Ceux qui me connaissent le savent: j’adore faire des portraits. Je ne suis loin d’être pro, mais je m’amuse follement à tenter de saisir l’essence d’un «personnage». Et des personnages, il y en avait aujourd’hui à la World Science Fiction Convention (Anticipation), où j’ai tourné mon premier reportage de la saison pour La Revanche des NerdZ!
En plus de filmer une petite vidéo «en coulisses» que je dévoilerai le jour de la diffusion de l’émission, j’ai joué les Garance Doré dans les couloirs du Palais des congrès de Montréal. Voici…
Observation générale: les nerds ne sont pas tous terrés dans leur sous-sol en pantalons de sport défraîchi (même si quelques spécimens semblaient tout droit sortis de mauvais films pour ados des années 80…)! Le style de certains est tellement étudié que je suis persuadée qu’ils passent autant (plus?) de temps devant le miroir que n’importe quelle fashionistas.
Pour ceux qui ne connaissent pas la Worldcon, sachez que l’événement a lieu dans une ville différente chaque année et rassemble des passionnés depuis 67 ans. Montréal est l’hôte de ce méga-happening «nerd» depuis jeudi dernier. Des touristes de partout sont en ville pour l’occasion. En prêtant l’oreille, j’ai entendu autant des accents américains qu’allemand. L’événement se termine demain.
P.S.: Dans le feu de l’action, j’ai oublié de noter quelques les noms (bravo MJ!)… Les fidèles de La Revanche des NerdZ reconnaîtront Pascal Forget sur la dernière photo et la fille magnifique de la seconde s’appelle Elizabeth Nyveen. Quant à l’hurluberlu qui semble tout droit sorti d’un film de science-fiction des années 50, son nom est Sylvain St-Pierre (vidéo qui en dit plus à propos de son costume à venir!).
J’aime toujours ce moment où Montréal surgit par la fenêtre du train. J’ai beau lui avoir été infidèle au cours des dernières années, c’est vraiment la ville où je me sens le plus chez moi. Je n’ai pas pu m’empêcher de tenter de capturer ses lumières avec la petite caméra que je traîne partout à notre retour du Lac-St-Jean jeudi dernier, malgré les trois heures que nous venions de nous taper à attendre confinés dans notre wagon qu’une supposée fuite de gaz soit localisée à la gare Bonaventure…
C’est grâce à lui que j’ai pu placer Alger, Barcelone, Macao et le Togo (il y a passé une partie de son enfance) sur une carte. J’ai habité pendant 13 ans à deux pas du lieu de tournage principal du clipIsabelle. Je connais encore par coeur la plupart des chansons de l’albumL’amour est sans pitié.
Chaque année, vers le début du mois d’avril, Printemps étéme revient immanquablement en tête. La pièce 1990 reste à tout jamais la chanson de la fin de mon secondaire (avec Groove is in the heart et les hits des Rita Mitsuko et de B-52’s). Ah! Nostalgie…
Quel bonheur de voir Jean Leloup renaître de ses cendres à Tout le monde en parle ce soir! Je me fous qu’il soit le «vrai lui» ou le «vrai personnage», moi, j’ai retrouvé l’idole de mes 16 ans dans toute la splendeur de ses délires. L’entrevue est sur le site de Radio-Canada.
J’aime quand il dit avoir tenté d’avoir une vie rangé et qu’il a réalisé que ce n’était pas pour lui… Le passage du banc de parc australien est particulièrement savoureux!
Aujourd’hui, le soleil nous a fait son grand numéro de charme. Ça sentait le printemps dans les rues de Montréal. Je suis allée retrouver Éloïse et Amélie, qui ont été mes colocataires pendant quelques mois à Keelung, Taïwan, en 2001-2002. J’ai pris cette photo «bout de bras» devant le nouvel appart’ d’Amélie, à Verdun (sooo exotic!).
C’est toujours un grand plaisir de se voir. Le temps file si vite! Amélie avait à peine 19 ans quand je suis allée l’accueillir au train station avec Éloïse il y a huit ans. Son amie, deux ans de plus. Je vivais là-bas depuis trois mois à ce moment. Débarquées quelques heures après un typhon, les filles m’ont rappelé que l’une des premières choses que je leur ai annoncée était qu’à cause des inondations, les commerçants mettaient leur marchandise en solde… c’était donc un bon moment pour faire du shopping! C’est fou les détails inutiles qui nous marquent (qu’est-ce qui m’avait pris de leur raconter ça?)! Hi! Hi!
Je me souviens que nous n’avons pas vu le soleil pendant des semaines. Il faut dire que Keelung est l’une des villes qui reçoit le plus de précipitations sur la planète. De quoi saper le meilleur moral du monde. Pourtant, je me rappelle à quel point j’aimais me lover dans la douce mélancolie qu’apportait toute cette grisaille… et que mes vêtements mettaient des jours à sécher! lol
Impossible de revoir Éloïse et Amélie sans déterrer quelques souvenirs. En parcourant l’un des albums photos (oui oui, nous faisions imprimer les clichés à l’époque!), nous sommes tombées sur Amé essayant un soutien-gorge par-dessus son chandail, sur la rue. J’avais oublié à quel point ça me traumatisait cette absence d’intimité pour acheter des sous-vêtements.
Des souvenirs en vrac, comme s’ils faisaient partie d’une autre vie…
Une bonne nouvelle en ce mercredi matin où un rhume me garde clouée au lit: Wi-Fi sera accessible partout sur le boulevard Saint-Laurent dès 2009, tant dans la rue que dans les commerces. Mon cerveau fonctionnant plutôt au ralenti, je copie-colle paresseusement un extrait du communiqué de presse que je viens de recevoir:
«La Société de développement du boulevard Saint-Laurent (SDBSL) est fière d’annoncer que la MAIN sera munie du plus long réseau Wi-Fi au Québec et offrira également la technologie Bluetooth à tous les visiteurs du boulevard. Dès 2009, les 14 millions de piétons circulant annuellement sur le boulevard Saint-Laurent, entre les rues Sherbrooke et Mont-Royal, pourront bénéficier gratuitement de ces deux services.La SDBSL a mandaté la compagnie ILITOO NA, spécialiste en communications de proximité, pour l’installation et la gestion des réseaux Wi-Fi et Bluetooth jusqu’en 2013.»
À Montréal, on peut déjà naviguer gratuitement dans plusieurs commerces et plusieurs parcs (à Paris aussi d’ailleurs). À quand Wi-Fi dans le métro, dans les bus et dans tous les trains de Via Rail? Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, c’est de plus en plus un critère dans le choix des endroits que je fréquente.
Avis aux voyageurs de passage dans la métropole québécoise, la meilleure ressource pour trouver une liste des lieux branchés reste Île Sans Fil, un organisme à but non lucratif créé en 2003 dans le but de rendre Internet sans fil public et gratuit à Montréal.
Ado, mon sport favori était «le saut de pieds». Je bondissais d’un vers à l’autre comme d’autres fument leurs premiers joints. J’écrivais sans arrêt. J’enfilais les mots comme autant de puffs, et le buzz qui en résultait me donnait sitôt envie de recommencer. Beaudealaire, Nelligan, Rimbaud, Lamartine et plus tard Mallarmé m’accompagnaient dans mes délires. À force de les lire et de les analyser, je me suis mise à compter les pieds, à faire des rimes et à me la jouer très «poète maudit». J’étais persuadée de ne pas être née à la bonne époque.
Quand je suis déménagée à Montréal à l’âge de 19 ans, j’allais me promener régulièrement dans le Carré St-Louis à la recherche des traces d’Émile (je me permets de le tutoyer et de l’appeler par son prénom, depuis le temps!). Je me souviens du jour, où, émue, je suis tombée sur la maison où il a grandit.
Je me demande encore parfois ce qu’il serait devenu s’il était né à notre époque. Aurait-il été un blogueur parmi tant d’autres? L’auteur vedette d’une obscure maison d’édition qui vend 150 copies de chacun de ses bouquins? Un de ces itinérants au regard hagard qui refuse obstinément de prendre ses médicaments?
Si Nelligan était né à notre époque, je pense qu’il aurait été lui.
Comme plusieurs, je l’ai découvert à Tout le monde en parle. J’ai craqué pour ses mots, pour sa poésie et pour sa voix. Quelle voix! Une voix avec une «présence». Depuis, j’ai retrouvé le plaisir que j’avais en compagnie de mes «potes» d’autrefois. Il me fait voyager. Je me reconnais dans ses textes, je m’entends dans ses rimes, je me love dans ses histoires qui pourraient être les miennes. Je me réconcilie avec une forme de poésie qui vient me chercher au fond des tripes.