Tourisme de misère

J’ai été invitée à parler de poorism ce matin à l’émission AM, à la Première Chaîne de Radio-Canada. Le prétexte: un article percutant publié dans The New York Times (et traduit dans Courrier International), signé par un résident d’un quartier défavorisé du Kenya, Kennedy Odede, directeur général de Shining Hope for Communities.

Fidèle à mon habitude, voici les notes que j’avais préparées.

Qu’on parle de «slum tours» ou de «poorism», c’est un sujet très délicat qui mérite qu’on aille plus loin que ce qui nous semble l’évidence.

J’y réfléchis depuis plusieurs années. Quand on lit un témoignage comme celui publié dans The New York Times, on ne peut qu’être d’accord avec les propos. C’est un témoignage de l’intérieur, de là sa grande valeur. Mais c’est difficile de trancher aussi radicalement… Ceux qui militent pour évoquent une recherche d’authenticité (pour plusieurs authenticité veut dire pauvreté). Ceux qui sont contre parlent de freak show, de voyeurisme. Personnellement, je crois au tourisme comme outil de développement  dans les communautés, mais dans le cas précis de visites guidées «de misère», j’ai tout de même des réserves. Tout est dans le «comment». Et à qui revient les bénéfices… Le hic, c’est qu’on a rarement des garanties.

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