Les bars cachés de Hong Kong

«Non! Pas de photo!» La fille magnifique qui vient de mettre sa main devant ma lentille est une top-modèle mi-française, mi-hongkongaise dont j’ai oublié le nom. La scène que je m’apprêtais à croquer n’avait pourtant rien de compromettant. Un couple enlacé dans un bar, quoi de plus banal?

Nous sommes en 2005, avant Facebook et Twitter. Quelques verres après l’incident, la jeune femme me raconte ses récents déboires avec des paparazzis (personne d’autres ne comprend le français dans les parages).  Sa liaison avec le bellâtre italien doit rester secrète…

L’endroit dans lequel je viens de pénétrer aussi, d’ailleurs. Je me suis retrouvée dans ce club privé, caché dans l’une des multiples alleys de la ville (impossible à retrouver sans guide), suite à l’invitation d’une jeune designer avec qui j’ai fraternisé un peu plus tôt ce jour-là. Autour de moi, des fils à papa qui jouent à «qui est le plus cool», des gens de l’industrie de la mode, des hommes d’affaires (bien qu’ils aient tous l’air d’avoir moins de 25 ans).

J’ai, ce soir-là, l’impression d’assister à la représentation parfaitement rodée d’un spectacle quotidien mettant en vedette de jeunes richards à la fois blasés et fiers d’être «eux». Le Hong Kong découvert cette nuit-là est à des années-lumières de celui entrevue dans les films dont je me délectais depuis des années. Rien à voir non plus avec les marchés traditionnels visités plus tôt. Légèreté, insouciance et poudre aux yeux: voilà ce qui me vient d’abord à l’esprit quand je repense à cette nuit-là.

J’ai rangé mon appareil photo et j’ai profité du spectacle. J’ai tendu l’oreille. La fille croisée à mon arrivée m’a raconté les dessous du milieu du mannequinat à Hong Kong, plus ouvert à ses traits métissés que celui de la France selon son expérience.  Une maquilleuse au coeur brisé m’a narré, la larme à l’oeil, sa dernière histoire d’amour. J’ai regardé les fils à papa jouer aux coqs.

Et je me suis dit qu’au fond, j’aurais pu être n’importe où.

L’article qui m’a inspiré ce billet: Hong Kong’s secret nightlife spots (BBC Travel). La photo du Jaa Bar qui se trouve ci-haut – non, ce n’est pas là où je suis allée – provient aussi de cet article. Je m’étais rendue à Hong Kong, à ce moment, pour couvrir le festival du shopping pour un magazine de mode… (Oui, j’ai eu plusieurs vies!)

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Le vent dans les voiles… et dans les rails

Le train à crémaillère qui part de la Petite Scheidegg pour monter au Jungfraujoch a été inauguré en 1912. Un trajet d’environ neuf kilomètres qui nous conduit sur le toit de l’Europe!

Des frissons. J’avais des frissons en écoutant François Bugingo parler de mon moyen de transport préféré à l’émission Le vent dans les voiles, diffusée tous les dimanches de l’été à la Première chaîne de Radio-Canada. «Tous les trains ont leur propre magie», a lancé le journaliste à Philippe Desrosiers, animateur de l’émission. Bien d’accord, même si je n’irais pas jusqu’à dire que je ne sens plus les odeurs après plusieurs heures de promiscuité.

Vous pouvez l’entendre ici et, accessoirement, écouter ma chronique (en fin d’émission). ;-) Vous entendrez aussi les voix d’Isabelle Chagnon, de Frédérick Lavoie et de Marco Fortier (j’avais par moments l’impression de m’entendre en écoutant ce dernier).

Il y a tant à dire sur les trains! Les Japonais qui s’endorment sitôt les fesses posées sur le banc, les wagons remplis de touristes en Thaïlande, la beauté des Cinque Terre, en Italie, qu’on découvre idéalement par la voie ferrée, le train à crémaillère pour atteindre la plus haute gare d’Europe, le Jungfraujoch, les villages accessibles seulement en train, en Suisse, le contraste entre les TGV et les trains traditionnels en Asie… Et oui, comme le dit Isabelle, prendre le train au Canada permet de découvrir le pays de manière plus «intime».

Ai-je besoin d’ajouter une énième fois que j’ai hâte à mon prochain voyage?

Quelques billets que j’ai rédigés sur les voyages en train:

Toronto-Vancouver en train

L’Ouest canadien à bord du Rocky Mountaineer

Charlevoix en train

En route pour Charlevoix

En route pour le Jungfrau

Balade à Mürren

Les voyages mythiques en train

D’un train à l’autre

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Tokyo vu par Garance Doré

Coup de coeur pour cette vidéo réalisée par la blogueuse mode Garance Doré à Tokyo et mise en ligne en mai dernier (je sais, je suis en retard!). On y aperçoit la fashionista transformer un sac Lady Dior au fil des découvertes et des rencontres, afin d’en faire le souvenir de voyage ultime. Même si elle se limite au circuit touristique classique, j’adore!

(Via @Karine Vanasse sur Twitter ce matin)

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Médium Large – la suite

Ce matin, j’étais à l’émission Médium Large de la Première Chaîne de Radio-Canada avec Paul Arsenault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat, directeur du Réseau de veille en tourisme et professeur en gestion des entreprises et des organismes touristiques, pour parler de tourisme de misère, de tourisme sombre et de tourisme religieux. En complément d’info, je partagerai simplement quelques réflexions.

Tourisme de misère: d’abord, voici l’article auquel je fais référence dans la chronique. J’ai beaucoup aimé suivre la journaliste dans ses questionnements et ses pistes de réponses. Pour moi, ce type de tourisme soulève forcément un débat éthique. Mais si, comme l’expliquait Paul Arsenault pendant la discussion, les retombées sont positives pour les communautés, pourquoi pas? Je doute par contre qu’elles le soient toujours… Et j’ai encore du mal à trancher quand vient le temps de prendre position, même après quelques années de réflexion sur le sujet.

En 2010, j’ai fait une chronique sur ce type de tourisme à la Première Chaîne. Mes notes sont ici.

Tourisme sombre: je ne suis pas naturellement attirée par ce type de tourisme. Visiter un cimetière? Beaucoup moins palpitant pour moi qu’aller prendre le pouls d’une ville bien vivante! Par contre, je pense que quand on s’intéresse à un peuple, pour essayer de mieux le comprendre, il est nécessaire de chercher les raisons de ses cicatrices plutôt que de faire semblant qu’elles n’existent pas. C’est pour cette raison que j’ai regretté de ne pas m’être rendue sur les lieux marquants du génocide cambodgien lors de mon séjour au pays en 2002.  Cela ne m’a toutefois pas empêchée de poursuivre les lectures et réflexions à mon retour.

Un article de la section Le Plus du Nouvel Observateur qui a retenu mon attention: Le génocide khmer vu par une touriste. Aussi: une analyse sur le tourisme sombre du Réseau de veille.

Tourisme religieux: je lançais à la blague que j’avais l’impression que la moitié de mes amis Facebook s’étaient rendus soit dans un monastère, soit dans un ashram au cours des dernières années. J’exagérais, bien sûr, mais il est vrai qu’on entend de plus en plus parler de ces retraites. Étaient-elles simplement cachées auparavant parce que moins bien vues? Des livres/films comme Eat, pray, love ont-ils donné envie aux gens d’explorer leur spiritualité? Ont-ils plutôt permis aux adeptes de sortir du placard? La grande popularité du yoga a-t-elle donné envie aux gens de poursuivre leur quête spirituelle? Simple effet de mode ou vague de fond?… Difficile de répondre à ces questions. Chose certaine, le tourisme religieux au sens large est en forte croissance, comme en témoigne cette analyse du Réseau de veille en tourisme.

MÀJ 28 juillet: Quand je parlais de sites qui permettent de mieux comprendre l’impact du génocide au Cambodge, je ne parlais bien sûr pas de ça.

Pour entendre la chronique, par ici.

Aussi: chronique de la semaine dernière sur les mauvais touristes.

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Nus, culottés et franchement sympas

Ils s’appellent Nans et Mouts et sont nomades dans l’âme. Après avoir coécrit avec la Québécoise Anik-Marie Bouchard  et le Français Guillaume Charroin La bible du grand voyageur, qui sera publié chez Lonely Planet en août, Nans eu envie de démontrer concrètement comment il est possible de voir du pays avec les moyens présentés dans le livre. Le timing était parfait pour Mouts, qui revenait d’un an de voyage en stop du Brésil au Canada, suivis de six mois d’études en Suède, puis de trois mois au Québec et trois mois au Costa Rica.

Tant qu’à illustrer, ils y sont allés à fond: ils débutent et terminent chaque émission… nus. L’idée n’est pas seulement accrocheuse, elle vise à démontrer qu’il est encore possible de compter sur la générosité des gens.  Ainsi, au fil des rencontres, ils arrivent à se vêtir, à se déplacer (auto-stop, bateau-stop, avion-stop…) et à se loger. Ils dorment tantôt chez des gens qui leur offrent l’hospitalité, tantôt dans des abris de fortune.

Pour avoir mijoté des tas de concepts télés sur les voyages, je suis bien placée pour savoir qu’il ne suffit pas d’avoir de bonnes idées pour qu’elles se retrouvent au petit écran. C’est pourquoi j’étais bien intriguée par le parcours de Nans et Mouts. Et tellement heureuse de voir un projet du genre aboutir!

Après avoir réalisé une première entrevue avec le duo pour le blogue de TV5 (la série a été présentée au Canada avant de l’être en France - avis aux Français, le premiers épisode est… aujourd’hui!), je n’ai pas pu m’empêcher de leur poser des questions supplémentaires sur les coulisses de leur projet.

Les deux entrevues sont ici:

Dix questions à Nans et Mouts de Nus et culottés

Dans les coulisses de Nus et culottés

Perso, j’espère les revoir à l’écran le plus rapidement possible. On s’attache à ces petites bêtes-là! ;-)

Bon succès sur France 5 les gars!

P.S.1: Oui, il y aura des rediffusions sur TV5, mais on ne sait pas encore quand pour l’instant. Et non, on ne pourra pas voir les épisodes en ligne…

P.S. 2: Merci à Anik-Marie, alias Globe-stoppeuse, de m’avoir mise en contact avec le tandem, et à Nans et Mouts d’avoir pris le temps de répondre à mes (nombreuses) questions!

MÀJ 7 mars 2013: Je viens d’apprendre que Nus et culottés est maintenant disponible sur Tou.tv! Par ici.

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Virée spas à Vancouver

Est-ce à cause des magnifiques montagnes qui encerclent la ville? De l’océan, que je peux scruter pendant des heures sans me lasser? De ses parcs? Des nombreux souvenirs que j’y ai tricotés au fil des ans? Difficile d’expliquer pourquoi Vancouver a cet effet apaisant sur moi.

Même en plein centre-ville, j’ai l’impression de respirer plus profondément. Les sommets environnants me rassurent comme la poitrine d’un vieil ami contre laquelle on peut toujours se blottir. Même glaciale, la mer me donne envie de me laisser porter par sa musique. Les idées coulent, le cœur se réchauffe et l’air salin semble pénétrer plus facilement dans mes poumons. J’inspire. J’expire… Je décroche.

Pourtant, je sais bien que rien n’est parfait. Qu’au-delà des gratte-ciel et des espaces verts la misère gangrène des coins de mon paradis. Comment oublier le Downtown Eastside, surnommé «le code postal le plus pauvre du Canada», et dont les médias du monde entier ont abondamment parlé pendant les Jeux olympiques?

Malgré tout, Vancouver continue de m’apparaître comme le juste milieu entre la ville et la campagne. Assez grise, parfaitement verte. Une ville où le sport et le bien-être s’intègrent au mode de vie sans même qu’on le réalise. Est-ce pour cela qu’on y trouve autant de spas de qualité?

Au cours des derniers mois, je me suis posée dans quatre d’entre eux. Des moments où le temps s’est suspendu comme autant de parenthèses dans le récit rocambolesque de mes aventures aux quatre coins du monde.

Mes impressions. Lire la suite

12 secondes aux Îles de la Madeleine

Besoin d’une pause? Arrêtez tout… pendant 12 secondes.

À découvrir également: 10 raisons de visiter les Îles de la MadeleineDe Montréal aux Îles de la MadeleineCap sur les Îles de la Madeleine!La vie à bordEscale aux Îles de la Madeleine et Excursion à l’île d’Entrée.

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10 raisons de visiter les Îles de la Madeleine

Il suffit de les évoquer pour voir les yeux de ceux qui les ont déjà visitées se perdre dans le vague. Les Îles de la Madeleine envoûtent dès les premiers instants. Est-ce à cause de l’air salin? Du vent qui fouette le visage et nous rafraîchit même quand le mercure affiche des records? Du trajet qu’il faut effectuer pour toucher leur sol, qui facilite le décrochage? Sûrement toutes ces réponses. Et plusieurs autres aussi…

1- Les plages

Difficile de les oublier, elles sont bien en évidence dans tous les dépliants touristiques. Et avec raison! Chacune a son charme. Celle de la Dune du Sud, à Havre-aux-Maisons, est sans contredit l’une des plus photogéniques. Les falaises découpent magnifiquement le paysage.

Canadian Geographic a choisi la Grande Échouerie pour son top 25 des plus belles plages du pays. Immense, la longue bande de sable permet même parfois d’apercevoir des phoques quand on se rend tout au bout.

Celle de la Martinique, entre Cap-aux-Meules et Havre-Aubert, est reconnue pour ses eaux plus chaudes, alors que Pointe-au-loup, quasi-déserte, séduit avec ses eaux limpides, mais terrifie les parents à cause de ses courants.

Seuls les plus courageux oseront cependant tremper plus que le gros orteil aux Îles de la Madeleine en juillet. En août, les Madelinots jurent que la température de l’eau est plus invitante.

2- La croisière

Depuis maintenant dix ans, il est possible de se rendre aux Îles de la Madeleine en bateau depuis Montréal, à l’aller et/ou au retour, ou lors d’une croisière d’une semaine incluant une escale de trois jours sur place. À bord du Vacancier, l’équipage est presque entièrement Madelinot. D’ailleurs, sitôt embarqués, les passagers vivent à l’heure des îles (une heure plus tard dans les Maritimes!).

C’est l’occasion de découvrir le Québec maritime depuis le fleuve St-Laurent, considéré comme l’un des cours d’eau les plus ardus à la navigation. Au retour, il est souvent possible d’apercevoir des baleines dans les environs de Tadoussac.

Bien que les cabines (exiguës et humides) n’aient pas le luxe des bateaux de croisière auxquels nous sommes maintenant habitués, l’aventure fait sans contredit des expériences à vivre une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour le magnifique coucher de soleil sur le rocher Percé et les premiers rayons de soleil qui éclairent l’île d’Entrée, la première aperçue en arrivant aux Îles de la Madeleine. À bord, plusieurs activités sont proposées et un naturaliste est disponible pour répondre aux questions des passagers.

La seule compagnie à offrir cette escapade est le groupe CTMA.

La suite sur MSN.CA!

À lire également: De Montréal aux Îles de la MadeleineCap sur les Îles de la Madeleine!La vie à bordEscale aux Îles de la Madeleine et Excursion à l’île d’Entrée.

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Qu’est-ce qu’un mauvais touriste?

L’exposition Fucking touristes, présentée à Paris jusqu’à la fin juillet, a donné l’idée à l’équipe de Médium Large, à la Première chaîne de Radio-Canada, de creuser la question.

Qu’est-ce qu’un mauvais touriste? Et qu’est-ce qu’un bon? J’ai été invitée à en discuter ce matin avec Paul Arsenault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat, directeur du Réseau de veille en tourisme et professeur en gestion des entreprises et des organismes touristiques.

Pour entendre la discussion, par ici!

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Sur les rails

Photo: Jean-François Frenette (@dezjeff sur Instagram et Twitter)

Il y a quelques mois, je suis tombée par hasard sur le tweet d’une certaine Vivian, qui tient un blogue sur les trains. Curieuse (Quoi? Un blogue canadien sur les trains que je ne connais pas, moi qui suis folle de ce moyen de transport?), j’ai voulu en savoir plus.

Quelques clics plus tard, je découvre que la Vivian en question est un personnage créé par Via Rail. Voilà pourquoi elle m’apparaissait si lisse! Mais pour quelles raisons avoir recours à un personnage en 2012, alors que tant de blogueurs extra déjà établis pourraient atteindre beaucoup mieux la cible? Qui a envie de discuter avec un auteur fictif alors que ce qui fait la force des blogues est, justement, leur personnalité (y compris leurs imperfections)? Perplexe, j’ai contacté l’équipe du marketing de Via Rail. Lire la suite

De Montréal aux Îles de la Madeleine

Cette photo a été prise vendredi, vers 14h, soit une heure avant notre départ en bateau vers les Îles de la Madeleine. J’ai l’impression que c’était il y a un mois…

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