Du journalisme ou du reportage promotionnel?

Gina et moi pendant la Coupe Rogers

On me l’a demandé sur Twitter. Nathalie Collard posait la question hier dans son texte, et à nouveau en soirée sur Facebook. Notre boulot pour Espadrilles et champagne, c’est du journalisme ou du reportage promotionnel? La question est intéressante et pertinente, mais la réponse mérite quelques nuances à mon avis.

D’abord, je vous résume le contexte. Quand Espresso m’a approchée pour ce projet, je crois que c’est mon côté blogueuse et ma polyvalence qui les a d’abord intéressés. Je gagne ma vie comme journaliste et chroniqueuse pigiste en presse écrite et en télévision (et de temps en temps à la radio), mais aussi comme blogueuse pour MSN.ca et chroniqueuse «Choc des cultures» pour Canoë. J’ai réalisé des vidéoreportages à l’étranger. Bonus: je suis comme un petit poisson dans l’eau dès qu’on parle de médias sociaux.

Il y avait également une question de casting. L’orientation de cette année étant les voyages de filles, j’imagine que toutes ces années passées à écrire pour des magazines féminins ont également pesé dans la balance quand est venu le temps pour eux de faire un choix (remarquez, je ne crois pas que l’équipe d’Espresso ait jamais eu mon c.v. entre les mains).

Comme il était important de suivre des filles qui avaient une réelle complicité dans la vie, j’ai passé mentalement un «casting» à toutes mes copines possédant un profil similaire au mien. La cible du projet: les femmes dans la trentaine, la quarantaine et même la cinquantaine. Les créneaux: culture (moi), mode-beauté (???) et gastronomie-vin (???). Le fait d’être journaliste ou pas n’a jamais été un critère en soi. Naturellement, mon choix s’est porté sur des copines journalistes toutes deux reconnues pour leur rigueur. Mais jamais on ne m’a précisé que les deux autres blogueuses DEVAIENT être des journalistes. La beauté de la chose? Mes propositions ont été accueillies dans l’enthousiasme.

Gina lors d'un événement média

Gina est le premier nom qui m’est venu en tête pour la mode et la beauté. Rien de bien surprenant: je l’ai connue alors que je m’occupais de la section «reportages» du magazine Clin d’oeil. Je lui ai commandé son tout premier texte: une virée shopping à Londres. Elle a, depuis, accumulé un bagage impressionnant en faisant sa place dans le monde des jeux vidéos (M. Net, geekette.ca, etc), mais aussi en réalisant de temps à autres des reportages en tourisme, en mode et en beauté. Je la considère aujourd’hui comme une amie précieuse, en plus de l’admirer pour tout ce qu’elle a su accomplir en l’espace de quelques années seulement (imaginez: il y a cinq ans, elle vivait à Londres et n’avait jamais eu l’intention de devenir journaliste!).

La troisième mousquetaire a été plus difficile à trouver. J’ai pensé à Karine, mais sans trop me faire d’illusions puisqu’elle habitait déjà Paris depuis le printemps 2009 et ne savait pas si elle reviendrait ou non au Québec, et encore moins quand. Elle occupait un boulot en télé, lié aux réseaux sociaux et au développement d’une webtélé en France, tout en étant journaliste à la pige pour des médias d’ici. Elle a un background de directrice de projet et de coordonatrice (pour tout vous dire, elle a tellement fait de trucs que je n’arrive pas à résumer son parcours – je sais par contre qu’elle a survécu à plusieurs projets générateurs de cernes… lol). Elle a une joie de vivre naturelle et un humour à toute épreuve. Une vraie bûcheuse. Atout intéressant: elle vient de passer les derniers mois à observer les Français dans leur habitat naturel… Elle a aussi quelque chose que ni Gina, ni moi, ne possédons: un permis de conduire! :-D

Mes deux amies ne se connaissaient pas. J’ai tout de même approché Karine à tout hasard, étant persuadée que la mayonnaise prendrait entre nous trois. Elle a été emballée par l’idée. Elle est revenue à Montréal au début du mois de mars.

Avec ma fille et Karine à Paris

La mayonnaise a pris.

Donc, allons-nous faire du journalisme ou du reportage promotionnel? Ni l’un ni l’autre!

Nous sommes toutes trois des journalistes à la pige. Ce fait ne changera pas. Mais pour moi, aller bloguer en France, toutes dépenses payées et avec un salaire, n’est pas du journalisme. Ce projet est beaucoup plus près du récit de voyage. Si nous partions faire une émission de télé, nous serions des animatrices. On nous demande d’être nous-mêmes et de raconter nos aventures à notre manière. Informer, oui, mais à travers nos filtres bien personnels. D’ailleurs, je songe déjà à un éventuel livre qui pourrait s’inspirer de notre aventure… ;-)

Par contre, je ne nous vois pas non plus comme des véhicules promotionnels. Je ne suis pas comédienne. Je suis moi… et ce moi gagne sa vie comme journaliste à la pige. Vous me suivez?

C’est clairement une opération promo pour Atout France. Mais nous écrirons des billets et réaliserons des vidéos sur des choses que nous aurons choisies, et en direct. Pas ici question de reportages de fond. Est-ce que je ferai la promo de ce que je verrai? Par la bande, oui. Mais ne le faisons-nous pas déjà comme journaliste quand nous mentionnons ceci ou cela dans un texte? Si je suis invitée par un office de tourisme et fais le compte-rendu de mes découvertes dans un reportage ensuite publié dans un grand média, le qualifie-t-on automatiquement de «promotionnel»?

Nous sommes dans une époque «hybride». C’est également ainsi que je me perçois. Le côté négatif à cela: on range plus difficilement les gens dans les cases. Idem pour les titres.

Récemment, je disais à des copines à quel point je me sentais glisser du journalisme classique vers une forme d’écriture beaucoup plus libre. Je «chronique» et blogue plus que je réalise des reportages depuis quelques mois. J’écris des livres. J’explore. Je me permets de sortir des carcans. Je prends plaisir à repousser mes propres frontières. Et étonnamment, je n’ai jamais reçu autant de propositions de contrats.

Est-ce que cela change quoi que ce soit à mon sens de l’éthique? Je ne crois pas. Après avoir passé quelques années dans le monde des magazines féminins, où la publicité flirte allègrement avec le contenu, je me sens plus libre aujourd’hui qu’à aucun autre moment de ma vie professionnelle. Les règles que je suis sont les miennes. Elles sont basées sur mes valeurs profondes et mon bagage. Je prétends avoir le recul nécessaire, seize ans après mes débuts dans le monde des communications, pour faire la part des choses. Je suis consciente que la ligne est ténue et le mélange des genres, dangereux. Mais vous savez quoi? Je pense que je m’en fiche un peu.

Je suis journaliste… mais pas que journaliste.

Je suis d’abord indépendante, peu importe l’étiquette qu’on m’accole.

Et je compte bien m’éclater à fond pendant ce voyage! :-)

Sur le même sujet:

Attention les Français, on arriiiive!

Suite à l’article de La Presse

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25 réflexions sur “Du journalisme ou du reportage promotionnel?

  1. Belle analyse. C’est certain que la question se pose. On pourrait dire la même chose d’un chroniqueur. Il choisit ses sujets et émet des commentaires personnels.

    J’aime surtout les dernières phrases.

    Bon voyage!

  2. Je suis certaine que vous ferez un trio bien assorti! Et puis promotionnel ou pas, le concept est trippant. Tu n’as pas eu la deuxième meilleure job au monde mais c’est un peu la troisième meilleure job au monde cette job pas tout à fait comme les autres…

  3. @Étienne: Merci!
    @Etolane: Si j’avais eu la «deuxième meilleure job au monde», là, je t’avoue que je me serais posé pas mal de questions (surtout que ma participation n’avait tellement rien de sérieux au départ!) Cela dit, ce genre de contrat est vraiment pour moi LE meilleur job au monde! ;-)

  4. Tout à fait! Et c’est pour cela que je sais que tu excelleras! :) Et puis, tu te fais un peu pionnière de cette nouvelle économie numérique. Après le papier, le Web…

  5. Je me permets de copier/coller ce que j’écrivais sur le statut Facebook de Nathalie Collard:

    «Nous avons toutes les trois une éthique et une intégrité très fortes. Nous avons tout fait pour s’assurer de se sentir à l’aise dans ce projet. Dès le départ, Marie-Julie a demandé que ce soit en temps réel pour plus de spontanéité. Puis, elle a demandé qu’on puisse choisir nos adresses/arrêts/visites/restaurants/etc. On ne voulait pas être accompagnées comme dans les voyages touristiques et on ne voulait surtout pas se faire obliger des lieux, des endroits. On en a parlé en meeting avec eux. Nous nous sommes ainsi nous-mêmes créées de la job supplémentaire puisque ça nous oblige une super grosse recherche pré-départ pas payée. Mais nous irons où nous avons envie, dans des endroits qui nous ressemble et où on a vraiment envie d’aller.
    Pour avoir fait beaucoup de "travel writing", je ne vois pas du tout en quoi ce projet serait davantage du reportage promotionnel. Nous n’aurions pas accepté si ça avait été le cas. J’ai personnellement refusé bien des contrats payants provenant de compagnies parce que je sentais que mon intégrité serait difficile à respecter. Je suis certaine que c’est arrivé à Marie-Julie et Karine aussi.
    Comme dirait Marie-Julie, c’est plus du récit
    touristique. On ne va pas jouer nos journalistes critiques, on va raconter nos aventures. Des aventures que nous nous affairons à préparer comme bon nous semble.
    Bon, je dois m’arrêter, j’ai de la recherche à terminer pour mon meeting avec les 2 autres filles! … ;)»

    J’ajouterais à ça que dans mes débuts, pour gagner ma croûte, j’ai accepté un contrat de rédaction de publireportages. Je connais donc bien la différence! Je n’ai pas été capable d’en faire plus que 3, j’ai arrêté. Je détestais. Je devais faire approuver le texte et les citations. Tout devait être écrit pour la vente. Je devais comprendre ce que le proprio voulait dire et transmettre sa parole. Ça ne me ressemblait pas, je n’avais aucune motivation. Il y en a un que j’ai même refusé d’écrire car je n’étais pas en accord avec ce que j’écrivais. Je me suis enlevée un contrat payant, mais je me sentais mieux.

    Dans ce projet, je n’aurai pas besoin de faire approuver ce que je fais, je serai moi. Je raconterai ce que je perçois avec mes yeux. Les yeux d’une fille de 31 ans qui a peur de ne pas avoir le temps de découvrir toutes les beautés/cultures du monde.
    Vive les petits plaisirs quotidiens intéressants qui enrichissent notre vie :)
    Et si je suis une personne qui m’exclame parfois pour des trucs simples/anodins ou autres, ce n’est pas de ma faute ;)
    Et avec Karine et Marie-Julie, c’est comme ça, le courant passe et on s’exclame!!!!!

  6. Il est en effet très pertinent de réfléchir à tout cela avant de partir (puisque vous avez encore un peu de temps) que de se retrouver impuissantes et inconfortables sur le terrain. Amusez-vous ! C’est le plus important. Isa et Nico xxx
    (….qui gardons d’excellents souvenirs de l’an 1 d’Espadrilles et Champagnem malgré certains ajustements en cours de route :-)…)

  7. Aucune inquiétude pour vous les filles. Je me demande même pourquoi on vous pose ces questions.
    Depuis des années dans le milieu du journalisme, je ne compte plus le nombre de fois où un rédacteur en chef m’a retourné un texte qu’il avait envoyé au directeur d’un endroit dont je parlais. Comme le directeur en question trouvait que je n’avais pas suffisamment vanté le lieu, il réécrivait le texte selon ses critères. Et, bien entendu, pour s’assurer qu’il acheterait la pub, on prenait son texte et on m’avisait du changement par voie de courriel. Que faire ?
    On m’a aussi souvent appelé pour ajouter un endroit (même si je ne le connaissais pas) parce que les gens avaient payé pub et, plus souvent qu’autrement, on a fait disparaître certains paragraphes (quand ce n’est pas un texte entier ce qui est arrivé à Noël dernier) parce que les propriétaires de ces endroits n’avaient pas acheté de pub.
    Il ne faudrait pas s’imaginer que ce que je raconte n’est arrivé que dans de petits magazines sans envergure. Loin de là.

  8. L’important dans tout ce que tu viens de dire est de bien souligner que c’est vous qui avez choisi vos adresses et vos endroits à découvrir. Vous n’êtes pas accompagnées d’un guide de la compagnie et vos trois caractères vont se mélanger et offrir des points de vus différents.

    Oui cette aventure est commandée par une compagnie, mais elle t’a choisi pour voir ta couleur et tes idées. Ce n’est pas un publi-reportage que vous faites, c’est une expérience d’un mois.

  9. Bravo! Ta réflexion est lucide, honnête et surtout, sans prétention. Pour avoir vécu quelques "tours opérateurs", au moins avec le Web la mécanique promotionnelle est exposée au grand jour. Vous serez de splendides animatrices des médias sociaux pour ceux qui veulent en savoir plus sur la France et nous comptons sur vous pour nous pointer vos découvertes, comme les trucs à éviter… Bon voyage!

  10. Marie-Ju, ce qui rendra votre périple et vos récits intéressants c’est justement qu’ils seront le reflet de vos personnalités. Le trio que vous faites ne peut que provoquer une explosion de bonheur au visionnement et à la lecture! Alors moi j’embarque à fond et j’ai bien hâte de vivre par procuration vos prochaines aventures, avant d’aller en vivre de mon côté par la suite. :-)

  11. Les filles, vous résumez ma pensée! C’est vrai que j’ai fait pas mal de trucs dont la diversité n’a d’égal que mon enthousiasme pour chacun d’entre eux depuis que je nage dans le milieu des médias et du Web.

    Mais tous ces projets, tous ces postes occupés, aussi distincts soient-ils les uns des autres avaient tous trois points communs:
    1- Je gérais mon boulot en toute liberté
    2- J’avais mon mot à dire sur les pubs et commandites qui touchaient mes projets (j’y pense là… personne ne m’a jamais proposé une commandite de cache-cernes sur mes projets… Ça aurait été tellement pertinent! ;))))
    3- Je tripais au max. J’avais du fun même dans les deadlines LOL

    Je pourrais même dire 4- j’ai toujours eu la chance de travailler avec des équipes super motivées et tripantes à souhait.

    Ce projet-ci a exactement les mêmes caractéristiques. Avec un p’tit plus: il sera agréablement arrosé de champagne ;-)

    J’ajouterais que je viens de passer la dernière année à vivre et voyager en France et dans les pays avoisinants. J’ai préparé chacun de mes voyages comme je le fais pour celui-ci et j’ai raconté mes expérience en mots et en photos sur mon blogue, pour le simple plaisir de le partager. Parce que j’ai eu du plaisir. Plein de plaisir. En grande partie parce que c’est dans ma nature d’avoir du plaisir. Mais aussi parce que c’était dans la nature de la France (et des autres pays) de m’offrir pleins de plaisirs sur un plateau d’argent! En un an de bourlingage à droite, à gauche et haut et en bas, je n’ai été déçue qu’une seule fois par une chambre d’hôtel bruyante. Et les gens de la réception se sont empressés de nous déménager (pour le mieux!) la nuit suivante. Alors à moins que Murphy ne s’en mêle et ne s’emmèle, difficile d’imaginer un scénario différent au cours de nos trois semaines (de gros boulot, de grands bonheurs et de p’tites folies)!

    Et comme le dit Gina, on est des filles qui préférons voir le verre (de champagne… oui je fais une fixation!) à moitié plein qu’à moitié vide et qui en apprécions chaque gorgées. Alors notre but, c’est de vivre de nombreuses aventures (juste à l’idée de 3 filles qui parcourent la France en voiture, avouez que le mot «aventures» prend tout son sens!) et de vous les faire vivre à travers nos yeux et notre plume. Sans plus. Aventure. Expérience. Récit. Autobiographie. Carnet. Peu importe qu’il y ait un mot juste ou non, ce qui est sûr c’est que ce sera drôle, enrichissant, engraissant (!) et plein de rebondissements!

  12. @Gina @MiiiiissK: On fait vraiment une super-équipe! :-)
    @Isabelle Marjorie: Merci! Effectivement, vive les situations claires.
    @lisegiguere: Merci Lise! Effectivement, on en voit des vertes et des pas mûres dans ce milieu…
    @Sophie: Merci! Nous ferons affaires avec des guides sur place, mais parce que nous en faisons la demande pour certaines portions du voyage.
    @indigonat: Méga-merci pour ton soutien! :-)

  13. Je pense que vous ne devez pas du tout vous justifier, mais alors là pas du tout. Quand on sait que la plupart des journalistes des médias traditionnels sont invités par un office de tourisme pour faire leur reportage ! La même question pourrait se poser. Journalisme ou reportage promotionnel?
    Il y a pour vous autre chose : le récit de vos flâneries, de vos rires, de vos plaisirs, de vos zigzag et peut-être de vos gaffes. Restez spontanées.
    Bulles et macarons à vous trois!

  14. @Jean-Pierre Danvoye: Merci! La question méritait réflexion. Je pense aussi qu’elle était inévitable. Alors j’ai préféré désamorcer maintenant qu’en plein coeur du projet… Car pendant le voyage, la priorité sera aux rires, aux bulles et aux macarons!!! ;-)

  15. Pour moi, vous n’avez pas besoin de vous justifier. J’ai lu les aventures d’Isabelle et de Nicolas l’an dernier et j’ai beaucoup apprécié.
    Je crois que vous êtes beaucoup exposée devant vos pairs avec FB , Twitter etc et qu’ils vous jugent. Tant qu’à moi, je suis plus mal à l’aise avec les reportages de La Presse-Voyages toutes dépenses payées.
    Nous (les lecteurs ) on a hâte de vous lire. L’important c’est que vous aimez toutes les 3 la France et que vous nous le partagiez!!
    C’est beaucoup de travail quand même ce voyage .
    Bonne chance et au plaisir de vous lire…

  16. oups!! Mon message ressemble au précédent que je viens de lire..
    Communauté de pensées …donc on est plusieurs à avoir le même point de vue.

  17. Votre projet à toutes trois est emballant. vous n’avez même pas besoin de vous justifier! Ce que vous ferez EST du journalisme, et non pas de la promotion!!! De toute façon, TOUT est promotion, dès que l’on ouvre la bouche sur quelque chose. J’ai fait beaucoup de reportages-voyage q

  18. Votre projet à toutes trois est emballant. Vous n’avez même pas besoin de vous justifier! Ce que vous faites EST du journalisme, et non pas de la promotion!!! De toute façon, TOUT est promotion, dès que l’on ouvre la bouche sur quelque chose. J’ai fait beaucoup de reportages-voyage publiés dans différents magazines et journaux – La Presse, Madame, Le bel âge, etc- Mes déplacements en avion et mes séjours dans des hôtels 4 étoiles étaient défrayés par Air France, l’Office du tourisme français, allemand , italien ou suisse… Mais cela ne voulait pas dire que je devais ramper devant mes "payeurs" et louanger à tout prix les sites que je visitais. Je connais Karine: elle est solide, sensible, intelligente, originale, délicate et forte à la fois, et possède une vaste expérience de voyageuse et… d’humaine. Se joindre à elle pour un tel projet, c’est partir gagnante! Allez, que le vent vous porte, mes chéries!
    Simone Piuze, écrivaine et journaliste (450.756.2595)

  19. Pour des milliers de voyageuses, vous serez un repère appréciable et inestimable. Pour des milliers de lecteurs, vous serez un réel divertissement. Et tant pis pour ceux qui pensent autrement! Le monde change, évolue. Je disais justement hier à ma fille de 11 ans qu’elle a de la chance parce que plus tard, elle pourra faire 4 ou 5 métiers en même temps… Bravo les filles! Allez-y, on vous suit!

  20. Je me lève tous les jours en saluant notre époque et les choix qu’elle nous offre. Bravo de l’embrasser et d’ainsi partager. Je vous suivrai avec grand plaisir!

  21. Bravo Marie-Julie ! Et merci d’avoir soulevé le sujet sur ton propre blog !

    Peut-être te souviens-tu que j’avais déjà publié un article sur mon blog en avril 2008 au sujet de la publicité et des voyages sponsorisés ou non, et tu avais posté un commentaire en disant entre autres : "je tente donc d’être le plus objective possible, considérant le fait que ces voyages sont généralement conçus pour nous faire voir le plus beau…". Et tu me félicitais d’avoir la chance d’être sollicitée pour voyager. C’était donc il y a deux ans, et c’est à lire ici (si tu permets que j’indique le lien) :
    http://www.unmondeailleurs.net/journaliste-et-sur-mon-blog-aussi…/

    Quelques mois plus tard tu partais à ton tour pour ton premier voyage sponsorisé, et j’avais lu tes récits avec beaucoup de plaisir.

    Depuis, les blogs et les mentalités évoluent, et c’est tant mieux : les lecteurs ont aussi découvert que les magazines de voyage (presse, radio ou télé) n’écrivent que parce qu’ils ont été invités à se rendre ici ou là. Normal ! Et cela ne troublait personne. Par contre le fait qu’un blogueur (présumé indépendant dans le ton et financièrement sans doute) soit invité pour écrire choque encore parfois ; et nous voici obligées de justifier d’accepter de l’aide ou un soutien logistique pour continuer à écrire. Pourtant il faut aussi souligner que si nous sommes invitées c’est parce que nous fournissons un travail considérable pour une audience croissante…

    Je découvre ton prochain projet de voyage avec plaisir, et je suis vraiment heureuse de lire que les 3 blogueuses que vous êtes vont – en plus – être rémunérées pour raconter leur voyage. C’est, de mon point de vue, juste une reconnaissance du travail effectué, travail qui sera je n’en doute pas libre et objectif selon tes propres ressentis. Comme tu le soulignes ici et dans ton article précédent, ce n’est pas parce qu’on est invitée à se rendre quelque part pour découvrir et en parler qu’on en parle forcément en bien. De mon côté, lorsque quelque chose ne me plaît pas… je n’en parle pas ! Ou bien c’est que je suis en colère (mais ça m’arrive rarement).

    Je voyage depuis toujours, et je blogue depuis mars 2005, racontant chaque semaine tous mes voyages autour du monde, tu le sais. J’ai aussi publié des articles pour la presse papier, et pour le web, en étant rémunérée pour le faire. La seule différence que je vois entre écrire sur les voyages pour la presse papier et pour mon blog c’est la rémunération : sur mon blog, je ne suis pas payée pour le faire, et c’est bien dommage. En participant aussi à certains voyages de presse avec des journalistes depuis deux ans, je me dis qu’il y a là une petite injustice. Je fais le même travail, et j’en fais d’ailleurs souvent plus : là où un journaliste "normal" cherche matière à UN article qui lui est commandé et pour lequel il sera payé, nous blogueurs sommes constamment en quête de matière, pour plusieurs articles et sans autre souci que celui de remercier l’organisme qui nous a fait confiance.

    Ensuite reste à débattre sur le thème "journaliste", les blogueurs sont-ils des journalistes ?… Pour ma part, et sans avoir la grosse tête, je crois que oui d’une certaine manière puisque nous renvoyons de l’information avec notre liberté d’expression et un ton différent qui touche aujourd’hui davantage les lecteurs qu’un discours plus ou moins formaté par la presse. Et je rejoins ton discours ici.

    Bref, je suivrai tes aventures en France avec d’autant de plaisir que nous partageons bien des points communs, toi de l’autre côté de l’Atlantique et moi ici en France. Pourtant…

    Pourtant je suis bel et bien coincée comme toi en Europe alors que je suis supposée partir demain lundi pour… les Bahamas. En effet, et pour la première fois, l’office de tourisme des Bahamas invite une blogueuse à partir pour les Bahamas et à raconter son voyage et ses découvertes, au jour le jour ! Euh… non rémunérée en ce qui me concerne, j’ai moins de chance que vous ! :-)

    Alors j’espère que le volcan islandais va se calmer très vite pour que nous puissions travailler toutes les deux, chacune sur notre continent !

    Good luck Marie-Julie :-)

  22. @Un Monde Ailleurs: Merci pour ton commentaire! Je me souviens effectivement que tu avais déjà abordé la question. On a eu pas mal de débats au Québec récemment à propos des journalistes vs blogueurs (en fait, pas que récemment, mais certains sujets d’actualité ont ramené cette sempiternelle question).

    Personnellement, c’est un débat dont un je suis un peu lasse. Pour moi, un blogueur n’est pas un journaliste, même si certains blogueurs font du meilleur boulot que bien des journalistes! De la même manière, certains journalistes font de bien piètres blogueurs (et je ne parle même pas de leur utilisation de Twitter et Facebook!).

    Je pense que nous sommes à une époque où chacun établit sa crédibilité. À l’ère du «personnal branding», le nom de la personne qui écrit est souvent aussi (sinon plus) important que le média dans lequel elle est publiée. Pour les pigistes – peu importe qu’ils se définissent comme blogueur ou comme journaliste – c’est primordial. On vit de nos succès ET de cette crédibilité qu’on travaille à obtenir et à garder. Je pense aussi que la manière de faire du journalisme évolue. Mais cela ne change en rien les règles d’éthique qu’on s’évertue à suivre.

    Dans le cas du projet Espadrilles et champagne, c’est clairement une campagne promotionnelle d’Atout France, comme je l’indiquais dans mon billet. Si on est payées, c’est simplement parce qu’on «vend» nos écrits et nos vidéos, de la même manière qu’on le ferait si on partait en voyage de presse pour un autre média. Dans ce cas-ci, le média est le blogue produit par Atout France. Pour moi, il n’y a aucune différence dans la manière de travailler. Naturellement, on ne fait pas exprès, comme journaliste invité, de souligner à grands traits les choses qui nous ont moins emballées (surtout quand d’autres nous ont, au contraire, tellement plues!). Ma façon de travailler et mon éthique seront les mêmes. La particularité de ce projet est qu’on nous demande de présenter les choses à notre manière, façon récit. L’aventure m’enthousiasme particulièrement parce qu’elle fait davantage appel à la blogueuse (et à l’auteure) en moi qu’à la journaliste. Mais les règles restent pour moi les mêmes… C’est à chacun de fixer ses balises. Ça, ça n’a rien à voir avec le titre à mon avis.

    Je trouve vraiment encourageant qu’une blogueuse soit invitée à prendre part à un voyage de presse! Avec mon blogue EnTransit.ca, je commence à pouvoir voyager autrement que pour des reportages dans de grands médias, mais ce n’est pas gagné (généralement, je publie un reportage en plus de mes billets quand je suis invitée quelque part – tu l’as dit, on ne peut pas encore vivre de nos blogues). Comme accro du Web, je sais très bien qu’un billet a, en bout de ligne, souvent un impact plus grand qu’un article publié dans un journal. De plus, on publie généralement plusieurs billets sur une même destination, ce qui multiplie les chances de rejoindre les internautes qui font des recherches sur une destination donnée.

    Je ne compte plus les témoignages de gens qui m’écrivent pour me remercier de les avoir aiguillés vers tel ou tel lieu. Avec les blogues, on développe une «relation» avec les lecteurs. La confiance (ou crédibilité) se tisse peu à peu. Et ça, c’est vraiment précieux. C’est pour cette raison que la transparence est si importante à mes yeux.

    En tout cas, j’espère vraiment que tu pourras partir lundi! J’ai très hâte de lire le récit de tes aventures aux Bahamas! :-)

  23. Vraiment d’accord avec toi Marie-Julie, et c’est encourageant pour moi de lire que même au Canada, de l’autre côté de l’Atlantique, nous vivons les mêmes circonstances de travail et les mêmes difficultés parfois.

    Mais j’aime bloguer, j’aime vraiment ce contact avec les lecteurs et si j’ai de moins en moins le temps de répondre personnellement aux (trop nombreux) e-mails que m’envoient les lecteurs pour me demander des conseils personnalisés, j’essaie de faire au mieux – comme toi – en les orientant au moins globalement à travers mes articles sur mon blog.

    A noter aussi que les prestataires font de plus en plus confiance aux blogueurs, c’est une évolution positive !

    PS : pas de départ pour moi demain pour les Bahamas, l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle est maintenu fermé jusqu’à mardi matin (pour l’instant)… Mais je ne m’avoue pas battue, je cherche une autre solution pour partir !

    J’espère que tu apprécieras ton voyage-blog en France, dommage que je ne sois pas sur Paris aux mêmes dates pour te rencontrer ! :-)

  24. Ping : Une blogueuse voyage part aux Bahamas pour l'Office de Tourisme des Bahamas | Un Monde Ailleurs

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