Taxi-brousse

Pérégrinations immobiles

Le choc du retour 19, mai, 2008

Classé dans : Actualité, Afrique, choc culturel — Marie-Julie Gagnon @ 1:24
Tags: ,

On m’avait dit. 

C’est un choc de rentrer.

Je suis impressionnée par l’allure de la ville.

Tout est charmant. Tellement parfait.

Comme dans les films. 

Je marche en gardant la tête vers le haut, les yeux rivés au ciel. 

Je me dis que c’est étrange. Les mêmes nuages blancs. Cette grosse boule jaune qui vient et qui part. Réglée au quart de tour. Tout est réglé au quart de tour, mais rien ne semble fonctionner d’où je me trouve. L’écart est trop grand, sans demi-mesure. Sans juste milieu. 

 

Un très beau texte de Stéphanie Lapointe, qui vient d’arriver à Paris après un séjour au Darfour et au Rwanda.

 

Dimanche à Bamako 18, mai, 2008

Classé dans : Afrique, Nomade sédentaire, Vidéo — Marie-Julie Gagnon @ 1:14

À quelques jours de mon départ pour Taipei, j’ai rêvé que j’étais à Bamako… Comme je suis débordée, pas de texte aujourd’hui, mais le clip de cette chanson que j’adore. En prime: « Senegal Fast Food » (interprétée par Manu Chao, dont je reste une inconditionnelle - quel homme ! - depuis « Pas assez de toi », à mon avis la meilleure chanson de rupture ever, que j’ai bien dû écouter 1000 fois au début de ma vingtaine ! lol). Bon dimanche !

 

 

 

Une image vaut mille mots 29, avril, 2008

Classé dans : Afrique, Insolite, Une image vaut mille mots — Marie-Julie Gagnon @ 6:31
Tags:

Bobo-Dioulasso, Burkina Faso

 

Il semblerait que le balai ait été remplacé par un bâton… Quelqu’un peut valider l’info ?

 

(Source : www.amusoire.net)

 

Y’a qu’en Afrique qu’on voit ça 24, avril, 2008

Classé dans : Afrique, Insolite, Une image vaut mille mots — Marie-Julie Gagnon @ 9:20

Ces photos circulent depuis plusieurs années sur le Net. Mais même après les avoir reçues par courriel pour la énième fois, elles font toujours sourire (merci Véro !)…

 

Un walkman

 

Une Toyota «Cow»rolla (elle n’est pas de moi! ;-)

 

Ça me rappelle la fois où il n’y avait plus de timbres au bureau de poste de Ouaga…

 

 

Eza et Stéphanie au Darfour 16, avril, 2008

Classé dans : Afrique, Causes, Nomade sédentaire — Marie-Julie Gagnon @ 10:35
Tags: ,

Stéphanie Lapointe, Eza Paventi et Dominique Laurence

 

C’est le genre de projet auquel j’aurais adoré participer avant de devenir mère. Aller rencontrer des déplacés au Darfour et rendre compte de leur situation dans un blogue et, éventuellement, dans un documentaire. Wow.

 

Heureusement, même si je suis devenue « moumoune » (l’idée de ne pas voir grandir ma fille me rend dingue, alors les voyages plus risqués sont écartés pour une période disons, « indéterminée »), je peux vivre l’aventure par procuration sur Cyberpresse grâce à Eza Paventi et Stéphanie Lapointe. Merci les filles !

 

L’Afrique, ça marche aussi ! 13, avril, 2008

Classé dans : Afrique — Marie-Julie Gagnon @ 10:11
Tags: , , ,

 

J’aime beaucoup Youssou N’Dour. D’abord, parce que c’est le premier artiste africain qui m’a enveloppée de sa voix chaude. Pour cette voix unique, justement. À cause de ses origines modestes (père forgeron, mère griot). Du symbole qu’il est devenu. De l’utilisation qu’il fait de sa célébrité internationale. (Les gens qui m’ont hébergée à Ouagadougou pendant mon stage de vidéoreporter en 1999 avaient aussi baptisé leur chien en son honneur, mais c’est une autre histoire !)

 

Alors que le monde entier ne parle que du sort de la planète (c’est très bien, remarquez, mais il ne faut pas oublier les humains qui l’habitent, vous ne croyez pas ?), Youssou N’Dour endosse des causes moins « in », comme la lutte contre la malaria. Ambassadeur de l’Unicef, il vient de lancer Africa Works, à laquelle s’est associé Bennetton.

 

« Africa Works repose sur une idée simple: encourager la création de petites entreprises locales grâce à du microcrédit, c’est-à-dire des petits prêts à des taux très bas, a-t-il expliqué à L’Express. Le demandeur ne doit fournir aucune autre garantie que sa parole et la respectabilité de sa famille. ça peut marcher. À plusieurs reprises, des Sénégalais m’ont demandé une aide financière, mais aucun n’a voulu un don. Ils ont tous tenu à me rembourser. Voilà pourquoi, un jour, j’ai mis 200 millions de francs CFA (300 000 A) sur la table et j’ai fondé Birima, une société de microcrédit à laquelle s’est associé Benetton. » C’est le photographe de la griffe, James Mollison, qui signe les photos de la campagne publicitaire.

 

Patrick Waterhouse

© Benetton Group, Ph: James Mollison 
Art direction: Patrick Waterhouse

 

J’adhère totalement aux propos du chanteur quand il dénonce le fait qu’on ne montre jamais ce qui va bien en Afrique. « C’est quelque chose que je combats tout le temps », dit-il. Bien sûr, il faut continuer à montrer les problèmes pour convaincre qu’il faut tous mettre la main à la pâte pour trouver des solutions. Mais l’Afrique ne se résume pas aux images sensationnalistes de Vision Mondiale, bordel !

 

P.S. : Avis aux membre de Facebook : le 25 avril, c’est le Project Blackout organisée par One Million faces Agains Malaria. Vous pouvez aussi joindre la cause Ending ignorance about Africa.

 

 

Souvenirs d’Afrique 12, avril, 2008

Classé dans : Afrique, Fragments, Insolite — Marie-Julie Gagnon @ 9:11
Tags: , , , ,

Marie-Julie Gagnon

Coucher de soleil près de Mbodiene, Sénégal


Quelques notes, en vrac, tirées de mon journal de voyage Sénégal-Mali, décembre-janvier 2003-2004 :

 

• Au Sénégal, personne n’a l’eau chaude mais chacun a son téléphone cellulaire…

• Pubs aperçues un peu partout à Dakar : « Air Afrique, ligne de vie pour le nouveau millénaire », « Air Afrique, symbole vivant de l’intégration africaine », « Air Afrique, sécurité d’abord, le confort après »…

• Les Sénégalais RAFFOLENT des soaps brésiliens.

• Une ville du Mali s’appelle « Pogo ».

• Aperçue à la gare routière de Bamako : une femme portant un boubou avec des photos des présidents maliens et français insérés dans de jolis petits cadres ovales, sur fond d’imprimés africains…

• Tant au Sénégal qu’au Mali, quand on commande un sandwich ou un burger avec frites, elles se retrouvent inévitablement DANS le sandwich…

• Au Mali, la différence de prix est hallucinante d’une ville à l’autre. Pour la même distance en taxi, je m’en tire pour 200 Francs CFA à Sikasso, alors qu’à Bamako, ce serait 2000 !

• Le chauffeur du premier taxi dans lequel je suis montée à Sikasso devait le faire démarrer en allant jouer sous le capot. Le troisième devait carrément le pousser pour le faire démarrer !

 

Marie-Julie Gagnon

Vendeurs du marché de Bamako (j’adore marchander !)

 

 

Plages de rêve, plages de chocs 9, avril, 2008

Classé dans : Afrique, Asie, Plages — Marie-Julie Gagnon @ 2:02
Tags: , , , ,

 

Marie-Julie Gagnon

Plage d’une petite île déserte du Cambodge

 

Il y a les plages quasi-désertes qui nous donnent l’impression d’être les premiers à les fouler et celles, toujours bondées, des tout-inclus. D’autres faites de sable noir ou de galets bien polis qui nous transportent sur une autre planète. Les plages font rêver. Mais elles peuvent aussi nous faire vivre de sacrés chocs culturels!

 

Comme ce matin de février 2002 où je me suis tranquillement étendue sur un transat, à Sihanoukville, au Cambodge. Bien peu de gens osaient y tremper le gros orteil («l’eau est beaucoup trop froide!» m’a répondu une jeune vendeuse d’ananas quand je lui ai demandé pourquoi), mais tous ceux que j’ai aperçus se baignaient… tout habillés. Oups! Insouciante, je me prélassais dans un tout petit petit bikini, alors que les Cambodgiennes entraient dans l’eau avec leurs jupes et leurs t-shirts! J’aurais dû lire mon guide de voyage AVANT…

 

Le même phénomène m’a frappée à Goa, en Inde. M’y étant rendue en basse saison, j’ai croisé très peu de touristes en marchant sur les différentes plages visitées. Je me serais sentie très mal à l’aise de me dévêtir, alors que les femmes portaient toutes des vêtements couvrants. Sans compter qu’il était impossible de faire un pas sans se faire aborder par les multiples vendeurs…

 

N’empêche, ces deux endroits font partie des plages de rêve qui composent mon top 10 perso (remarquez que je n’en ai pas vu 1000 non plus! lol). Les quatre premières positions sont toutefois occupées par Koh Phi Phi, en Thaïlande, Mbodiene, au Sénégal, une plage de Saint-Barthélémy dont j’ai oublié le nom, et Varadero, à Cuba (pas forcément dans cet ordre). J’ai vu la première avant le tsunami. En me baladant sur l’île, à pied, je m’émerveillais sans cesse en découvrant de nouvelles étendues de sable, chaque fois plus magnifiques que les premières. 

 

La Petite Côte sénégalaise est fort prisée des Européens. Je n’ai pas vu Saly ou Nianing, ces paradis qu’ont pris d’assaut des hordes de touristes depuis longtemps. Mais j’ai pu marcher des heures durant sur la plage de Mbodiene sans croiser aucun toubab (étranger) et manger du poisson frais cuit directement sur le feu avec des copains.

 

Bien sûr, le contexte influence aussi beaucoup l’appréciation d’un lieu. J’ai visité Ko Phi Phi avec des compagnons de route lors de mon premier «vrai» voyage sac au dos, Mbodiene est le village natal de mon mari et j’ai découvert St-Barth et Varadero avec des amis. De la même manière, Kenting, à Taïwan, m’avait fort déçue lors d’un premier voyage, mais m’a ravie lors du second puisque la température était beaucoup plus clémente. Et puis, c’est là que j’ai fait la connaissance de celui que j’allais épouser quelques mois plus tard…

 

Vous, quelle est votre plage de rêve? Celle où vous avez vécu votre plus grand choc? Le Routard a dressé un palmarès (subjectif) des plus belles qui donne envie de sauter dans le premier avion…

 

« Kalise » ! 4, avril, 2008

Classé dans : Afrique, Asie, Fragments, Insolite, Une image vaut mille mots — Marie-Julie Gagnon @ 3:29

kalisse.jpg

Les chocs culturels qui frappent le plus fort sont souvent ceux qu’on attend pas au détour. La richesse dans un pays du tiers-monde, entendre parler sa langue maternelle après des mois d’exil, voir la bière La Maudite sur le menu d’un restaurant italien à Taïwan, manger de la poutine dans un casse-croûte de Ouagadougou, tomber sur un DC de Joe Bocan dans la section européenne d’un disquaire de Taipei, découvrir de la crème glacée de marque « Kalise » (une compagnie espagnole) au Sénégal…

 

C’est pour ça que j’aime tant voyager.

 

Chocolat amer 1, avril, 2008

Classé dans : Afrique, Causes, Fragments — Marie-Julie Gagnon @ 10:40
Tags: , , ,

Ex-enfant esclave des plantations de cacao ivoiriennes

Mais comment vais-je arriver à consommer les tablettes fabriquées par les grandes multinationales du cacao après avoir écouté le récit d’un gars de 20 ans qui a passé quatre ans et demi de sa vie à travailler comme un forcené dans une plantation ivoirienne, tous les jours, sans répit, sans toucher le moindre Franc CFA ?

 

Comment oublier qu’il travaillait de 5 h du matin à la tombée du jour, qu’il transportait des charges trop lourdes pour ses frêles épaules, qu’il devait tenir le coup toute une journée avec une seule banane grillée dans le ventre, qu’il était fouetté avec des branches de cacaoyer, qu’il était drogué (on diluait des comprimés non-identifiés dans son eau), qu’il dormait enfermé à clé dans une chambre avec 18 autres ados, faisant ses besoins dans une minuscule boîte vide de poison ? Comment oublier qu’il est arrivé là parce qu’il a fugué à l’âge de 13 ans dans l’espoir de décrocher un travail qui lui permettrait de se procurer un vélo comme ceux de ses copains (vélo que lui a promis le trafiquant qui l’a intercepté mais dont il n’a bien sûr jamais vu la couleur, même après 4 ans et demi…) ?

 

J’ai rencontré six jeunes comme lui ce matin. Six garçons âgés entre 18 et 22 ans à qui l’on montrait les tombeaux des enfants qui ont tenté de prendre la fuite pour les retenir dans les plantations. Six garçons qui ont développé un racisme sans borne envers les Ivoiriens et qui portent encore les traces physiques et psychologiques de mois d’esclavage. Vendus 125 000 Francs CFA (environ 313 $ CDN !) aux propriétaires des plantations par des trafiquants qui ont détecté leur détresse à la frontière du pays, ils font partie des rares qui ont eu la chance de revenir au pays. 15 000 petits Maliens seraient toujours esclaves là-bas…

 

mali-femmes.jpg

J’ai aussi rencontré des gens extraordinaires qui travaillent pour ces enfants, qui arrivent dans toutes sortes de conditions quand ils parviennent à se sortir des griffes des propriétaires (dont les deux femmes de cette photo, qui travaillent au Centre Horon So).

 

La grande question pour moi reste la suivante : qu’arrive-t-il à ceux qui survivent plus de 4-5 ans dans ces conditions misérables ? Il est évident qu’après plusieurs années de ce train de vie, ils ne sont plus très forts.  L’hypothèse émise par le directeur adjoint d’Aide à l’Enfance : on les vendrait en « pièces détachées » à des trafiquants d’organes, au Ghana…

 

Qui a envie d’une barre Mars après ça ?

 

(Extrait de mon journal de voyage Sénégal-Mali, 2003-2004)

 

P.S. : J’ai recommencé à manger du chocolat depuis, mais la culpabilité est restée…