Get a life… or a sofa

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La phrase a surgi spontanément au cours d’une discussion avec des copains d’un peu partout dans le monde à propos des priorités. «Get a life… or a sofa».

Certains ont besoin de signes tangibles de leur réussite. De gadgets dernier cri, de meubles designs et d’écrans géants. De s’entourer de beau pour se sentir bien.

Pour moi, le choix est clair. Je me fous éperdument des couleurs tendances de salles de bain. Des meubles qu’on ose à peine toucher parce qu’ils semblent tout droit sortis d’un musée. Des électroménagers avec lesquels on peut échanger des courriels.

Les bagnoles de luxe me font autant d’effet que Ryan Gosling: indifférence totale (mais qu’est-ce que vous lui trouvez à ce ce blondinet insipide?). Les bijoux? Si on m’offre un jour des diamants, je les vendrai pour payer quelques tournées à mes vrais «best friends».

 Je vis dans un modeste condo. Quelques  photos et souvenirs de voyages décorent certains murs. Si je devenais riche, j’achèterais des toiles d’artistes de la relève bien avant de me faire creuser une piscine. Et je ne vois pas pourquoi je me procurerais une voiture, même si je faisais dix fois mon salaire actuel.

Le monde, je veux le voir en vrai, pas seulement à travers le petit – du moins, le mien l’est! – écran. Je veux explorer, jouer, apprendre, goûter, toucher, humer… vivre, putain!

La liberté a un prix, dit-on. Je suis prête à sacrifier quelques paires de chaussures pour la cause. Un sofa hors de prix? Mais pourquoi faire, à part pour accueillir des amis de passage de temps en temps?

Je choisirai toujours de voyager, de bien manger et de bien boire plutôt que de m’asseoir sur l’équivalent d’un billet d’avion tour du monde.

Le beau, je préfère encore l’avoir dans la tête.

Thématiques similaires: La bêteMais jusqu’où? et L’exil chez soi.

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La bête

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Elle vit là, dans le creux du ventre, et donne le vertige. Comme quand on tombe amoureux. Qu’on ressent l’excitation. Puis l’absence.

Si je faisais dans la psycho-pop, je dirais que c’est la partie de moi manquante. Moi en voyage. Il n’y a que sur la route, suspendue entre rêve et réalité, que j’ai l’impression d’être entière. Complètement moi, avec tous mes morceaux. En état total d’abandon à celle que je suis tout au fond. Sans les artifices sociaux.

Certains ont besoin d’une maison, d’une voiture et d’un chien pour se sentir bien. Moi, j’ai besoin du mouvement. C’est un pied dans le vide que j’ai l’âme en paix. Quand je m’élance vers l’inconnu. Que je m’apprête à découvrir, à embrasser, à apprivoiser l’ailleurs. Je me place dans un état d’émerveillement. Tant pis si je suis déçue puisque j’explore! Que j’avance…

Je pars comme d’autres vont rejoindre un amant. Pour cette euphorie qui fait tourner la tête. Ce rush d’adrénaline qui aide à aller au-delà des complexités administratives, des retards d’avion ou du décalage horaire.

Je pars parce que la vie goûte si bon assaisonnée d’épices exotiques.

La peur? Aussi. Mais pas celle qui paralyse. Celle qui donne envie de voir ce qu’il y a au-delà. De sauter dans le vide parce qu’on sait que des ailes nous pousseront dans le dos au bon moment. Je pars aussi parce que j’ai la foi.

Je l’ai souvent écrit: pour moi, voyager est une pulsion. L’une des rares choses qui va de soi.

L’instant n’est jamais aussi présent que dans cet élan du voyage. Je regarde droit devant, la tête haute, les yeux grand ouverts, le coeur prêt à bondir. Je respire à pleins poumons.

J’hyper-vis.

Au retour, je tente de prolonger cet état d’émerveillement le plus longtemps possible. Mais c’est plus fort que moi: j’ai besoin de nourrir la bête régulièrement. De quitter le cadre de temps en temps pour me remettre en place sur la photo du présent. Pour aimer plus et, surtout, aimer mieux.

«Je reviens autant que je pars» a déjà dit Fred Pellerin à L’Invité TV5 monde. Pour une (rare) fois, je me reconnais dans ce qu’il raconte.

Sur des thèmes similaires: Mais jusqu’où?L’exil chez soiKhao San Road, 10 ans plus tard.

D’Athènes à Venise à bord de L’Austral

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Quitter le port de Pirée…

Après 24h à Athènes, me voici à bord d’un navire de la compagnie française Le Ponant avec ma fille de six ans et demi. Nous faisons une croisière à thème («famille», dans ce cas-ci).  Sur 235 passagers, 51 ont moins de 18 ans. J’ai aussi croisé des groupes voyageant avec les grands-parents. L’ultime voyage intergénérationnel?

«Bienvenue sur votre yacht privé», a lancé Frédéric Jansen, directeur de croisière, avant d’énumérer toutes les nationalités à bord. On en compte une douzaine au total. Sans grande surprise, les Français sont les plus nombreux: ils sont 189.

Il est vrai qu’il y a une certaine intimité à bord: contrairement aux mastodontes qui ont la cote, L’Austral compte seulement 132 cabines. Et quelles cabines!

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Notre cabine

En tout, nous traverserons trois pays en huit jours. L’itinéraire? Athènes-Itea-Otrante-Dubrovnik-Mljet-Trogir-Rovinj-Venise.

Nous avons quitté le port de Pirée en fin de journée et traversé ce soir le canal de Corinthe, voie artificielle creusée à travers l’isthme de Corinthe pour relier le golfe de Corinthe, dans la mer Ionienne, à l’ouest, au golf Saronique, dans la mer Égée, à l’est. Ce canal fait donc du Péloponnèse une île. C’était complètement fou de voir le bateau s’enfoncer dans cet étroit couloir! Pour vous donner une idée:

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L’année dernière, j’ai eu l’occasion d’interviewer Sophie Lauret, chargée de communications de la compagnie basée à Marseille, lors de son passage à Montréal. Pour en savoir plus sur la compagnie et les nouvelles croisières offertes:



L’Austral est très similaire au Boréal.

Plusieurs excursions sont au programme. Demain, nous découvrirons par exemple le site sacré de Delphes (m’en vais rendre visite à Apollon!). Si je vous dis qu’on mange comme des rois, vous comprendrez que l’enthousiasme est à son comble.

La connexion sur la bateau étant très lente (et exorbitante!), je ne sais pas à quelle fréquence j’arriverai à publier des articles ici et sur EnTransit.ca. Mais dites-vous que pendant ce temps, je prendrai UNE TONNE de photos, que je partagerai dès que j’en aurai l’occasion. Pas question de garder toutes ces beautés juste pour moi! :-)

En attendant, si vous voulez rêver, les vidéos promotionnelles sont carrément renversantes. À éviter si vous tentez de remettre le solde de votre carte de crédit à zéro. ;-)

À lire également: Katerine-Lune Rollet a publié une chronique sur la croisière Venise-Istanbul qu’elle a faite à bord de L’Austral en juin dernier sur Canoë et plusieurs billets sur son blogue perso. Carolyne Parent et Gary Lawrence ont quant à quant à eux signé des reportages pour Le Devoir (celui de Gary est accessibles seulement aux abonnés, par contre). Nathalie de Grandmont alias «Globe raconteuse» fait le récit en deux parties de son expérience sur la mer Adriatique avec la même compagnie.

Pourraient aussi vous intéresser: Croisière de luxe en françaisMa visite du BoréalRacontez-moi des histoiresCarte postale d’Athènes et mes billets sur la Grèce (2012) pour EnTransit.ca.

MÀJ 20 août:  Vous pouvez maintenant lire mes billets sur EnTransit.ca:  24 heures à Athènes avec un enfant, Rendre visite à Apollon, La vie à bord de L’Austral.

Je suis l’invitée du Ponant. Merci!

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Où est l’étincelle?

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Je réfléchis beaucoup à mon avenir sur la blogosphère ces temps-ci. Il y a quelques semaines, j’ai lancé un groupe de blogueurs voyage francophones sur Facebook parce que je ressentais le besoin d’échanger dans ma langue maternelle avec des gens partageant mes préoccupations. TBEX a aussi entraîné d’autres questions.

Résultat: je suis plus mêlée que jamais.

Malgré ce que certains blogueurs vedettes prêchent dans leurs conférences, j’ai de plus en plus l’impression que le contenu est relégué au second plan. Maintenant que certains ont fait de leur blogue leur gagne-pain, on voit pulluler les wannabes qui pensent à la notoriété et au fric avant même de montrer ce qu’ils ont dans le ventre (je constate la même chose en journalisme, remarquez, mais pas dans la presse touristique, puisqu’on sait tous qu’il y a peu d’argent à y faire, au Québec du moins!). On cause stats, rentabilité, pubs et «échanges» (qui veut souvent dire «intérêts», en réalité).

Mais où est l’étincelle? Celle qui fait qu’un jour tout s’embrase, qu’on prend nos cliques et nos claques pour aller vers cet inconnu qui nous appelle? Qu’a-t-on fait des papillons qui se mettent à voler dans tous les sens quand on évoque l’ailleurs et le bonheur d’être sur la route? De cette envie de crier à l’univers entier à quel point le monde est beau? De prendre la plume parce que c’est plus fort que nous?

Je bourlingue sur la planète médias depuis deux décennies (oui, j’ai commencé à l’adolescence;-). J’ai vu le journalisme glisser vers le publireportage (à peine) déguisé à plus d’une reprise. J’entends régulièrement (et de plus en plus) parler des objectifs de rentabilité. Je comprends que tout cela est nécessaire. Mais on va souvent trop loin. Beaucoup trop loin (comme demander aux journalistes de céder leurs droits d’auteurs ET leurs droits moraux sans, bien sûr, leur offrir un sou de plus).

Quand j’ai commencé à bloguer, j’étais grisée par l’incroyable sensation de liberté. La sainte paix! Personne pour me dire de «ploguer» tel ou tel artiste (ou produit), d’oublier les destinations moins accessibles, me demander de diluer mes propos ou de me censurer, carrément.

J’ai récemment pris conscience de la «transformation extrême» de la blogosphère voyage en discutant avec des Européens. De plus en plus de blogueurs veulent vivre de leur blogue (ce qui n’est une mauvaise chose en soi – tout dépend comment c’est fait – mais ça ne m’avait jamais traversé l’esprit!). Des gens écrivent même des bouquins sur le sujet. On crée des «recettes» pour voyager gratuitement et même en vivre.

J’ai soudainement eu l’impression d’être un scribe égaré dans un autre siècle. Où étais-je, pendant que la Terre s’était mise à tourner dans l’autre sens?

Depuis, je vis un véritable choc des cultures. Le blogging en 2013, c’est bien souvent une affaire de marketing. La connaissance des rouages permettant d’être mieux référencé. «D’échanges» visant à faire grimper sa propre cote de popularité. Une maîtrise des coulisses plus que de l’écriture.

Pour moi, tout le bizounage derrière le blogue est un mal nécessaire. Simple d’en créer un, mais ardu de comprendre toutes les fonctionnalités. Bloguer, c’est aussi se dépatouiller avec l’aspect technique. À chacun ses forces… et ses failles.

J’essaie de m’intéresser de plus en plus aux différents aspects du blogging, mais surtout de ne pas m’éloigner de ce qui me passionne vraiment. Je n’ai aucune envie de m’éteindre. Et c’est ce qui risque d’arriver si je troque le plaisir pour une potentielle rentabilité (car qui dit rentabilité dit aussi maîtrise de tout ce qui me donne envie de fuir, tant la technique que les chiffres!).

Le choc est encore plus grand depuis l’ouverture du groupe sur Facebook. Alors que j’avais envie de mieux connaître mes pairs et d’apprendre d’eux (et vice-versa), je les vois s’opposer, se juger et parfois carrément s’attaquer. Pas tout à fait ma définition de l’entraide. Call me the hippie-old-fashion-blogger

Je ne suis pas contre le fait que certains arrivent à tirer un revenu de leur blogue. Après tout, on leur consacre beaucoup de temps et d’énergie. J’ai même commencé à m’ouvrir un peu et à accepter des liens sponsorisés. Je suis aussi d’accord sur ce point: on peut avoir l’étincelle ET le côté business (lucky you).

Mais avons-nous vraiment besoin de répéter les erreurs des médias traditionnels?

À lire également: TBEX en 10 observations, Les outils pour mesurer l’influence, ça vaut quoi? et Fille de mots.

P.S.: Je précise que ce billet ne vise personne EN PARTICULIER. Et pour l’anecdote, avant de créer mon premier blogue en 2001 (que j’ai rapidement supprimé), j’ai eu des «pages personnelles» dans les années 1990. Houuuu! ;-)

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Comment sabrer le champagne avec un ski

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Je retire tout ce que j’ai dit à propos de iCloud (que c’est compliqué, qu’on nous demande constamment d’acheter plus d’espace…). En transférant mes données sur mon nouveau iPhone 5, j’ai retrouvé une vidéo que je croyais perdue à tout jamais. L’un des moments marquants de mon été 2012: la fois où j’ai appris à sabrer le champagne… avec un ski.

Je l’ai déjà raconté sur EnTransit.ca: même si je ne skie pas, j’ai une certaine expérience «alternative» avec le ski. Après avoir été initié au «shotski» à Jasper, voilà que j’ai appris à sabrer le champagne à Whislter.

Ai-je déjà dit que j’adorais ce sport? (Enfin… au chaud, pas sur une pente.)

Certains préfèrent utiliser un iPad pour se livrer à l’exercice. Moi, je songe plutôt à m’en acheter un deuxième et à apprendre skier avec (du moins, c’est l’idée géniale que j’ai eue après être passé à travers la bouteille de bulles).

Cheers!

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TBEX en 10 observations

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Toronto vue de l’aéroport Billy Bishop

Je reviens de Toronto, où j’ai pris part à TBEX («Travel blog exchange») pour la première fois. Après en avoir entendu parler pendant des années, j’ai profité de la proximité de l’édition nord-américaine 2013 pour aller satisfaire ma curiosité.

Environ 1300 participants (dont environ 1000 blogueurs voyage) des quatre coins du monde ont pu prendre part à des conférences traitant de différents aspects du blogging, rencontrer des offices de tourisme et des compagnies liées au voyage et, bien sûr, faire la fête (n’est-ce pas dans les soirées qu’on «réseaute» le mieux?). L’objectif? Se rencontrer, mais aussi aller chercher des outils pour s’améliorer et tisser des liens avec des partenaires potentiels. Mes observations.

1- Conférences inégales, mais souvent intéressantes. Je pensais m’ennuyer ferme lors des conférences. Ç’a parfois été le cas (une seule m’a vraiment ennuyée en fait, mais c’est ma faute : j’aurais dû prendre le temps de mieux lire le résumé avant). De manière générale, j’ai plutôt été ravie par ce que j’ai entendu et j’ai appris quelques trucs. La prochaine fois (si prochaine fois il y a), je laisserai  mes préjugés de côté j’étudierai mieux le contenu de chacune des conférences avant d’arrêter mes choix.

Conférence de Jodi Ettenberg et Annemarie Dooling

Conférence de Jodi Ettenberg et Annemarie Dooling

2- La blogosphère voyage francophone est une nanogoutte dans l’océan. Il y a bien sûr les Asiatiques, qui l’emportent par la force du nombre (même si très peu représentés à TBEX). Les anglos restent cependant les rois. Nous pouvons les lire, mais pas l’inverse. On a beau être ambitieux : linguistiquement parlant, on ne fera jamais le poids. Je persiste à vouloir bloguer seulement en français parce que mon identité est en grande partie définie par ma langue maternelle. Parce que ma voix serait forcément distortionnée par mes lacunes en anglais. Et parce que j’aime passionnément le français. Toutefois, je dois admettre qu’une partie de moi est frustrée de ne pas pouvoir rejoindre plus de gens. On est ambitieux ou on ne l’est pas.

3- Certains blogueurs auraient besoin d’un agent. Moi la première. Je l’ai souvent lancé à la blague, mais de l’entendre pendant le keynote de clôture de l’événement m’a fait sentir un peu moins seule. Si je me fie au sondage à main levée, la moitié des blogueurs voyages ont d’abord le sens des affaires, l’autre moitié a surtout un penchant artistique. Je peux écrire, faire de la vidéo, avoir plus de 12 000 abonnés sur Twitter et bien me classer dans les palmarès de blogues voyage franco, mais je ne suis pas foutue de me trouver un hébergeur ni de lier correctement Taxibrousse.ca à mon blogue WordPress. Je ne sais pas à quelle porte frapper pour faire faire un logo ni quoi répondre à tous ces gens qui me contactent pour différents partenariats.  Un «média kit»? Je parle mieux chinois que je parle «chiffres»… Et bien sûr, je n’ai pas un rond à investir puisque mon blogue ne me rapporte (presque) rien d’un point de vu financier. Devrais-je chercher de l’aide ou me résigner?

4- Il y a vraiment une obsession des blogueurs d’être repéré par des marques. Ça m’a franchement laissée perplexe. J’ai très tôt compris que mon blogue était ma meilleure carte de visite, mais ça ne m’a jamais traversé l’esprit de faire de Taxi-brousse mon gagne-pain principal. Peut-être parce qu’une part de plaisir s’envole systématiquemenet dès que quelque chose devient «obligatoire»? Ou que j’ai encore un malaise à ce qu’une certaine forme de marketing s’immisce dans «ma bulle»?… Par contre, j’admets avoir aimé ce que j’ai entendu à la conférence d’Expedia, où tous les blogueurs qui ont travaillé avec la marque ont affirmé avoir gardé 100% le contrôle de leur contenu (j’y reviendrai).

5- Il y a certain «star system» dans le monde des blogueurs.  Je n’avais jamais pris conscience de l’ampleur du phénomène avant de voir des gens se mettre en ligne à la fin des conférences pour se faire photographier avec leurs modèles ou de voir des copains dont la notoriété n’a cessé d’augmenter ces dernières années se faire maintenant traiter comme des VIP. Particulièrement fascinant pour quelqu’un comme moi qui ne reconnaît jamais personne et qui est plutôt infidèle dans ses lectures. (Remarquez, je fais la même chose qu’eux quand je croise Dany Laferrière. Mais c’est une autre histoire.)

6- Dans le même ordre d’idées, je n’aurais jamais pensé un jour voir des blogueurs se PRENDRE pour des stars. Il n’y a pas si longtemps encore, tenir un blogue était perçu comme une activité cute ou une simple démonstration narcissique. J’irais même plus loin : il y a une quinzaine d’années, la Toile entière était perçue comme une activité cute (et bien sûr très geek). Un truc marginal jugé plutôt inintéressant par les grosses compagnies de relations publiques et les agents d’artistes. En 1996, je peinais à décrocher des entrevues avec des personnalités alors que je bossais pour le premier portail québécois, même s’il était piloté par Vidéotron (pour les lecteurs étrangers, Vidéotron appartient à l’empire Québécor). Aujourd’hui, un Klout élevé semble l’équivalent d’une étoile sur Hollywood boulevard. La différence? La gloire peut être bien éphémère… Certains ne semblent pas s’en rendre compte. Heureusement, ils restent minoritaires.

7- Je suis flabergastée par le talent de certains à se «marketer». Des blogueurs semblent arriver à ouvrir des portes qui restent fermées devant moi même si j’ai trois fois plus d’abonnés qu’eux sur Twitter et beaucoup plus de pages vues chaque mois. Question de marché? De langue? Devrais-je le prendre perso? Chose certaine, j’ai des choses à apprendre d’eux.

Toronto by night. Vue depuis les Îles.

Toronto by night. Vue depuis les Îles.

8- Le speed dating : des plus et des moins. Pour ceux qui ne connaissent pas la formule, blogueurs et compagnies (tant des offices de tourisme que des marques d’accessoires de voyage) envoient des demandes de rendez-vous avant l’événement. Sur place, nous avons huit minutes pour nous faire la cour. J’avais déjà expérimenté ce type de rencontres à GoMedia. Si, samedi, tout s’est plutôt bien déroulé, dimanche, c’était le chaos total. Les participants étaient invités à aller voir directement les relationnistes dans le cadre de «l’open market», alors que d’autres (comme moi) avaient pris soin de planifier des rendez-vous. Très frustrant de devoir attendre en ligne alors qu’on devrait déjà avoir conclu la rencontre. Je me demande qui manque le plus de respect dans ce genre de situation: le blogueur qui ne réalise pas qu’il a piqué la place de quelqu’un ou le relationniste qui vous a déjà repéré mais ne met pas fin à l’entretien improvisé? Hum. Chose certaine, c’était une très mauvaise idée de la part de TBEX de mélanger les deux formules. Soit tout le monde prend un numéro, soit on se jette tous dans la jungle.

9- Il faut en prendre et en laisser dans ce genre d’événement. Je pense quand même ne pas partir de zéro quand il s’agit de réseaux sociaux et de blogue. Je ne suis pas d’accord avec tout ce que j’ai entendu pendant les conférences. Personne ne détient la science infuse. Je persiste à croire que ce qui est bon pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. Il y a aussi l’aspect culturel qui n’a jamais été abordé de front, mais qui reste déterminant à plusieurs égards. Bref, restons fidèles à nous-mêmes et ne mettons pas notre instinct de côté pour embrasser les idées de quelqu’un d’autre.

Avec Paule Bergeron (Québec region), Marie-Eve Vallières (A Montrealer Abroad) et Marie-Ève Blanchard (alias Mawoui - Como la espuna).

Avec Paule Bergeron (@Quebecregion), Marie-Eve Vallières (@AMontrealer) et Marie-Ève Blanchard (alias Mawoui).

Avec Adeline (alias Voyages etc) et Sarah (@SaraTourDuMonde), deux blogueuses françaises avec qui j'ai eu énormément de plaisir.

Avec Adeline (@Voyages etc) et Sarah (@SaraTourDuMonde), à la soirée d’ouverture

 10- Les soirées maintenant. Je lance parfois à la blague que sans mon esprit festif, je n’aurais jamais travaillé. C’est souvent dans les cadres informels, sans s’en rendre compte, qu’on développe les relations les plus durables (je parle seulement de l’aspect professionnel, là, hein!;-). Les partys de TBEX? Très cool les deux-trois premières heures. Mais chaque fois, une impression de coït interrompu. Alors qu’on s’approchait du Nirvana, on nous faisait clairement comprendre qu’il était temps de partir (genre : flasher les lumières ou tout ranger précipitamment). Tant qu’à casser l’ambiance, mieux vaut peut-être opter pour des lieux moins glamour et laisser les gens s’amuser plus longtemps, quitte à leur indiquer à partir de quelle heure les boissons sont à leur frais. Les pousser dehors? Rude, dude!

Avec Sarah Dalawibi (@SaraTourDuMonde). Photo d'Adéline Gressin (@Voyagesetc)

Avec Sarah Dawalibi (@SaraTourDuMonde). Photo d’Adéline Gressin (@Voyagesetc).

Le 97$ investi (prix d’un billet quelques semaines avant l’événement) en valait-il la peine? Oui. D’abord pour les rencontres. C’est une merveilleuse manière d’élargir son réseau. Les conférences s’adressent à différentes catégories de blogueurs et sont suffisamment variées pour qu’on y trouve notre compte. Je ne crois pas que le speed dating révolutionnera ma carrière, mais c’est aussi parce que j’ai l’occasion de tisser des liens lors d’autres événements.

J’avais pas mal d’a priori, je l’avoue. Même si je n’adhère pas à tout ce que j’ai entendu pendant ces deux journées intenses, j’ai eu suffisament de plaisir pour songer à aller au prochain TBEX, qui aura lieu à Dublin en octobre.

D’un point de vue perso, je reviens avec plus de questions que de réponses. J’ai l’impression que le monde du blogue s’approche davantage du marketing que du journalisme (ou de la littérature). Je ne suis pas certaine d’être tout à fait à l’aise avec cet aspect. Je reste par ailleurs consciente des limites du marché dans lequel je me trouve. Et du fait que je suis d’abord journaliste et auteure.

Que veux-je vraiment faire avec Taxi-brousse en gardant tous ces éléments en tête? Je poursuis mes réflexions.

Avec Guy "Billy Ray" Thériault de Parcs Canada (Merci pour la photo Marie-Ève!)

Avec Guy "Billy Ray" Thériault de Parcs Canada (Merci pour la photo Marie-Ève!)

À lire également: mon billet sur l’aventure «Journey to TBEX», qui a permis à 28 blogueurs internationaux de découvrir le pays avant de se rendre à Toronto (sur EnTransit.ca), 10 tips for working with travel bloggers and destinations (excellent résumé de Frederic Gonzalo), Les outils de mesure d’influence, ça vaut quoi? et 5 plaisirs solitaires à l’hôtel (rédigé pendant mon séjour mais plus ou moins en lien avec TBEX!).

Aussi: Fille de mots, un billet rédigé en 2010 dans lequel je partage mes réflexions à propos de l’aspect «business» du blogging (j’ai encore plusieurs de ces questions aujourd’hui).

Pour mieux comprendre ce qu’est TBEX: un article du journal Metro (Ottawa).

Merci à Air Canada, qui m’a permis de me rendre plus rapidement à destination, et aux hôtels Gladstone, Pantages et Cosmopolitan, qui m’ont hébergée.

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Être en vie

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«C’est important de vivre maintenant. On ne sait jamais ce qui peut arriver.» Ce n’est pas moi qui le dit, mais mon médecin. Rassurez-vous, je vais très bien. Mais avec tous les cas de cancers (dont elle et lui) et de maladies chroniques autour de moi (sans parler des morts qui restent inexpliquées - pourquoi?…), disons que plus que jamais, j’ai besoin d’être rassurée sur l’état de ma santé.

Chaque fois que je pense à la mort, je me demande comment je pourrais arriver à vivre encore plus fort. Je suis déjà bien ancrée dans le présent (des REER, c’est quoi, ça?). Je baigne constamment dans l’intensité, trop dans l’intensité. Mais à force de voir la Grande Faucheuse rôder, j’en viens à me questionner. Et si j’étais en train de passer à côté de quelque chose?

Il y a toutes ces contrées que je rêve de visiter. J’ai beau rester consciente que je n’aurai pas le temps de voir toutes les destinations qui m’appellent, cette idée me rend complètement dingue. Il y a ces romans qui me hantent depuis l’adolescence et que je regrette tant de ne pas avoir déjà écrits (comment arriver à les écrire alors qu’on est si occupé à vivre?). Il y a bien sûr les miens, que je veux aimer le mieux et le plus longtemps possible. Ça, pas question de passer à côté.

Et il y a la réalité. Dettes et comptes à payer. Les deux mots que je déteste le plus au monde. Les ultimes entraves à la liberté. Je ne rêve pas d’être riche: juste d’avoir la crisse de paix pour vivre pleinement.

Je n’ai jamais supporté l’idée de la mort. Mais ce n’est pas «l’après» qui m’inquiète. C’est quitter la vie.

P.S.: Mon médecin m’a aussi dit que je fais bien de voyager autant. Et de boire du lait au chocolat après avoir joggé. ;-)

P.P.S.: Désolée pour le sacre, Maman!

Sur des sujets similaires: Mais qu’est-ce qu’on attend? et La pulsion du voyage.

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Les voyages qui changent la vie

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Avec Nikki et Nathalia

Plusieurs voyages ont eu des impacts majeurs sur le cours de ma vie. Un forum rassemblant des jeunes Francophones du monde entier au début de la vingtaine, que j’étais allée couvrir pour le journal La Presse dans les années 1990. Un stage de vidéoreporter au Burkina Faso à la fin de la même décennie. Un mois de cours d’anglais à Vancouver en 2000, à dormir dans le dortoir d’une auberge de jeunesse. Les 18 mois que j’ai passés en Asie.

Parmi les expériences récentes qui ont entraîné une série d’événements, il y a ma première participation à GoMedia, à Toronto, en 2010. La Commission Canadienne du Tourisme m’avait alors invitée à prendre part à un panel (in english, of course) avec des top-journalistes/blogueurs d’un peu partout. On m’avait aussi proposé de choisir un «post-tour». Quand j’ai vu qu’il était possible de traverser le Canada en train avec Via Rail – un vieux rêve -, je n’ai pas hésité une seule seconde.

Je me suis donc retrouvé à la gare de Toronto un matin de septembre en compagnie de journalistes de tous horizons. «Regardes-tu la série Entourage, ai-je glissé à l’oreille d’une blondinette anglaise, pendant la présentation du cocktail de bienvenue. Ce mec, c’est Lloyd!» Un éclat de rire plus tard, nous savions que nous deviendrions copines. La même complicité s’est spontanément installée avec Nathalia, journaliste brésilienne qui quittait son fils de 9 mois pour la première fois. Que de fou rire partagés pendant ces quatre jours de traversée!

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L’heure de l’apéro

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Moose!!!

Peu après mon retour, j’avais écrit ceci:

J’avais aussi l’impression que je ne revivrais plus ces moments de complicité spontanée en voyage. Ces rencontres impromptues qui donnent naissances à des amitiés profondes. Ces hasards si bien orchestrés qu’on a l’impression qu’ils n’en sont pas, justement.

J’avais tort.

Je viens de passer une semaine formidable avec deux journalistes rencontrées à bord du train de Via Rail, suite à l’événement GoMedia, organisé par la Commission canadienne du tourisme. Quelque part entre Toronto et Vancouver, entre un cocktail et un énième éclat de rire, j’ai su que Nikki et Nathalia ne seraient pas que de simples copines de route. Que cette passion commune pour les voyages, la bonne bouffe (quel bonheur de ne pas être la seule à passer dix minutes à photographier chacun des plats! lol) et les spas nous mènerait plus loin que la Colombie-britannique.

Nathalia a par la suite ressenti le besoin de passer du temps avec son fils, ce qui est tout à fait compréhensible. Nous avons continué à nous écrire de temps en temps pour prendre des nouvelles. De mon côté, ma fille étant plus âgé, j’ai pu organiser différentes escapades avec Nikki.

45687_10151276118396039_1856540643_nAprès nous être revues lors de l’édition suivante de GoMedia, il était clair que la blondinette – devenue brunette – et moi serions désormais inséparables. Depuis, il se passe rarement une journée sans que nous échangions sur les réseaux sociaux ou par texto. Nous nous sommes retrouvées à Edmonton, Montréal, Los Angeles, Québec et Charlevoix. Nous avons aussi pris part à un autre «post-tour» en train ensemble après GoMedia en 2011, cette fois-ci à bord du Rocky Mountaineer. Un autre voyage qui a eu un impact majeur sur ma vie à plusieurs égards.

Je voyage pour voir le monde. Et aller à la rencontre DU monde. Les lieux qui m’ont le plus marquée sont tous liés aux personnes qui se sont trouvées sur ma route, que ce soit des locaux ou d’autres voyageurs. Alors voir du pays avec des journalistes et des blogueurs qui partagent ma passion pour les mots en plus de la découverte transforme forcément la moindre escapade en souvenir mémorable.

Depuis ce voyage, en 2010, Nathalia a lancé son propre blogue, Como Viaja! Nikki, elle, a carrément pris la décision de quitter son Brighton chéri pour embrasser une nouvelle vie à Vancouver. Elle blogue elle aussi depuis 2012.

J’ai appris il y a quelques semaines que Nathalia passerait par Montréal avant de se rendre à Toronto pour TBEX en juin, événement auquel j’avais moi aussi pris la décision de prendre part. Le bonheur d’imaginer que je la retrouverai bientôt!

Cerise sur le sundae: Nathalia, Nikki et moi avons toutes trois été invitées à GoMedia cet année. Nous serons donc à nouveau réunies à Charlottetown en septembre 2013.

Oui, le monde est petit. Et rempli de surprises. :-)

En attendant, je vous invite à suivre Nathalia et 27 autres blogueurs des quatre coins de la planète dans le cadre de Journey to TBEX: #ExploreCanadaBlogger Train. Deux blogueuses françaises que j’aime beaucoup lire et que j’ai très hâte de rencontrer, Adeline et Sarah, feront le voyage avec elle.

Voir du pays, c’est bien. Mais en bonne compagnie, ça peut carrément changer une vie.

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P.S.: Clin d’oeil à Élyse Mailhot, qui a été à l’origine de ma première participation à GoMedia. Tant de choses dans ma vie ont découlé de cette première expérience! Je l’ai souvent remerciée, mais je le fais à nouveau ici. Merci Élyse! XX

À lire également: billet de Nathalia (en portugais) et reportage de Nikki (en anglais) sur ce voyage en train, de 2010. Le mien, sur EnTransit.ca. Un billet plus perso sur notre rencontre. Autre billet de Nikki sur un autre trajet de train que nous avons fait ensemble.

Aussi: Montréal-Halifax en train avec ma fille, L’Europe en train ou en avion?, L’Ouest canadien à bord du Rocky Mountaineer et Charlevoix en train.

Jasper, où je me suis arrêtée lors de ma traversée du Canada en train en 2010. C'est aussi de là-bas que j'ai pris le Rocky Mountaineer en 2011.

Jasper, où je me suis arrêtée lors de ma traversée du Canada en train en 2010. C’est aussi de là-bas que j’ai pris le Rocky Mountaineer en 2011.

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Confessions d’une journaliste-blogueuse voyage

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Il y a mille clichés associés au boulot de travel writer. Certains sont vrais. D’autres, complètement à côté de la plaque. Glamour, passer sa vie entre deux avions? Pas toujours… Quelques faits, en vrac.

1- J’ai toujours l’air en vacances, mais je ne le suis jamais (deux petites semaines de vraies vacances en cinq ans, pour tout vous dire). J’ai déjà vu cinq plages en un après-midi sans avoir le temps d’y tremper plus que mon gros orteil. Après m’être envoyé quelques banana mamas, il m’arrive de rentrer sagement dans ma chambre d’hôtel pour terminer ce texte que je devais rendre hier. Ou avant-hier…

2- Je suis constamment en carence de sommeil. Pendant un voyage de presse, on tente de nous faire voir le plus de choses en le moins de temps possible. Cela signifie souvent devoir se lever avant le soleil et rentrer à l’hôtel après minuit. Le décalage? Plus le temps passe, plus il m’est difficile de le gérer. J’ai essayé plusieurs trucs. Le plus efficace dans mon cas: traîner mon oreiller gonflable partout. Je grapille ainsi quelques minutes de sommeil ici et là, dans l’avion, le bus ou la voiture.

3- À l’hôtel, le WiFi fonctionnel et rapide est pour moi plus important qu’une vue à couper le souffle. Je ne supporte plus de passer des nuits à écrire dans les lobbys des hôtels, souvent le seul endroit où on arrive à se brancher. Quand il faut en plus payer, je serre les dents pour ne pas hurler.

4- Je préfère nettement un lit confortable dans une petite chambre qu’un matelas «moyen» dans une immense suite au décor de conte de féeOn oublie parfois l’essentiel, à force de vouloir en mettre plein la vue.

5- Souvent, nous passons plus de temps à visiter les hôtels qu’à contempler la vue croquée à la hâte entre deux rendez-vous avec des membres de la direction des établissements où nous logeons. Le superbe paysage qui vous fait tant rêver sur Instagram? Un instant fugace, souvent bien loin de l’état contemplatif qu’il inspire.

6- La question que je pose le plus souvent à mes hôtes? «Les gens "normaux" y ont-il accès?» Manière humoristique de savoir si ce plat fantastique qu’on vient de nous servir ou ce tour d’hélicoptère est inclus dans le forfait qu’on est en train de tester. On tente souvent d’impressionner les journalistes. Notre boulot, c’est d’abord de départager le vrai du flafla. Pas toujours si évident.

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7- Je dors dans des suites que je n’aurai jamais les moyens de me payer (mais d’autres les ont – je ne l’oublie pas non plus). Il m’arrive encore parfois de loger dans des auberges de jeunesse pour l’atmosphère qui y règne. Ne le dites surtout pas à ceux qui auraient envie de m’inviter à me glisser dans les draps de coton égyptien de leur palace, toutefois. Inévitablement, j’ai développé un certain goût pour le luxe. Un esprit plus critique, aussi. Mais peu importe le nombre d’étoiles d’un établissement, j’apprécie d’abord l’accueil, l’ambiance et la propreté. Remarquez, je ne rechigne pas quand on dépose du chocolat sur mon oreiller le soir venu. ;-)

8- Il y a une certaine hiérarchie dans l’attribution des chambres et autres privilèges, en voyage de presse. L’exemple le plus flagrant est entre les équipes de télévision et les «simples» membres de la presse écrite, lors de gigaévénements rassemblant des médias des quatre coins de la planète. Je me souviendrai toujours, aussi, de l’immense suite dont avait hérité une collègue anglaise alors que moi, je me suis retrouvée dans une chambre standard (géniale, mais tout de même, l’écart était saisissant). Lors d’un autre voyage, alors qu’on avait promis à tous les journalistes et blogueurs une visite au spa, une seule a pu finalement en profiter: la même journaliste britannique (qui est malgré tout devenue l’une de mes meilleures amies au fil du temps!). Le marché québécois n’est pas prioritaire pour tous, disons. De la même manière, aucun relationniste ne l’avouera, mais nous savons tous que certains journalistes de grands médias sont plus chouchoutés que d’autres…

9- Le tourisme est une spécialisation. Il faut du temps pour comprendre les rouages de cette industrie et avoir la perspective nécessaire pour écrire des papiers nuancés (je suis d’ailleurs encore en plein apprentissage – je dis toujours qu’il faut un bon bagage de vie en plus d’une culture générale pour faire ce boulot). Ça M’ÉNERVE que n’importe qui s’auto-proclame journaliste en tourisme. J’ai par ailleurs récemment été membre du jury d’un prix de journalisme. La majorité des textes soumis en tourisme n’avaient clairement pas été pensés pour cette catégorie. Comme si parce qu’un papier porte sur l’économie d’un pays – un «vrai» sujet sérieux, hein -, il a plus des chances de remporter la palme qu’un autre qui présente seulement ses attraits touristiques. J’étais carrément insultée en lisant certains articles. Le journalisme touristique exige la même rigueur et les mêmes réflexes que n’importe quel autre domaine. Ce qui distingue un auteur d’un autre? L’originalité de son angle et sa recherche, bien sûr, mais aussi son regard. Plus que dans n’importe quelle autre section, la plume et la personnalité de l’auteur font une différence (du moins, c’est mon humble avis).

10- Porter le double chapeau de journaliste et de blogueuse n’est pas simple. Plusieurs relationnistes ne savent pas dans quelle catégorie me caser. Je passe de l’un à l’autre constamment. Du web au papier, de la radio à la télé, aussi. Ça m’agace qu’on tente absolument de m’étiqueter. Je revendique le droit d’être multiple… et unique (oui, j’ai un ego moi aussi).

11- Non, personne ne me paie pour voyager. Quand je suis sur la route, je ne gagne pas d’argent. C’est en vendant mes reportages et mes billets que je suis rémunérée (et c’est rarement mirobolant). J’ai la chance d’avoir des clients réguliers et extraordinaires, comme MSN, avec qui je travaille depuis 2009. Sur le blogue EnTransit.ca, j’ai la liberté d’écrire sur n’importe quel sujet (ou presque). Vous comprenez pourquoi j’ai besoin de WiFi maintenant? Je ne peux pas me permettre de perdre une semaine de salaire par mois (fréquence à laquelle je voyage approximativement depuis trois ans).

12- Je fais quoi si je déteste un endroit? Bonne question. Comme je suis invitée, c’est délicat. Quand mon impression est vraiment négative, je préfère ne rien écrire (ça m’est arrivé dans le cas précis d’un hôtel dont j’avais détesté chaque détail, alors que plusieurs collègues l’avaient aimé). Trasher pour trasher, pas mon truc. Je suis tout à fait consciente que souvent, c’est une question de perception. J’essaie de nuancer le plus possible. Mais une chose est sûre: vous ne me verrez jamais encenser un lieu que je n’ai pas sincèrement aimé.

13- On ne choisit pas nos compagnons de voyage (heureusement, plusieurs sont fantastiques et deviennent des amis). On passe aussi beaucoup de temps seul dans des chambres d’hôtel très romantiques.

14- Je mange beaucoup trop et je bois beaucoup trop. Ce métier va tous nous rendre obèses et alcooliques! Je le dis à la blague, mais il y a un fond de vérité. Pas étonnant qu’on soit (presque) tous accros au gym ou à la course. Il faut pouvoir brûler des calories même en voyage.

15- J’ai développé une foule de rituels, d’obsessions et de bizarreries au fil des années. Je ne pars presque jamais sans un sac de bonbons, que je déguste dans l’avion. J’inspecte systématiquement toutes mes chambres d’hôtel pour ne pas y trouver de bestioles indésirables (je peux cohabiter avec quelques araignées ou coquerelles, mais les punaises de lit, pas question!). Je mets des sachets de lavande dans ma valise pour chasser les insectes. Même si je ne parle que le français et l’anglais (et quelques phrases de chinois), il m’arrive de comprendre quand même des interlocuteurs parlant d’autres langues. Le body language aide, bien sûr, mais l’oreille aussi.

16- Au retour d’un voyage de presse, il me faut toujours un jour ou deux pour me réhabituer à la «vraie vie». Où est le buffet du petit déj’?

17- Le stress des aéroports? Parvenir à emmener ma fille à l’école à l’heure tous les matins m’angoisse beaucoup plus.

18- Sur une note plus anecdotique, Tourne la page joue constamment dans ma tête. Considérant que je prends l’avion une bonne vingtaine de fois chaque année, le ver d’oreille est tenace. Comme je l’écrivais sur Instagram plus tôt cette semaine, le plus dur reste encore de ne pas me mettre à exécuter les petits moves du clip chaque fois que je me trouve à YUL (lol).

19- Non, je n’ai pas peur du ridicule (mes partenaires de karaoké pourront vous le confirmer). Mais les danses à deux, je déteste. Par contre, oui, parfois, j’ai envie de jouer des scènes du genre pour décoincer les agents qui se prennent trop au sérieux à l’aéroport.

20- Je sais. Vraiment dure, ma vie. ;-)

P.S.: Au cas où certains ne l’auraient pas compris, j’adore mon boulot. Mais la réalité est bien loin de l’image que plusieurs s’en font!

P.P.S.: Je n’arrête pas de faire des ajouts depuis la publication de ce billet. Il n’est pas impossible que j’en fasse d’autres au cours des prochains jours.

Sur des sujets similaires: Mon utilisation de la technologie en voyageMarcher sur des oeufs et Mes indispensables de voyage.

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Mon utilisation de la technologie en voyage

Dans un café du Vieux-Montréal

Dans un café du Vieux-Montréal

«Décroche et profites-en!» Combien de fois ai-je entendu ce commentaire après avoir publié un statut ou une photo pendant un voyage? Je ne suis pas la seule de mon espèce. Mais selon la «police de la techno», en restant ainsi en lien avec nos réseaux, nous serions moins tournés vers les gens que nous rencontrons et moins enclins à profiter de ce qui se passe sous nos yeux.

Attendez.

Avant les cellulaires, les ordinateurs portables et autres tablettes, il y avait un machin dont je ne me séparais jamais. Ça s’appelle… un carnet de notes. Tous les jours, je le noircissais de mes impressions et de mes coups de coeur. Les rencontres marquantes m’inspiraient de longs paragraphes truffés d’anecdotes. Je prenais des tas de photos, aussi, que je faisais développer en double chez Jean Coutu. :-) J’ai même publié un livre grâce à quelques-uns de ces carnets ensuite transformés en courriels (et utilisé une des photos pour la couv’). Et des tas de reportages.

La différence aujourd’hui? Je publie mes photos en direct (ou presque) par le biais d’Instagram et mes vidéos par SocialCam/YouTube. Je tweete/facebooke/blogue mes impressions, mes coups de coeur et rencontres marquantes. J’emmène les gens en voyage avec moi en direct plutôt qu’en différé.

J’ai un besoin viscéral de communiquer. De partager. De créer. D’échanger.

C’est comme ça.

Peut-être parce que j’ai longtemps été enfant unique. Que j’avais des tas de correspondants (oui oui, avec de vraies lettres en papier) à l’adolescence. À cause de l’alignement des planètes à ma naissance. Ou un autre machin du genre qui m’échappe.

Égocentrique? Sûrement. Mais ce trait de personnalité faisait déjà partie de moi avant l’avènement de Facebook. Les réseaux sociaux l’amplifient probablement, mais c’est là un autre débat qui, j’avoue, a fini par me lasser. (Je trouve rapidement tout dépassé, de toute façon, en vivant aussi intensément dans l’instant. Ça ne m’a pas empêchée de réfléchir longuement à la question… il y a cinq ans.;-) Et il est loin de m’empêcher de m’intéresser aux autres.

Perso, je me vois plutôt comme un «véhicule» (un Taxi-brousse?). Je vis des choses et j’essaie de les emmener vers les autres. De faire ressentir ce que j’ai ressenti, moi, au moment où je les ai vécues. Je ne sais pas si c’est plus proche du journalisme, de la littérature, de la bonne vieille lettre ou du potin (!), mais j’ai la nette sensation de faire partie d’un nouveau mouvement où le temps présent prime sur tous les autres.

Dans ma chambre d'hôtel, au Manoir Richelieu, dans Charlevoix

Dans ma chambre d’hôtel du Manoir Richelieu, dans Charlevoix

Il ne faut pas oublier non plus que je suis rarement en vacances quand je voyage. Les déplacements sont au coeur de mon boulot.  Quand je fais un check-in sur Foursquare, je m’assure de me souvenir de l’endroit où j’ai goûté ce plat délicieux (parfois, avec photo et description à l’appui – beaucoup plus facile à retracer ensuite que mes notes rédigées à la main, qui sont carrément illisibles, même pour moi). Oui, je fais parfois ma show off (comme vous, admettez-le!). Foursquare reste toutefois le réseau que je garde le plus fermé parce que je n’aime pas l’idée que de purs inconnus sachent où je me trouve.

Grâce à Twitter, je tisse des liens avec des gens de partout avant de visiter leur coin de pays et je garde contact avec d’autres rencontrés au fil de mes pérégrinations (Facebook entre alors en jeu).

Antisociaux, les adeptes de réseaux… sociaux? Au contraire! Je n’ai jamais autant vu de monde, tant en réel qu’en virtuel. Il faut dire qu’ils conviennent totalement à mon mode de vie. Je suis pigiste. Je travaille la plupart du temps de chez moi ou des destinations où je me trouve. Comme je le disais dans les entrevues accordées à gauche et à droite en 2008-2009, quand nous étions encore bizaroïdes de nous exprimer en 140 caractères, pendant que certains prennent des pauses «cigarettes» au bureau, moi, je prends des pauses «réseaux sociaux» habillée en mou. Souvent. Ma capacité d’attention était déjà réduite depuis longtemps. Baignant dans le Web depuis le milieu des années 1990, je «pense» en hyperliens depuis belle lurette. Avant, on appelait ça la culture du zapping. Autre temps… même maudite affaire, au fond.

Quand les gens me demandent pourquoi je passe autant de temps sur les réseaux sociaux, ma réponse est simple: je ne regarde plus la télé. J’ai déplacé ce temps passif en temps de lecture et d’interaction avec des gens qui peuvent être au coin de ma rue comme à l’autre bout du monde.

Vous êtes outrés quand vous voyez des gens penchés sur leur cellulaire respectif au resto? Où est la différence avec le bon vieux journal? Tout est une question de perception…

En voyage, je fouille sur mon cell comme jadis dans un guide. J’utilise les outils qui se trouvent au bout de mes doigts plutôt que de déplier une carte trahissant mon statut d’étrangère.

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J’adore cette photo de Gina Desjardins (à gauche), Karine Charbonneau (à droite) et moi, prise dans un resto de Dijon pendant l’aventure Espadrilles et champagne, en 2010. Pratique, les cellulaires en voyage. Et ils ne nous ont jamais empêchés d’avoir du plaisir à être ensemble! À trouver plus vite notre chemin, à chercher des infos et à partager des impressions, ça oui, par contre.

Oui, nous exagérons souvent avec nos téléphones intelligents. Nous parcourons les actualités en marchant, nous textons en traversant la rue, nous ne pouvons nous empêcher de jeter un coup d’oeil à nos nouveaux messages en pleine réunion. Mais je trouve que les «anti» exagèrent aussi et ne prennent pas la peine de faire le tour de la question avant de trancher.

Une discussion sur Facebook à propos de cette jeune femme qui, distraite par son cellulaire, aurait perdu la vie en tombant entre deux wagons de métro m’a fait réfléchir. J’en reviens cependant toujours au même constat: les réseaux sociaux ne font qu’amplifier nos traits de caractères dominants.

J’ai toujours été dans la lune. Combien de fois suis-je descendue du bus un coin de rue trop loin parce que j’étais perdue dans mes pensées? Trébuché parce que je regardais les étoiles plutôt que le sol? Foncé dans quelqu’un dans une station de métro parce que je voulais terminer le chapitre d’un roman passionnant? Ce tragique accident aurait pu m’arriver à moi aussi cette semaine ou… il y a 20 ans.

Le mot «dépendance» est rapidement prononcé quand il s’agit de technologie. Dit-on de quelqu’un qui regarde la télé pendant plusieurs heures quotidiennement qu’il en est dépendant? Peut-être pas aujourd’hui. Mais parions qu’il se faisait rapidement étiqueté au moment où la télé a fait son apparition.

Je reste tout de même critique envers certaines utilisations moi aussi, remarquez. J’ai beau aimer le téléphone cellulaire, la manière dont certains l’utilise me rend complètement dingue. Comment peut-on passer tout un trajet Québec-Montréal en appel conférence comme si on était seul dans le train (cas vécu)? Pourquoi raconter très fort les détails de son voyage initiatique en Inde pendant plus d’une heure dans un autobus bondé, à une heure où tout le monde souhaite se reposer (rebelote)? Pourquoi ne pas désactiver les sons de son téléphone? Ce qui m’énerve le plus des cellulaires n’a rien à voir avec l’objet lui-même. C’est le  comportement de certains utilisateurs qui m’irrite.

À chacun sa façon de communiquer. Moi, je préfère le faire par écrit, que ce soit sur mon ordinateur, ma tablette ou mon téléphone (mais pas à la main, je n’arrive plus à me relire!). J’ai développé, avec les années, une profonde aversion pour les appels. Parler au téléphone? Je déteste. Surtout en public.

L’avènement des réseaux sociaux n’a pas fait de moi une personne recluse. Au contraire: je n’ai jamais reçu autant d’invitations. Eu autant envie de sortir. J’ai rencontré tant de gens intéressants par l’intermédiaire de Twitter! Plusieurs sont d’ailleurs aujourd’hui de bons amis que je prends énormément de plaisir à voir en chair et en os (malheureusement, le nombre d’heures dans une journée est resté le même…).

Quand je prends part à des conférences ou à des événements internationaux, j’aime établir un premier contact avec les collègues qui y seront avant de quitter la maison. Je le disais déjà en 2008: pour moi, les réseaux sociaux permettent de sauter le malaise de la première rencontre. La glace est déjà brisée. On peut entrer directement dans le vif du sujet. Avoir une bonne idée des atomes crochus – ou pas – qu’on a avec des gens.

Chose certaine, qu’on le veuille ou non, les réseaux sociaux sont en train de révolutionner notre rapport au monde.

L’un des bons côtés? Si vous me trouvez trop intense, il est facile de cesser de me suivre. ;-)

P.S.: Pour en revenir à la question initiale du «décrochage», oui, il m’arrive de me débrancher en vacances. Surtout quand WiFi n’est pas accessible! :-)))

P.P.S.: Pour ceux qui ne le savent pas, avant de faire des voyages mon créneau principal, j’étais chroniqueuse/journaliste/reporter techno (Génération W, Double Clic, Branché, Guide Internet, La Revanche des NerdZ… alouette!).

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Marcher sur des oeufs

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Photo prise à Cormier plage, dans le nord du pays

Je reviens d’une semaine fantastique en Haïti, où j’ai pu avoir un aperçu des nouveaux forfaits lancés par Vacances Transat en début d’année. J’y ai rencontré des gens prêts à bosser dur pour que les voyageurs reviennent au pays. Des passionnés qui croient que le tourisme est l’une des clés du développement du pays.

J’ai plongé tête première dans cette culture à laquelle j’ai été initiée par les écrits des Dany Laferrière, Rodney Saint-Éloi et autres Gary Victor. J’ai craqué pour ses airs d’Afrique, ses tap-taps bigarrés, sa musique entraînante et ses peintres naïfs. J’ai pleuré en remontant le temps jusqu’à la période de l’esclavagisme. Crié de bonheur en goûtant mon premier morceau de douce cocoyer, friandise à base de noix de coco. Savouré au moins trois variétés différentes de mangues.

Je me suis baignée dans les eaux cristallines d’une île sans hôtels, me disant, moi, la diva au sang froid (je suis un lézard!), que la température était parfaite. Assez chaude en tout cas pour que j’y passe presque quatre heures consécutives, à peine interrompues par l’appel de la langouste «boucanée» (grillée sur le barbecue).

J’ai contemplé l’horizon depuis L’Observatoire de Boutilliers en me disant que j’aurais pu y passer une journée entière (c’était peut-être aussi à cause de la fabuleuse chiquetaille de harang et du chocolat chaud exquis). Frissonné malgré les 35 degrés en découvrant l’histoire du roi Christophe et sa folie des grandeurs lors de la visite du Palais Sans-Souci et de la citadelle.

Et pourtant, je n’ai jamais été aussi angoissée à l’idée d’écrire sur une destination.

J’ai l’impression que peu importe ce que je dirai, il y aura toujours quelqu’un pour rappeler la moindre ombre au tableau. D’un côté, les touristes effrayés par les images diffusées depuis des décennies. De l’autre, ceux qui dénoncent la corruption et critiquent le président Martelly.

Toute l’attention accordée à notre petit groupe pendant le séjour n’est pas non plus sans entraîner une certaine pression. Photographes, journalistes et caméramans nous ont suivi dans la plupart de nos déplacements. Nous étions attendus. Et les attentes ne sont pas disparues parce que nous avons quitté le pays.

Photo prise au Palais Sans-Souci et publiée sur la page Facebook de la  Direction Regionale Du Tourisme Du Nord.

Photo prise au Palais Sans-Souci et publiée sur la page Facebook de la Direction Regionale Du Tourisme Du Nord (je suis au centre, avec le t-shirt gris).

Je n’ai par ailleurs jamais rencontré autant de politiciens lors d’un voyage de presse (du président de la République à la Ministre du Tourisme, en passant par les maires de Pétion-Ville et du Cap-Haïtien). Ni eu à écrire d’un point de vue touristique sur un pays aussi controversé sur les plans politique et humanitaire. Un pays où tout est à bâtir.

Je n’ai aucune autre prétention que rapporter ce que j’ai vu, entendu et senti pendant cette (trop courte) semaine à sillonner le pays. Je n’ai pas le recul nécessaire pour livrer une analyse approfondie des situations politique, économique et sociale. Ce n’est pas non plus en sept petites journées que j’ai eu le temps de tirer des conclusions. Ce n’est pas mon rôle, de toute façon: moi, je cause voyage et tourisme. J’ai beau m’intéresser à l’histoire du pays, avoir lu des bouquins et des dizaines de reportages, cela ne fait pas de moi une spécialiste de la question haïtienne. Je suis bien sûr sensible au sort du peuple. Et à ce que le tourisme peut lui apporter (ou pas…). Les nuances sont primordiales. L’ouverture aussi.

Bien sûr, on nous en met plein la vue lors d’un voyage de presse. On déroule le tapis rouge. C’est le grand jeu de la séduction. Mais c’est ainsi partout. C’est à nous, journalistes (et/ou blogueurs, chroniqueurs…), de faire la part des choses. De tenter de départir les privilèges de la réalité. De brosser le portrait le plus juste possible tout en restant conscient de nos limites.

De tous les côtés, les gens ont des intérêts. Le fondement des critiques n’est pas toujours aussi noble qu’il n’y paraît à prime abord. Rien n’est simple…

Comme je l’écrivais sur Facebook à mon retour, oui, la pauvreté est visible en Haïti. Les problèmes ne disparaîtront pas comme par magie. Mais plus que jamais, je crois que le tourisme peut aider le pays à se développer.

Le potentiel est immense. Je le savais déjà: le voir de mes propres yeux n’a fait qu’amplifier mon désir de pousser l’exploration.

Le bonheur que j’ai ressenti en me baignant dans la mer ou en me baladant dans les montagnes n’a rien à voir avec le «pitch» de vente des différents intervenants de l’industrie. Ma fascination pour l’histoire du pays n’est pas le résultat d’une opération marketing. Les larmes qui ont roulé sur mes joues n’ont pas été commanditées par une quelconque compagnie.

S’il y a une chose que je sais, c’est que mes émotions, elles, sont bien réelles.

Si vous avez envie de lire mes reportages et billets sur le sujet, repassez par ici au cours des prochains jours. Visitez aussi EnTransit.ca et la section Voyage de MSN.ca. Je vous tiendrai également au courant de la publication des autres reportages.

À lire également: Par hasard… le président haïtien,  Haïti comme vous ne l’avez jamais vueForfaits de Transat en Haïti: les détailsDivins tap-tapsHaïti vous attendQuand la perle des Antilles s’effrite dans son écrinHaïti comme destination touristiquePourquoi je ne terminerai pas L’énigme du retour (sur le blogue de TV5).

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Mais qu’est-ce qu’on attend?

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Je viens d’apprendre la mort d’Annick, une amie du secondaire. Cancer du foie. Il s’est écoulé seulement quelques semaines entre l’annonce du diagnostic et la fin. Elle avait quatre enfants âgés de 3 à 12 ans.

«Je veux voir la forêt amazonienne!» En apprenant son décès, j’ai bien sûr pensé à sa famille. Mais c’est cette phrase prononcée par l’ado qu’elle était dans le cadre d’un concours d’art oratoire où on nous demandait de nous présenter qui revient en boucle dans ma tête. «Je veux voir la forêt amazonienne!…»

À l’époque, son désir de voir le monde m’avait beaucoup impressionnée. Je la trouvais si aventurière! Pour moi, voyager semblait tellement inaccessible que l’idée de voir Paris un jour me suffisait.

Annick n’aura jamais vu la forêt amazonienne.

Ça me rend dingue.

Dingue de revoir cette adolescente pleine de rêves laissés en suspens.

Dingue qu’elle n’ait pas pu les partager avec les quatre petits êtres qu’elle a mis au monde.

Dingue d’imaginer que quand ils auront à leur tour 15 ans, elle ne sera pas dans la salle s’ils participent à un concours d’art oratoire.

La mort, c’est toujours trop tôt.

Alors pourquoi attend-on autant pour vivre, bordel?

MÀJ 2 avril, 14h45: Je viens de voir que Mylen Vigneault, avec qui je suis aussi allée au secondaire, a publié un billet sur Annick intitulé Les parents ne devraient pas mourir. Hyper-touchant.

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Éloge du silence

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Je m’avançais vers l’inconnu et personne au monde ne pouvait me dire ce que j’allais y rencontrer. Je n’avais pas de mode d’emploi. C’était la première fois. Mais je savais que cela devait être fait [...]. Je grimpai hors de l’écoutille sans me presser et m’en extirpai délicatement. Je m’éloignai peu à peu du vaisseau [...]. C’est surtout le silence qui me frappa le plus. C’était un silence impressionnant, comme je n’en ai jamais rencontré sur Terre, si lourd et si profond que je commençai à entendre le bruit de mon propre corps [...]. Il y avait plus d’étoiles dans le ciel que je ne m’y étais attendu. Le ciel était d’un noir profond, mais en même temps, il brillait de la lueur du Soleil… La Terre paraissait petite, bleue, claire, si attendrissante, si esseulée. C’était notre demeure, et il fallait que je la défende comme une sainte relique. Elle était absolument ronde. Je crois que je n’ai jamais su ce que signifiait rond avant d’avoir vu la Terre depuis l’espace.

Alekseï Leonov, premier homme à marcher dans l’espace

Au-delà des difficultés techniques qu’a éprouvé le cosmonaute pendant sa brève balade dans l’espace et de la poésie émanant de ses premières impressions – qui résument d’ailleurs magnifiquement bien pourquoi je voyage – , c’est surtout sa description du silence que je retiens. C’est fou à quel point le silence est rempli de nuances. Comme l’eau, le silence ne «goûte» pas pareil partout. Dans une grotte ou dans un igloo, en Afrique ou en Amérique, il se décline en une infinité de subtilités.

Parmi mes plus beaux souvenirs de silence se trouvent ceux vécus sous l’eau. Un silence opaque comme une nuit de nouvelle lune. Il y a bien le bruit des bulles. Les sons qui nous parviennent après ce qui semble avoir été un long voyage dans une boule de coton. Et les battements du coeur. Surtout les battements du coeur.

J’ai aussi trouvé le silence dans la musique. Dans des langues que je ne comprends pas.

Rien ne remplace toutefois la rencontre avec son propre silence. Et avec celui d’un autre. Dans ces cas-là, la géographie n’a plus d’importance.

J’ai beau être une accro du chaos, il n’y a pas de plus beau moment que celui où je l’entends enfin. Cet instant béni où je me retrouve seule devant le clavier, avec le seul cliquetis des touches pour le briser. Quand son charme est rompu par l’arrivée des miens, je le sais tout proche, prêt à bondir entre deux éclats de rires de ma fille.

Il m’arrive de me lever avant que le soleil étire ses premiers rayons juste pour retrouver mon vieux complice. Les bruits de la maison le troublent un peu, mais la plupart du temps, c’est lui le plus fort. Cela ne m’empêche pas de l’agresser de temps à autres en chantant à tue-tête. Ou de le fuir, quand le chaos m’appelle.

C’est ce qu’il y a de bien avec le silence. Il n’a pas toujours besoin d’être comblé.

(La citation d’Alekseï Leonov provient d’un article du Point.)

MÀJ 22 mars: Je ne suis pas la seule à penser au silence ces jours-ci. Je viens de tomber sur cette chronique de Josée Blanchette dans Le Devoir, publiée la semaine dernière.

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Chez soi partout, mais nulle part

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«Tu as déjà franchi la ligne. Désormais, tu ne te sentiras plus tout à fait chez toi quand tu retourneras là-bas, même si tu te sens encore étrangère au Canada.»

Mon amie, qui a quitté son Angleterre natale il y a cinq mois pour s’installer à Vancouver, prend une bouchée de pain avant de détourner les yeux.

C’est là que je le sens pour la première fois depuis des mois. Ce petit pincement si caractéristique, qui se manifeste régulièrement depuis dix ans. Ce pincement sournois, qui ramène en une fraction de seconde des odeurs, des sons, des sensations d’ailleurs. Celui qui vous rappelle que même chez vous ne l’est plus vraiment. Même si cet ailleurs qu’on s’est approprié le temps de quelques mois ou de quelques années n’a jamais été tout à fait sien.

J’imagine que ce sentiment s’estompe après plusieurs décennies passés dans le pays d’accueil. Mais retourner chez soi, ne serait-ce qu’en vacances pendant quelques jours, le réveille indubitablement. Le temps ne s’arrête pas parce que nous partons. Les gens ne cessent pas de vieillir entre nos visites. Nous ne sommes plus tout à fait les mêmes non plus. Même si nous n’avons pas vraiment changé…

Quand on prend la décision de revenir «pour de bon» (que j’ai horreur de cette expression!) après s’être approprié un peu plus chaque jour ce chez soi d’ailleurs, c’est «à la maison» qu’il nous prend par surprise. Certains l’appellent alors le reverse culture shock. Moi, je crois plutôt que c’est un génie qui roupille dans ma tête pendant de longues périodes et se réveille de temps en temps pour me rappeler que ma réalité n’est plus tout à fait la même quoi que je fasse, où que j’aille.
Le même petit génie qui, un jour, m’a soufflé à l’oreille que je n’avais pas forcément raison, même si je n’avais pas forcément tord, alors que j’essayais de «lire» l’autre. Que mes vérités n’étaient pas toujours les mêmes que celle de ces gens que j’essayais de décoder tant bien que mal. Que les sourires n’avaient pas la même signification. Et ne naissaient pas de la même source. Heureusement, il a de l’humour, mon génie. Et a placé des tas de gens sur ma route qui en ont un eux aussi.

L’adaptation nécessite une certaine mésadaptation. On se reprogramme, mais on efface malencontreusement quelques données au passage. Quand on tente de faire «back», on a oublié sur quelle touche appuyer. Ou on refuse de s’en souvenir… Car il y cela, aussi. En tentant de s’approprier tous ces nouveaux codes, on réalise que certains comportements ou mentalités qui semblaient aller de soi ne font plus vraiment de sens pour nous. On devient une espèce de patchwork culturel qui détonne toujours un peu, peu importe le décor dans lequel on le plante. C’est exactement comme ça que je me sens au moment où je débite ma théorie à mon amie.

À la maison, c’est où? Partout, mais nulle part, ai-je envie de lui dire. Mais je me tais. Je sais qu’elle le sait déjà, même si nos patchworks sont bien différents.

Sur des sujets similaires: Partir seule: la meilleure décision de ma vie, L’exil chez soi, Retour aux sources, Coma, coma,les billets de mon retour à Taïwan en 2008, Mais jusqu’où?,La pulsion du voyage, Qu’est-ce que l’exotisme? et Bientôt cinq ans de Taxi-brousse.

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Strasbourg en 12 clichés Instagram

Je suis arrivée à Strasbourg en train. C’était l’automne. La pluie venait de se mettre à tomber. Moi, j’avais le sourire fendu jusqu’aux oreilles. À cause du train. Des rails. De la gare…

Elle était belle, cette gare. Et laissait présager le charme fou de la ville.

Je suis partie me balader seule dans ses rues. Une promenade en bateau-mouche m’a ensuite permis de l’admirer sous un autre angle.

Oui, j’ai succombé.

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La gare

Balade dans la ville

Magnifique Strasbourg…

La cloche à fromage. On trouve dans ce restaurant la plus grosse... cloche à fromage.

La cloche à fromage. On trouve dans ce restaurant la plus grosse… cloche à fromage.

Cathédrale de Strasbourg

L’incontournable cathédrale

Palais Rohan

Palais Rohan

Bateau mouche

Bateau-mouche

Promenade fluviale

Vue du bateau

Strasbourg l'automne

Strasbourg en octobre

Foie gras, choucroute et gratin au Munster (Coin des Pucelles)

Foie gras, choucroute et gratin au Munster (Au Coin des Pucelles)

Bu. Aimé.

Bu. Aimé.

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Chaud-froid: savoureuses quetsches (prunes) avec crème glacée au pain d’épices (Au Coin des pucelles).

Rue des écrivains

Rue des écrivains

À découvrir également: mes billets sur la France sur EnTransit.ca.

Ce voyage a été réalisé grâce à une invitation de Vins de France. Merci!

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