Taxi-brousse

Articles étiquettés ‘livre’

Bruno Blanchet en entrevue

1 décembre 2008 · 16 commentaires

pr080_300J’ai toujours craqué pour l’humour absurde de Bruno Blanchet. Alors forcément, quand il s’est envolé pour ce qui devait être une année sabbatique à l’étranger, j’ai suivi religieusement ses pérégrinations dans La Presse.

Ce qui m’a frappée en lisant le premier tome de La Frousse autour du monde, c’est le décalage entre le gamin de 40 ans qui a quitté Montréal et celui de 44 ans qui l’a retrouvée il y a quelques semaines pour faire la promotion du condensé de sa première année de voyage. Le clown est toujours drôle, mais il garde parfois son nez rouge dans sa poche. Pas tout le temps – à notre plus grand bonheur! – mais c’est l’impression que m’ont données les entrevues attrapées ici et là. J’oserais même dire que je sentais poindre une certaine sagesse dans ses propos. Les voyages forment la jeunesse, dit-on… 

Dès que j’ai connu la date de publication de son livre, j’ai proposé que Clin d’oeil profite de l’occasion pour réaliser une entrevue avec lui. Quelques semaines plus tard, au plus fort de sa tournée de promo, je reçois un courriel de ma directrice préférée qui me demande d’attraper Bruno pour une photo et une entrevue. Je suis parvenue à booker un shooting, mais pour l’entrevue, nous avons convenu que l’idéal serait de la faire par courriel une fois qu’il serait de retour à Bangkok. (Maintenant que j’y pense, ç’aurait été tellement plus branché de la faire via Skype ou Gmail chat/video/full/cool… Brrrravo Miss Techno!).

En 2005, j’avais demandé à Marie-Sissi Labrèche (qui ne s’était pas fait priée!) de traquer la bête sur les routes du monde pour réaliser une entrevue du même genre (on peut la lire dans la section «Articles» du site consacré à Bruno). À l’époque, il n’avait que quelques mois de voyage derrière la cravate (la casquette?), mais je me souviens avoir versé toutes les larmes de mon corps en lisant ses réponses. Je me retrouvais intensément dans ses mots, ses images, ses émotions. Même quand il me faisait rire, je braillais comme un veau. (En fait, encore plus quand il me faisait rire, je pense.)

Maintenant que j’ai une plus grande distance avec mon ex-vie d’expat, j’ai plutôt souri en lisant ses réponses. D’abord, il faut dire qu’après une tournée de promo intense comme celle qu’il venait de faire, il en avait peut-être un peu ras-le-pompon de se faire poser toutes les questions possibles et inimagineables qu’on peut poser à un spécimen dans son genre. N’empêche, j’aurais aimé que le numéro de février du mag soit plus substantiel pour publier plus que les deux feuillets que j’étais autorisée à tirer de notre entretien Web. Heureusement, Internet est là. En plus de la courte entrevue qui sera dans notre numéro de février 2009, des questions/réponses seront offertes en supplément sur le site de Clin d’oeil.

Comme je ne peux pas résister, je vous offre un extrait:

MJG: Le plus grand mythe entourant le voyage à ton avis?

BB: «Si t’es pas allé en Inde, t’as pas vraiment voyagé»… Ah! 
C’est tout faux et tellement prétentieux! En Inde, il y a des affiches en anglais, des trains presque à l’heure, des habitants éduqués qui parlent plus d’une langue et tellement de touristes qu’en certains endroits, on se marche sur les pieds! 
Si t’es pas allé en Inde, t’es juste pas allé en Inde. C’est un pays fabuleux, cela dit, qu’on peut explorer pendant toute une vie. Vous voulez un dépaysement, un vrai voyage dans le temps? 
Le centre de la Chine.

MJG: La première chose que tu fais en arrivant dans un pays?

BB: Super question! 
À l’aéroport, ou à la gare, je m’assois à l’écart et j’observe la joute pendant un moment. J’essaye de m’imprégner rapidement du rythme de l’endroit pour ne pas avoir l’air d’un perdu. Puis je me lève et je marche en regardant droit devant, la tête haute, avec l’air détaché du gars qui apporte son sac de linge sale à la buanderie.
 (…) Si je trouve un supermarché où il y a des articles avec des prix inscrits dessus, je cours voir la valeur des trucs comme: bouteille d’eau, fruits, légumes, bière, etc afin de savoir, lorsque je magasinerai sur la rue, combien je pourrai négocier mes sandwichs ou mon jus de fruits frais tout en demeurant raisonnable.
Il faut arrêter d’essayer de faire descendre les prix à un moment donné, et réaliser qu’on est en train de se prendre la tête pour des sous noirs, qui ne feront aucune différence à notre budget, mais qui serviront peut-être à nourrir les trois enfants de la madame…

Plus sage, je vous disais.

Une citation avant d’aller terminer mon texte pour le mag, tirée de la dernière chronique du premier tome  (qui se clôt après sa première année de voyage), servie en guise de réponse à ceux qui le trouvent «chanceux» de vivre ainsi d’aventure en aventure: 

Ah! Parlons-en, justement, de l’aventure.

Ça m’a pris un an pour réaliser qu’elle n’est nulle part, l’aventure. L’aventure ne se trouve pas dans un livre, un guide ou une expédition prévue pour ça. L’aventure est une porte qui s’ouvre par en-dedans Le reste dépend de vous. 

Vous les voyez les larmes, là, au coin de mes yeux?

 

P.S.: Devinez quel livre est suggéré sous la fiche de Cartes postales d’Asie sur le site de Renaud Bray? Eh oui! La Frousse autour du monde! Par contre, l’inverse n’est pas vrai… :-(

P.P.S.: S’il faut l’acheter, même si ses chroniques sont encore en ligne? MOUIII, sans hésiter (après vous être procuré le mien bien sûr… ;-) ! C’est un livre magnifique, qu’on a envie de laisser traîner pour s’offrir de petites doses d’évasion de temps en temps. Ah! Et parce que ça vaut vraiment la peine de le souligner, le design est signé Amen Création.

P.P.P.S.: Ouf! Pour une fille qui dit ne pas trop aimer lire les longs billets des autres, je fais ici preuve d’un manque total de cohérence!

Catégories : Boulot · Entrevues
Tagué : , ,

Ça fait du bien

29 novembre 2008 · 5 commentaires

cartes_postales_d_asie_sHier, j’ai vu que Cartes postales d’Asie était de retour sur les rayons de ma librairie préférée. Comme toujours, j’en ai retourné un exemplaire au cas où un futur lecteur passerait pas là: «Hey toi! Tu ne le sais pas encore, mais c’est toi que j’attendais sur cette tablette!»… ;-)

P.S.: Merci aux 179 membres du groupe sur Facebook et à l’escouade de copains qui l’ont demandé aux libraires!

Catégories : Asie · Réflexions
Tagué :

Mange, prie, aime

18 novembre 2008 · 11 commentaires

9782702139042fsJ’étais certaine de détester. D’abord, à cause du buzz. Pour moi, un buzz, c’est comme un épais brouillard étouffant. M’en fous si ce qu’il y a au-delà est merveilleux: il m’agace trop pour que je m’y intéresse. Parfois, je reviens. Mais souvent – comme dans le cas des Pierre Lapointe de ce monde – le buzz est si intense qu’il entraîne des effets secondaires à long terme. Une genre de nausée dont je arrive pas à me débarrasser…

J’étais certaine de détester, donc. «Quelle couverture hideuse! me suis-je exclamée en saisissant le livre chez Renaud Bray. Et puis, c’est quoi ce titre étrange?» La superficielle en moi voyait là d’autres bonnes raisons de filer sans attendre le beau temps.

Je l’ai quand même acheté.

L’introduction a à son tour failli me faire prendre mes jambes à mon cou. J’ai horreur des gens qui se sentent obligés de s’expliquer. Surtout avant qu’on ait pu juger de quel bois ils se chauffent! Quelques pages plus loin (p. 55, pour être précise), l’auteure raconte que son éditeur lui a offert une avance pour le livre qu’elle écrirait sur ses voyages, lui permettant ainsi de bourlinguer pendant toute une année sans se soucier de l’aspect financier. Il n’en fallait pas plus pour déclencher en moi une autre vague de jalousie du genre «Pourquoi suis-je née ici déjà?». Bref, tous les éléments étaient réunis pour que je ne franchisse pas le cap de la centième page. 

Alors pourquoi suis-je en train d’étirer la lecture de Mange, prie, aime jour après jour, refermant le livre en plein milieu d’un chapitre pour ne pas arriver trop vite à la fin? Pourquoi ai-je l’impression que le deuil sera grand, sitôt la page 454 tournée? Eh bien parce qu’Elizabeth Gilbert a, peu à peu, dissipé le brouillard à grand coup de réflexions, de questions existentielles, et de délicieuses descriptions de pastas

J’entends déjà les commentaires de certains copains, qui décréteront le livre beaucoup trop «new age» pour mériter la moindre petite considération. D’autres, rire dans leur barbe en évoquant la seule possibilité de s’attaquer à une brique qui mentionne Dieu dans presque toutes ses pages. Eh bien tant pis pour eux. Moi, je me suis beaucoup retrouvée dans le parcours d’Elizabeth Gilbert. Pas dans son amour pour le yoga ou de la langue italienne. Plutôt dans sa quête. Dans ce désir de trouver l’équilibre. Et bien sûr, dans sa passion du voyage. 

Contrairement à elle toutefois, quand je suis partie m’installer à l’étranger quelques mois, ce n’était pas tant pour fuir que pour aller vers quelque chose. Je n’avais pas passé des mois à pleurer dans ma salle de bain. J’étais même plutôt satisfaite de mon sort (mis à part de ma vie amoureuse… no comment!) et ma carrière allait bon train. Pourquoi partir alors? Je ne peux pas encore mettre le doigt dessus, mais je sais que ça’ avait à voir avec le décalage de mes contradictions (aussi extravertie qu’introvertie, sociable que solitaire, peureuse que téméraire…), avec ce besoin de m’extraire de mon contexte pour profiter pleinement de la «substantifique moelle de l’existence», avec l’effet calmant du mouvement sur mon «moi» si agité et avec cette page blanche que je chérissais plus que tout. J’avais envie de me retrouver. De vivre autrement. De regarder vers l’intérieur alors que mes yeux se gavaient de nouvelles images. Et d’écrire. 

J’ai bien sûr souri quand l’auteure écrit trouver bien ridicule de clore son bouquin sur un épisode digne d’un conte de fée. J’ai écrit la même chose à la fin de Cartes postales d’Asie. Contrairement à elle toutefois, j’ai choisi de couper tous les passages qui entraînaient les lecteurs dans mon intimité – et celle de mes proches. Question de pudeur.

Me voici donc à la page 451. Quelques lignes seulement me séparent de la fin. Ça tombe bien: j’ai pas mal de choses à faire aujourd’hui…

P.S.: Pour ceux qui ne le savent pas, Julia Roberts prêtera bientôt ses traits à l’auteure.

AJOUT 19 novembre: J’ai lu les dernières pages la nuit dernière, après une nuit intense de boulot… Je m’apprête maintenant à attaquer La Frousse autour du monde!

Catégories : Nomade sédentaire
Tagué :

Embarquement immédiat… de 2004 à 2008

27 octobre 2008 · 2 commentaires

C’était en 2003. De retour d’Asie depuis quelques mois, j’avais eu l’idée de réunir les témoignages de vingt voyageurs québécois âgés de 18 à 35 ans pour découvrir différentes manières de voir du pays, même fauché. L’objectif: à travers leurs parcours, dresser une liste exhaustive des types d’emplois, de stages et autres opportunités accessibles à cette tranche d’âge. Surtout, démontrer que le voyage est à la portée de tous. À la fin, j’avais préparé une série d’articles par thèmes («Enseigner l’anglais en Asie» et «Travailler sur des bateaux de croisières», par exemple) et un bottin de ressources, retraçant autant les coordonnés des responsables de l’embauche des employés saisonniers à Disneyworld que des ONG qui envoient des jeunes effectuer des stages de coopération internationale. 

 

Les voyageurs qui ont accepté de partager leurs expériences m’ont tantôt fait rire, tantôt émue aux larmes. Pour l’anecdote, j’avais fait une erreur monumentale dans l’un des portraits, écrivant que l’un d’eux avait dû revenir d’urgence au Québec après s’être cassé un doigt, alors que c’était plutôt son dos qui avait été bousillé à cause d’un accident de travail… La raison de cette terrible bourbe? Mon écriture manuscrite! Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis la seule à pouvoir comprendre mes notes. Eh bien ce jour-là, je m’étais moi-même fourvoyée en me relisant… Mea culpa! Je peux vous jurer que depuis ce jour, mon enregistreuse a repris du service (j’ai toujours privilégié l’écoute et la prise de notes – paradoxal pour une techno-addict hein? – mais je ne suis pas infaillible).

 

Depuis la publication du livre en 2004, j’ai eu l’occasion d’interviewer à nouveau certains d’entre eux. Quelques-uns sont devenus des amis.  Je me demande toutefois ce qu’il est advenu de ceux dont j’ai perdu la trace. Alors si jamais vous faites partie de mes vingt personnes inspirantes et lisez ceci, merci de m’écrire pour me dire ce que vous êtes devenus (en commentant ce billet ou à mjtornado@gmail.com)! 

 

Sachez par ailleurs que le livre est toujours en vente… ;-)

Catégories : Boulot · Plogue(s)
Tagué : , , , ,

Petite promo perso

25 avril 2008 · Laisser un commentaire

Le samedi 3 mai, à 16h30, je participerai à la table ronde « Récits de voyage » du festival Métropolis bleu en compagnie de Danielle Dubé, d’Alain Olivier et d’Yvon Paré. Le thème de la 10e édition de l’événement est d’ailleurs le voyage.  Voici le résumé officiel de la table ronde : « Le tour de monde en 75 minutes en passant par le Vietnam, le Saguenay, la Provence et la Chine. » (Un peu réducteur, mais c’est à ça que ça sert, un résumé…) 

 

Je vous invite donc à venir voler sur les ailes d’Air MJ à l’hôtel DELTA CENTRE VILLE777 rue University (métro Square-Victoria).  Attention : il y a deux hôtels Delta à Montréal…

 

Par ailleurs, le vendredi 2 mai, à 19h, c’est le lancement des nouveaux titres de Mémoire d’encrier, éditeur de Cartes postales d’Asie, paru le printemps dernier. 

 

P. S. : Notez que mon livre est toujours en vente chez tous les bons libraires, dont celui-ci, en ligne, et celui-là ! ;-) En France, on peut se le procurer à la Librairie du Québec à Paris. Un billet pour l’Asie à 20 $, c’est pas mal, non ?

 

Catégories : Actualité · Boulot
Tagué : , ,