Vous avez décidé de passer quelques jours – mieux, quelques semaines – en Europe. Une fois les billets d’avion pour traverser la grande flaque achetés, il vous reste à décider comment vous vous déplacerez là-bas.
Pour plusieurs, le train s’impose. D’abord pour son côté mythique (non, pas seulement à cause de Before Sunrise
. Puis, pour son aspect pratique. Mais est-ce vraiment plus économique? Ça dépend, si je me fie aux témoignages recueillis.
Le journaliste Vincent Fortier s’est offert une parenthèse professionnelle pour voir du pays en 2012. Son itinéraire: Paris-Bruxelles-Anvers-Rotterdam-Amsterdam-Berlin-Prague-Vienne-Munich-Paris. «J’ai choisi le train d’abord et simplement parce que j’en avais envie, raconte-t-il. Pour moi, un voyage du genre en Europe rimait avec train. Les trajets en train ont fait partie intégrante de mon voyage. Le train devenait une destination en soi.»
Au-delà du rapport qualité-prix, il aimait l’idée de ne pas devoir arriver deux heures à l’avance comme à l’aéroport. «À la gare, on arrive à la dernière minute et on monte. Pas de chichi. C’est génial! C’est aussi à mon avis bien moins stressant et, si le trajet est parfois plus long, on arrive directement en ville.»
Il a opté pour des voyages de jour, histoire de pouvoir observer le paysage. «Le confort et la rapidité pèsent aussi lourd dans la balance. Pendant tout mon voyage, je n’ai fait que des voyages directs. Je n’ai jamais changé de train. Ce n’est pas toujours le cas en avion, en Europe du moins! J’ai fait de courts segments (40 minutes entre Bruxelles et Anvers) et des longs (6h30 entre Amsterdam et Berlin).»
Un autre son de cloche
La Québécoise Marie-Eve Vallières, auteure des blogues Eurotrip Tips et A Montrealer Abroad, habite Clermont-Ferrand, en France, depuis deux ans. La blogueuse voyage a eu l’occasion de prendre autant le train que l’avion pour se déplacer sur le continent. «Sans grande surprise, le train est généralement plus avantageux sur les courtes distances, et l’avion, sur les plus longues. Il est vrai que les trains sont moins compliqués à utiliser, plus confortables et plus agréables, mais ces avantages se monnaient et finissent généralement par coûter très cher.»
«Il ne faut pas oublier que beaucoup de trains en Europe sont de type "réservation obligatoire", surtout – mais pas seulement – les trains à grande vitesse, poursuit-elle. Ces réservations peuvent vite faire grimper le prix du billet. Donc, à moins d’être chanceux et de tomber sur une période creuse ou une vente éclair, l’avion est généralement plus avantageux, même en incluant les frais de transport de/vers l’aéroport. Exemple réel que j’ai fait à plusieurs reprises: le train de Lyon à Londres coûte généralement au minimum 150 euros et dure environ 5 heures, alors qu’un vol d’une heure avec EasyJet se détaille à environ 60 euros l’aller-retour. Difficile à battre!»
Bien entendu, il ne faut pas s’attendre au service des grandes compagnies aériennes quand on opte pour un transporteur à rabais. «Les avantages et inconvénients des compagnies low-cost sont un débat à eux seuls (frais cachés, limitation des bagages, horaires, etc)! Mais pour une heure de vol seulement, ça vaut vachement le coup de se passer de certains petits luxes pour économiser autant d’argent.»
Les arguments de Rail Europe
Eric Bacon, directeur des ventes de Rail Europe inc. au Canada, n’est évidemment pas du même avis. Il reprend l’essentiel des propos de la section Avantages des trains en Europe du site de Rail Europe: «Dans beaucoup de cas, même considérant les compagnies aériennes à rabais (Low Cost), il est plus avantageux d’opter pour le train qu’un vol. Les trains partent et arrivent dans les centre-ville permettant ainsi un accès rapide aux gares de train et votre hôtel.»
«Les aéroports sont en majeure partie localisés en périphérie des villes et peuvent ainsi prendre une ou une heure et demie de déplacement. De plus, il faut considérer le coût d’un taxi, d’un bus ou d’un train de banlieue pour s’y rendre. On peut se rendre à la gare seulement 30 minutes avant le départ de son train car il n’y a pas de sécurité à passer. Avec un vol, vous devrez passer la sécurité pour lequel vous devrez ajouter à votre temps de déplacement. Dans la majorité des trains, il n’y a pas de limite de bagage. [...] En train, vous avez la chance d’admirer le paysage et de pouvoir facilement discuter avec vos voisins de siège. Le train invite les gens à parler et discuter.»
Opter ou non pour une passe de train?
Vous préférez le train? Pas si vite, le shopping est loin d’être terminé. Il est nécessaire de prendre le temps d’étudier les différents types de billets pour trouver le meilleur plan pour soi. «Les passes de train (laissez-passer) sont encore bien populaires et avantageuses, estime le directeur des ventes de Rail Europe. Si vous parcourez un grand territoire ou vous prévoyez vous déplacez souvent, il sera plus avantageux de prendre en effet une passe de train. En consultant un agent de voyages, elle/il sera en mesure de vous suggérer la meilleure option pour ce que vous prévoyez faire pendant votre voyage en Europe.»
Des prix spéciaux sont régulièrement offerts. «Il y a présentement une promotion pour la Eurail Global Pass où un rabais de 100$ est offert aux étudiants en réservant avant le 12 juin, ou jusqu’à épuisement des stocks», souligne-t-il.
Vincent a pour sa part constaté qu’il lui était plus avantageux d’acheter ses billets séparément, à cause des escales privilégiées. «J’ai d’abord fait mon itinéraire en choisissant les pays que je voulais visiter avec le temps dont je disposais.»
«Comme je me rendais quand même jusqu’à Prague, j’ai compris en faisant une recherche internet rapide que les passes offertes ne m’avantageaient pas (peut-être me suis-je trompé aussi!). J’ai remarqué qu’il y avait des passes régionales (Benelux, Scandinavie, etc), mais rien ne couvrait les six pays que je voulais visiter. Il fallait donc que je choisisse une passe couvrant 25 pays. Il y a aussi la durée du voyage qui compte. Une passe d’un mois pour 25 pays revenait donc plus chère que mes billets individuels. La différence n’était vraiment pas énorme (100$, il me semble), mais comme c’était mon premier voyage du genre, le fait d’avoir tous mes billets avec une date et une heure me rassurait. C’était vraiment une question de quiétude dans mon cas, puisque les trains sont souvent sold-out.»
«Les passes qui englobent toute l’Europe ne valent généralement pas leur prix, tranche pour sa part Marie-Eve. Les réservations de places ne sont pas incluses dans le prix et s’ajoutent au prix de la passe, déjà plutôt cher. Vaut mieux se concentrer sur quelques pays, et choisir la passe qui s’applique à ces pays seulement et essayer de prendre le plus possible les trains "régionnaux" et non à grande vitesse afin d’éviter les frais de réservation. Mieux vaut également vérifier le prix des billets à l’unité avant d’acheter une passe. Par exemple, aux Pays-Bas et en Belgique, les trajets se détaillent rarement à plus de 20 euros chacun puisque ce sont de courtes distances.»
Les tuyaux de Marie-Eve: «Pour les gens qui vivent en France, les abonnements de la SNCF valent vachement le coup. Par exemple, la carte 12-25 permet souvent d’économiser près de 50% sur le prix des billets – inutile de dire que les frais annuels de 50 euros se remboursent assez vite. Il y a une variété d’abonnements intéressants pour les jeunes, les couples, les familles et les séniors. Pour le reste, le mot d’ordre, c’est réserver à l’avance et voyager pendant les périodes creuses. À noter que la plupart des billets de train ne sont disponibles qu’au maximum 12 semaines avant le départ.»
De mon côté, je suis un peu biaisée. J’aime tellement les trains qu’ils sont toujours mon premier choix, même si le billet coûte un peu plus cher. Je n’ai encore jamais testé les compagnies aériennes à rabais. J’aime trop le côté contemplatif du train. Et je ne me lasse jamais de leur roulis, même au bout de plusieurs jours…
Et vous, qu’en pensez-vous? Des expériences européennes à partager?




















«Au niveau humain, une différence majeure est que nous les québécois détestons la confrontation et l’évitons à tout prix, alors que les français la cultivent, observe Pierre B. Gourde. C’est très complexe parce qu’on est soupe au lait et que, dans un contexte de confrontation, on part vite. J’ai vu des scènes en France où les mecs s’engueulent à des niveaux incroyables, et une fois que c’est dit, tout le monde repart de son côté, basta. Chez nous, rendu à ce point là, les poings ne tardent plus… C’est peut-être plus sain, mais ça créé de tensions incroyables entre nous parfois.»
![traveldudes-PCCropperCapture[5]](http://taxibrousse.files.wordpress.com/2013/03/traveldudes-pccroppercapture5.png?w=633&h=309)




































