

    Le poorism… c’est une question d’attitude. Quand je visite des endroits pauvres qui me renversent, je tente de laisser quelque chose…

    Peut-être que ça ne fera pas une énorme différence au bout du compte mais j’ai fait sourire quelqu’un sans que je ne réussisse à comprendre ce qu’il me dit. Pour moi, c’est la plus belle forme de tourisme… Démontrer à ces pays en développement que les Blancs sont aussi généreux et qu’ils peuvent partager avec eux…

    Par contre, il faut prendre garde car ces gestes peuvent être attendus par les locaux par la suite. Moi aussi je réfléchis tout haut…

    Merci pour ta réflexion.

  6. Ce qui m’inquiète surtout avec le « poorism », c’est que ce nouveau marché de gens fortunés qui débarquent dans des quartiers/villes/pays pauvres fassent monter indument les prix et rendent ainsi les produits de base difficilement accessibles aux gens de la place, les plongeant dans une pauvreté encore plus grande. C’est d’ailleurs un problème en ce moment en Haïti. Tous ces journalistes et ces humanitaires qui débarquent peuvent payer la patate 4$ plutôt que 2$. Mais les locaux ?

    Une initiative comme celle du Kenya, qui fait payer un prix différent aux touristes et aux locaux (je sais pas si c’est institutionnalisé par contre), est peut-être une idée intéressante…

  7. Bonjour,
    Les questions que vous vous posez concernent l’apport du tourisme aux sociétés. A partir de là il faut différencier l’apport selon les types de tourisme. Et le type de tourisme opéré à Labadie est celui qui induit le moins de retombées, parce qu’il est extra-territorial (une concession), et que ce que consomment les croisiéristes provient pour moins de 1% du pays. D’ailleurs que pouvait produire Haïti pour ces touristes, si ce n’est quelques objets de pacotille, dessins, peintures, etc.?
    La question n’est donc pas tant celle de savoir s’il faut continuer ou pas à venir à Labadie,dans cette période, mais comment concilier tourisme et développement local pour reconstruire le pays.
    Et puisque vous faites allusion à Cuba, sachez que là-bas, les opérateurs étrangers ne peuvent obtenir que des joint-ventures, avec obligation d’employer du personnel local, de les former, et de ne disposer que de 49% maximum du capital.
    Ca fait toute la différence, au niveau des retombées locales. Et à Cuba les grands hôtels s’approvisionnent pour plus de 60% au niveau local. c’est encore une différence, majeure. Peut-être pourquoi le même cyclone fait 250 morts en Haïti et 3 à Cuba.
    Amicalement
    Jean-Pierre Lamic, auteur de « Tourisme durable, utopie ou réalité? » et co-organisateur du Forum National du Tourisme Responsable, Chambéry 11 jun 2010.

  8. @Marie l’urbaine, @Cindy Rivard, @Marie-Chaton, @Mariève Paradis: Merci de continuer à réfléchir avec moi! :-) Je trouve important de le faire, qu’on pense tous à la manière dont on voyage.

    @Johanne Veilleux: Je suis toujours perplexe par rapport à ces différents prix. Je ne suis pas convaincue, mais pas fermée à l’idée non plus… Je vais effectivement tenter de voir jusqu’à quel point ces initiatives fonctionnent bien ou pas.

    @gtozetti: Merci pour ces commentaires éclairés. Tout à fait d’accord pour ce qui est de concilier tourisme et développement local. Mais dans l’immédiat, ne pensez-vous pas malgré tout que Royal Caribbean a bien fait de reprendre ses activités, dans les conditions qu’on connaît?
    Pour le reste, je suis peut-être idéaliste, mais je me dis que maintenant que tout est rasé et qu’on repart de zéro, c’est l’occasion ou jamais de mieux rebâtir et penser le tourisme autrement.
    En ce qui concerne Cuba, ma réflexion était plutôt par rapport au fait que des gens s’y rendent et restent enfermés dans leurs beaux hôtels en ignorant complètement ce qui se passe à l’extérieur. De la même manière, ceux qui veulent leurs photos de misère ne vont pas toujours plus loin que la chasse à l’image choc… Je vous ferai parvenir un courriel sous peu, car j’ai bien envie de poursuivre cette discussion par rapport à Cuba et d’en faire un article!

  9. Je VEUX lire un article qui serait le fruit d’une entrevue entre MarieJu et M. Lamic !
    Ce sujet me passionne depuis de nombreuses années.
    J’aurais bcp de choses à dire – sur la « charité » des touristes entre autres :)

  10. Réflexion très intéressante. Je pense que seulement le fait de se questionner sur le sujet fait avancer le monde. Être sensible à la pauvreté mondiale, c’est le début d’améliorer les choses. Voyager, avoir vu la misère humaine sur son chemin, ça change la façon de penser, ça peut réorienter des actions qui vont faire avancer des choses.
    Je serais pour un tourisme équitable. On devrait pouvoir voyager dans des endroits où il serait garanti que ce que l’on paierait cher serait distribué équitablement aux travailleurs locaux qui auraient des conditions de travail décentes.
    J’ai aussi l’esprit confus ces temps-ci.
    Trop d’images qui restent.

  11. Wow je ne savais pas qu’il y avaient des gens assez cave pour se payer un safari-photo de misère humaine.

    Des tours organisé dans les bidonvilles c’est vraiment du voyeurisme. Les gens qui y habitent ne reçoivent pas un sous; c’est comme aller au zoo… est-ce que les animaux sont payé pour se faire prendre en photo? Imagine un groupe de touriste dans ta rue qui te regarde sur ton patio en pointant du doigt pis se disant que ta vie fait dure.

    Par contre aller dans un hôtel ou un tout-inclus le but du voyage c’est d’être au soleil et de relaxer. Il y a des gens locaux qui y travaillent et ça fait virer l’économie. Ce n’est pas une prison et les touriste peuvent sortir et aller dans les resto et les commerce des alentours. Chaque emplois créé par le tourisme c’est de l’argent neuf.

    Pour les prix différents je n’ai pas de problème avec ça. Ma copine l’a vue plusieurs fois l’année passée en Inde. Il y a un prix pour les touristes et un prix pour les locaux. Le prix touriste reste quand même abordable pour quelqu’un qui gagne 50K$ par an, mais il serait hors de prix pour un Indien qui se fait 5k$ annuel. Ça maximise le revenu sans voler personne.

    Je suis d’accord aussi pour le marchandage. Il y a plein de cultures ou le prix de départ est ridiculement haut juste pour avoir le plaisir de marchander. Et ils ne vendrons jamais à perte de toute façon; ce n’est pas indécent de marchander. Au Congo tout ce que j’ai acheté j’ai fait baisser le prix de 60%, quand je tentais d’aller plus bas le vendeur me disais tout simplement d’aller ailleurs.

  12. Marie-Julie, j’attendais (parce que je me doutais bien que tu aborderais ce sujet) ce billet avec impatience! merci pour ta réflexion à haute voix et tous les liens! :D

  13. @Marie l’urbaine: Je lui ai écrit il y a quelques jours. À suivre…
    @Julie: Bien d’accord! Il faut parfois questionner le monde qui nous entoure…
    @Sébastien Lavoie: Je t’invite à aller lire le document d’Arnaud Contreras sur les Township tours. Je le cite ici: http://fr.canoe.ca/voyages/decouvrir/destinations/archives/2010/01/20100118-173317.html Tout n’est pas tout noir ou tout blanc…
    @Claudia: De rien! La réflexion se poursuit… Merci à toi pour ton commentaire!

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