Écrire un roman

Certains abonnés semblent monologuer sur Twitter, alors qu’ils réfléchissent en fait «à voix haute», un peu comme je le fais sur ce blogue. Ces réflexions peuvent se transformer en dialogues. Suffit d’oser entrer leur bulle, sans trop faire de bruit…

Échange de «tweets» avec  l’auteur Stéphane Bourguignon, que je n’ai jamais rencontré, mais dont les propos m’interpelaient particulièrement ce 6 février 2010:

S_Bourguignon 6h33: Parfois je tombe dans la fiction comme on tombe dans la lune.

S_Bourguignon 6h37: Ces temps-ci, c’est dans un roman sombre dont le personnage principal est une jeune femme. Pas vraiment d’histoire, surtout un climat.

S_Bourguignon 6h43: Plus je me retrouve là, plus je cherche à y retourner. Jusqu’au jour où je décide d’en faire un roman pour carrément y passer un an ou deux.

S_Bourguignon 6h48: Un territoire sauvage à cartographier et cadastrer. D’abord à vol d’oiseau mais surtout à pied, sinon à genoux. Sur chaque mètre carré.

S_Bourguignon 6h51: Avec des mots comme seuls outils.

mariejugag @S_Bourguignon 7h01: Et il faut combien d’allers-retours avant de se poser un an ou deux?

S_Bourguignon @mariejugag 7h26: Beaucoup, longtemps. Il faut que ça devienne un "sentiment". Comme quand on revient de voyage d’un endroit qui nous a marqué…

S_Bourguignon @mariejugag 7h28: Le "sentiment" de cet endroit nous habite encore. On a comme des "puff" de ce lieu, on se sent comme si on y était encore.

S_Bourguignon @mariejugag 7h36: Et puis avec le temps, ce sentiment devient une obsession parce qu’il ne vient pas chaque jour, il se laisse désirer.

S_Bourguignon @mariejugag 7h39: Et on sait que si on le cultive, si on le garde vivant, il y aura un roman au bout de tout ça un de ces quatre.

Je ne sais pas s’il sait à quel point il a employé les bons mots. Je suis, depuis, en  perpétuel «état littéraire».

Merci, Stéphane Bourguignon.

Quand Toutou fait le tour du monde

Se séparer de son chien ou de son chat quand on va faire tourner des ballons sur son nez? De plus en plus de propriétaires d’animaux de compagnie refusent. En parallèle, des globe-trotters à quatre pattes (et je ne parle pas des touristes qui excellent dans le lever du coude…) défraient la manchette un peu partout sur la planète. Il était temps, ma foi, que je me penche sur ce phénomène de la plus haute importance…

Il s’appelle Oscar et il a traversé 29 pays sur cinq continents en six mois en 2009. Sa maîtresse, Johanne, lui a permis de poser devant la Tour Eiffel, la Tour de Pise, les lettres de Hollywood, la Place Rouge de Moscou, le Sphinx, la Grande Muraille de Chine, la Statue de la Liberté et le Taj Mahal. Il a même pu se balader à dos d’éléphants et en hélicoptère! Nommez-moi un autre chien – à part Milou – qui a autant de millage au compteur et je vous offre un os!

La suite sur Canoë

Archives de mes chroniques «Choc des cultures»

J’adore Amélie Nothomb

«Les voyages ne sont plus des voyages puisque nous savons où nous allons et nous savons quand nous reviendrons. Il n’y a plus d’imprévus dans tout ça. Le voyage qu’il nous reste, c’est l’amour, là au moins, il y a de l’imprévu, on ne sait pas où on va, on ne sait pas ce qui se passera, on ne sait pas comment ça se terminera.»

«Non, il n’y a pas d’échec amoureux et pourtant, on se prend des gamelles et des râteaux, on pleure, on veut tuer tout le monde. Même quand ça se passe mal, c’est formidable, on ne peut pas regretter ça. Quelle aventure ! C’est comme quand on revient d’une expédition dans le Grand Nord : on a souffert comme un chien, mais on se dit que c’était bien, on garde que les bons souvenirs finalement…»

À lire: l’entrevue complète de Claudia Larochelle sur RueFrontenac.com.

Un autre billet à propos d’Amélie Nothomb: Éloge de la fuite.

Johnny au pays des merveilles

J’ai vu ceci en 3D ce matin et je n’ai pas le droit d’en parler (embargo jusqu’au 5 mars)…

Je voulais juste faire mon agace! lol

P.S.: Vous aimez la «craque de dents hommage à Vanessa» (ou «dents du bonheur», si vous préférez) vous aussi? ;-)

Jour de neige

Il y a des moments où j’arrive à trouver une certaine poésie à l’hiver. Quand le mercure frôle le point de congélation comme aujourd’hui et que les flocons, gigantesques, atterrissent tout doucement avant de mourir quelques instants plus tard, terrassés par le redoux. Des fragments de nuages charcutés par un ciel capricieux…

Ce que je ne montre pas dans la courte vidéo, ce sont nos traces. Un pas et voilà une nouvelle mare dont les contours s’effacent aussitôt. Un pas et survient la mort immédiate de milliers de flocons. La Grande Faucheuse a une odeur de semelle humide. Nos pieds dessinent des affluents qui s’ignorent jusqu’au moment où ils se jettent indolemment dans un autre.

La «sloche» n’a pourtant rien de poétique, mais je la tolère beaucoup mieux que le froid à cause de sa promesse de printemps. Et puis, les fragments de nuages sont en réalité de vraies putes, prêtes à vendre leur âme à la première botte qui passe!

P.S.: Mes quinze minutes annuelles d’amour de l’hiver sont maintenant écoulées! lol

Bonjour, je m’appelle Moussou et je suis taxi sister…

Chéri vient de me faire découvrir cette série en ligne d’Arte qui propose une incursion multimédia au Sénégal, mais aussi dans d’autres pays d’Afrique. Moussou, chauffeuse de taxi (l’une des «taxi sisters» qui sillonnent la capitale depuis 2007), nous sert de guide à Dakar. Au fil des pérégrinations, nous découvrons plusieurs traits culturels et points de vue, sans jugement.

Fascinant par exemple, lors de la découverte du monument de la Renaissance,  qui sera inaugurée le 3 avril 2010 pour commémorer l’indépendance de l’Afrique, d’écouter l’architecte Pierre Goudiaby Atepa justifier à sa manière les 18 millions d’euros nécessaires à son érection (oui: 18 millions d’euros pour une fucking statue dans l’un des pays les plus pauvres au monde). Ironie: l’architecte-conseiller s’est, depuis, brouillé avec Abdoulaye Wade. Le président entend pour sa part garder 35 % du bénéfice des visites du monument…

Moment particulièrement savoureux du web-reportage: le témoignage du frère aîné de Moussou, Assan, à la toute fin. Un bougre fort sympathique et très cultivé (on constate d’ailleurs sitôt entrés chez Moussou qu’elle a grandi dans un monde privilégié), à qui on a presque du mal à en vouloir de ne pas arriver à considérer la femme comme l’égale de l’homme.

Aucun doute: le point fort de cette série est son casting. Assan est l’exemple même de l’Africain érudit* avec qui on peut très bien s’être lié d’amitié et puis hop! au détour d’une discussion, constater l’étendu du fossé qui nous sépare. Va-t-on moins l’apprécier? Connaître son attachement à ce qu’il appelle «la tradition» altérera-t-il l’image du bon lascar qu’on s’en était faite? Intéressant qu’une vidéo nous permette de nous mettre dans cette situation, si fréquente sur le terrain. Lire la suite

Bébés du monde

Je viens de passer chez Le Pilon voyageur, qui m’a fait découvrir le blogue Wala! Un rond bedon au Sahel. Et là-bas, je n’ai pas pu m’empêcher de piquer cette bande-annonce (que l’auteure avait elle-même piquée à Marianne Prairie, lol) d’un documentaire qui sortira ici le 16 avril…

J’en pleure encore à chaudes larmes. J’ai vraiment très hâte de découvrir ces enfants aux cultures si différentes. Très hâte, aussi, de retourner sur le terrain et de prendre le temps de «vivre» une nouvelle culture. C’est le retour des fourmis dans les jambes (m’ont-elles jamais quittées?) et de la tête dans les nuages… J’ai une envie folle d’exil, d’écriture et de chaleur. Une envie folle d’Asie, tout particulièrement. En famille.

Ça viendra.

En attendant, je retourne lire le blogue de cette future maman qui a vécu une partie de sa grossesse au Mali et qui répond à une tonne de questions que je me suis moi-même posée, enceinte, sur les voyages en Afrique et sur la perception de la maternité là-bas.

Cette balançoire m’obsède

Je ne sais pas ce qui me touche autant dans cette photo. Son relent d’enfance? L’impression d’être entre ciel et montagnes? La bouffée de liberté qu’elle dégage?

Aucun doute, de toutes les photos évaluées pour la campagne secretdici.ca, c’est celle qui est venue me chercher le plus.

***

Tout a commencé par un coup de fil. On me demandait de faire partie du jury qui déterminerait les 13 escapades hivernales canadiennes les plus intéressantes parmi celles suggérées par les internautes. Moi? Mon premier réflexe a été d’envoyer une liste de journalistes qui me semblaient de bien meilleurs choix pour faire le boulot! lol Lire la suite

Des Québécois qui aiment Montréal

Je n’avais pas encore vu ce reportage de Matthieu Dugal sur les Québécois qui aiment Montréal présenté à l’émission Mise à jour (pour les gens de l’extérieur, je précise qu’il y a une éternelle guéguerre entre la capitale provinciale et la métropole, allègrement alimentée par des animateurs de radio de Québec que les médias montréalais n’hésitent pas à qualifier de « poubelles » – vous entendrez un extrait éloquent en début de topo). Très intéressant, mais un peu étrange d’entendre parler de son coin de pays de manière si dépaysante par des gens qui vivent à trois heures de route !

J’ai créé un monstre

Animal Kingdom Lodge, Disney World, février 2010

Hier soir, j’entends des sanglots provenant de la chambre de ma fille.

- Pourquoi pleures-tu Trésor?

- Parce que jeeeee… jeeeee… je veux retourner à l’hôôteeeeeeeeel!!!!

(Mon billet sur le Animal Kingdom Lodge sur EnTransit.ca)

Suite à mon passage chez Christiane Charette

Ce matin, j’étais invitée à parler du Manuel de l’anti-tourisme de Rodolphe Christin à l’émission Christiane Charette en compagnie de Jean-François Nadeau, du quotidien Le Devoir. Comme je l’ai dit d’entrée de jeu, ça m’a agacée qu’on ne mentionne jamais le contexte dans lequel le livre a été écrit depuis sa parution au Québec. L’auteur est Français. Dans l’Hexagone, les salariés qui font la semaine de 35 heures ont tous droit à cinq semaines de vacances par année. Au Québec, plusieurs ont deux semaines par an. Ça relativise un peu les choses quand on fait l’éloge de la lenteur!

Aux types de voyages énoncés dans le livre (l’auteur parle abondamment du divertissement, qui est devenu la norme dans l’industrie touristique, ainsi que de tourisme responsable, tout aussi dommageable en bout de ligne que le «tourisme-tout-court» selon lui), j’ajouterais le tourisme «vitamine D». Combien de Québécois prennent des vacances dans le Sud l’hiver simplement pour s’offrir une dose de chaleur pour les aider à patienter jusqu’au printemps? Même si mon collègue du journal Le Devoir n’était pas d’accord (oui, c’est vrai qu’il peut faire froid en Europe aussi!;-), c’est une tendance qu’on ne peut pas nier.

Je ne m’étendrai pas ici sur l’éternel débat tourisme/vacances/voyage. J’ai l’impression d’avoir tout dit maintes fois sur le sujet. Ce sont trois types de séjours complètement différents, et je crois qu’on peut très bien «swigner des trois bords» (lol). Personnellement, j’assume pleinement ma «touristitude» quand elle se pointe. Je vais aussi parfois me reposer (chose que j’ai énormément de mal à faire, je l’avoue!). Mais quand c’est possible, rien de tel pour moi qu’un voyage sans contrainte, qui permet une réelle perte de repères. Rien de plus merveilleux que se laisser porter par les rencontres, par l’impulsion, par l’instant (soupir). Lire la suite

Des cours à l’étranger

De plus en plus de voyageurs ont envie de vivres des expériences hors du commun en voyage. Si les classiques leçons de langue et de cuisine restent parmi les plus populaires, ils font désormais partie d’une longue liste de cours dispensés aux quatre coins de la planète.

Au début du mois de février, la chaîne Fairmont a annoncé la création de ses «Apprentice-Trips», une «collection innovatrice de forfaits expérimentaux qui aident les invités à acquérir un talent, à améliorer un hobby ou simplement à apprendre quelque chose de nouveau». (…)

À Miami, The Biltmore Hotel’s Culinary Academy ouvre désormais ses cuisines aux plus motivés dans le cadre d’un «Culinary Boot Camp» dirigé par le Chef Philippe Ruiz, qui a reçu maintes distinctions au cours de sa carrière.

La suite sur Canoë

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Les pires pistes d’atterrissage

Certaines pistes d’atterrissage semblent avoir été conçues pour faire sortir de sa torpeur même le plus zen des voyageurs. Liste des endroits où toucher terre peut procurer le plus de frissons selon Travel + Leisure.

1. Paro, au Bhoutan

Perché entre le Tibet, le Sikkim et la plaine du Bengale, le royaume du Bouthan possède une aura de mystère. Mais pour tenter de le percer, il faut d’abord atteindre le sol sans heurt, ce qui semble chaque fois un exploit. Les pilotes doivent effectuer des manœuvres complexes pour parvenir à poser les appareils sur la piste, nargués par les sommets himalayens.

2. Princess Juliana, St. Marteen

La piste d’atterrissage semble se prolonger… dans la mer. Tout aussi impressionnante, la vue des avions qui semblent foncer tout droit sur les vacanciers, depuis la plage Maho. La piste s’étend sur 2180 mètres. Plutôt court considérant la taille des mastodontes qui s’y posent. Plusieurs vidéos donnent des frissons dans le dos, comme celle-ci:

La suite sur Canoë!

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Du mauvais côté de la pièce

Rien à faire. Je ne reconnais pas le quart des artistes qui chantent, mais 25 ans plus tard, la nouvelle version de We are the world me tire encore des larmes.

Comme l’écrivait Cécile Gladel hier, même si nous sommes tous passés à autre chose, il ne faut pas oublier Haïti.

Je ne peux m’empêcher d’avoir également une pensée pour les autres «pays en développement» (quel terme ironique, tout de même – le politically correct a-t-il vraiment sa place dans de tels contextes?). Vous savez, ces points qu’on ose à peine regarder sur la mappemonde parce qu’ils représentent tout ce qui nous fait peur? Violence, malnutrition, corruption, absence d’hygiène, pollution… Ces pays qu’on ignore parce que c’est plus facile.

Parce qu’on se sent coupable de cette chance dont on a jamais conscience à part pendant ces quelques secondes où l’on ose croiser l’insoutenable regard de celui qui s’est retrouvé du mauvais côté de la pièce quand le hasard lui a attribué son lieu de naissance.

J’ai parfois l’impression que la vie a débuté par un grand jeu de «pile ou face». «Nord ou Sud», les jeux sont faits… C’est si facile d’avancer sans regarder autour de soi quand on a gagné le gros lot. Et puis, on a nos problèmes nous aussi, non?…

Il y a un quart de siècle, We are the world a été écrite afin de venir en aide aux gens qui souffraient de la famine en Afrique. La cause reste encore très actuelle. Il ne faut pas oublier ces gens-là non plus, qui se retrouveraient dans la même position que les Haïtiens si une telle catastrophe naturelle survenait chez eux.

Mon but n’est pas de faire la morale à qui que ce soit (après tout, je reviens de Disney World! lol). J’ai seulement l’impression qu’on perd facilement de vue l’essentiel. N’est-ce pas notre responsabilité d’être humain de rester conscient? Conscient de ce qui se passe ailleurs, conscient de notre chance.  Juste ça, c’est déjà énorme.

Oui, croyez-le ou non, il y a des choses pas mal plus graves que la performance de Garou à la cérémonie des Jeux olympiques.