Taxi-brousse

Pérégrinations immobiles

Belles du bétel 1, juin, 2008

Classé dans : Asie, Prof Marieju, Taïwan 2008, Une image vaut mille mots — Marie-Julie Gagnon @ 9:28

Dans mon billet sur la préparation du bétel, j’ai glissé un mot sur celles qu’on surnomme les betel nut beauties (qui ont d’ailleurs inspiré un très beau film de Cheng-sheng Lin), ces filles (souvent très) légèrement vêtues qui vendent le bétel. Après 24h à Hsinchu, je peux confirmer qu’elles sont bel et bien toujours actives! Même si le gouvernement a tenté de «faire le ménage» il y a quelques années, on peut toujours voir ces vendeuses hyper-aguichantes poser dans leurs «cages» de verres un peu partout aux abords des routes.

 

Le hic, c’est qu’elles ne se laissent pas photographier facilement. Voici les deux seuls clichés que je suis arrivée à prendre de la fenêtre d’une voiture. Pas extra, mais ils vous donneront tout de même une idée de leurs looks.

 

 

Pour plus d’info, j’ai aussi rédigé un texte sur le phénomène pour La Presse il y a quelques années. Vous le trouverez ici.

 

Bétel city 28, mai, 2008

Classé dans : Asie, Prof Marieju, Taïwan 2008, Vidéo — Marie-Julie Gagnon @ 7:09

Pendant un an et demi, j’ai résisté. «Trop dangereux Marie, la mafia est derrière eux.» Tout le monde me mettait en garde quand je disais vouloir filmer des betel nut beauties, ces filles généralement à demi-nues qui vendent le bétel. Il me paraissait pourtant impensable de quitter l’île de Formose sans avoir tenté de saisir ce phénomène. 

 

Six ans plus tard, en revenant d’un marché de nuit avec Chéri et Bébé, des hommes attablés autour du kiosque d’une jeune vendeuse (décemment vêtue) nous ont interpellés. L’occasion était trop bonne (et puis, j’ai l’air si inoffensive dans mes rôles de mère et d’épouse, avec mon n95 en guise de caméra! lol). Je me suis approchée, leur ai demandé si je pouvais les filmer, et voilà. Le fait que Chéri ait discuté avec eux a sûrement contribué au succès de l’opération… ;-)

 

Voici donc un cours 101 de préparation de ce qu’on appelle le bétel, en réalité une noix d’arec fourrée à la chaux qu’on enveloppe d’une feuille de bétel et que les gens mâchent pour ses vertus stimulantes. On voit souvent les chauffeurs de taxi la chiquer et cracher de grands jets rouges… 

 

 

Simple mode? Loin de là. «Selon les sociologues et d’autres experts qui ont étudié le problème, toute l’industrie qui s’est forgée autour du bétel est là pour rester, affirmait Les Échos en 2001. La principale raison est que le bétel est populaire en tant que stimulant légal pour les routiers qui conduisent de longues heures, les ouvriers du bâtiment, les personnes aux revenus modestes, les gangsters et même la nouvelle génération de jeunes qui utilisent le bétel comme un genre de drogue. Ce n’est pas de la caféine, ni du tabac, ni de la bière, le bétel est par nature un fortifiant, et c’est pour cela qu’il attire, expliquent ceux qui s’y adonnent.»

 

Taiwan info rapporte par ailleurs que 88% des patients taïwanais ayant contracté un cancer de la bouche et 96% de ceux atteints d’un fibrome des muqueuses sont des mâcheurs de bétel.

 

En 2008, les belles du bétel me semblent un peu plus discrètes (plus couvertes?). Mais les bouches rougeâtres sont toujours aussi nombreuses…

 

 

Cacao 101 6, avril, 2008

Classé dans : Amérique, Boulot, Caraïbes, Prof Marieju, Une image vaut mille mots — Marie-Julie Gagnon @ 7:26

Un peu d’agriculture aujourd’hui les enfants. Grande «chocoolique» devant l’Éternel, j’étais aux anges quand la productrice de la série Jeunes Reporters Sans Frontières (à laquelle j’ai collaboré à titre de «coach» des jeunes journalistes en question) m’a annoncé qu’on irait visiter des plantations de cacao en République dominicaine. (C’était en décembre 2003, juste avant de me rendre au Mali rencontrer d’ex-esclaves ivoiriens de cette même industrie pour d’autres reportages, dont celui-ci… Cet article de Laure Waridel résume aussi très bien la situation, qui est bien sûr intimement reliée aux actions du commerce équitable.)

 

Nous avons donc rendu visite à de petits producteurs membres de la coopérative CONACADO (environ 10 000 cultivateurs du pays en font partie), histoire de comprendre leurs réalités et constater de visu l’impact du commerce équitable.

 

Pour les faits sur l’industrie du cacao, je laisse le boulot à Transfair (un dossier fort intéressant et complet). J’ai plutôt envie de partager avec vous les photos des différentes étapes de la récolte du cacao que j’ai prises sur le terrain. Parce que oui: il pousse dans les arbres! Et moi, j’étais comme une fillette dans un magasin de bonbons… 

 

Le cacaoyer. C’est ici que tout commence. La cabosse, son fruit, pousse directement sur le tronc ou sur les grosses branches.

 Marie-Julie Gagnon)          Marie-Julie Gagnon

On doit ensuite couper la cabosse pour en extraire les graines. C’est là-dedans que se cachent les fèves, qui deviendront éventuellement du cacao. Non, ça ne sent pas du tout le chocolat à ce stade-ci (du moins, pas dans mon souvenir).

 

 Marie-Julie Gagnon

 

On extrait les fèves, qui, comme vous pouvez le voir, sont enrobées d’une pulpe plus ou moins appétissante. Restera ensuite à trier, nettoyer, fermenter… 

 

Marie-Julie Gagnon

 

Curieuse, j’ai croqué l’une d’elles, une fois fermentée et séchée. Côté texture, on est encore très loin de l’onctuosité du chocolat. Le goût est très amer, mais je n’ai pas détesté…  ;-)  

 

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la culture du cacao (et voir les étapes suivantes), Futura Science a préparé un super reportage.

 

C’est tout pour la leçon d’aujourd’hui! Allez, travaux pratiques: tous à vos tablettes de chocolat (équitables, of course…)!