Je perds toute objectivité quand il s’agit du Zoo sauvage de St-Félicien, où j’ai vécu plusieurs de mes plus beaux souvenirs d’enfance. Du plus loin que je me souvienne, mes parents achetaient des passes saisonnières (maintenant annuelles). Mon grand-père a longtemps conduit l’un des trains des sentiers de la nature. J’y ai même travaillé, un été. Je vendais des tourtières et de la soupe aux gourganes… Impossible d’oublier cette touriste française qui avait un jour commandé une «pitoune» au lieu d’une «poutine»! Mes deux petites soeurs y ont aussi décroché des boulots saisonniers.
À l’âge de 19 ans, quand j’ai voulu poser ma candidature à La Course Destination Monde, c’est là-bas que j’ai réalisé le reportage qui accompagnait mon dossier, le portrait d’un gardien qui avait développé une relation particulière avec une guenon (heu non, ce n’est pas du tout ce que vous croyez!). Une histoire d’amitié vraiment touchante (mais ma candidature n’a pas été retenue).
Les souvenirs s’entassent, pêle-mêle, dans ma mémoire. L’ours noir qui faisait tourner une grande roue dans laquelle on déposait des arachides. Les girafes qui nous léchaient la main avec leur grosse langue mauve. Les hippopotames à qui quelques rigolos avaient fait boire de la bière. Les singes qui frappaient dans les vitres à la moindre moquerie. Leurs cris, aussi, qui donnaient froid dans le dos. L’air encore glacial, au printemps, dans les sentiers. Le «Grand Tracel», pont de bois qui chevauche un ravin de 25 mètres. Sans oublier les chiens de prairie, que je voulais tous adopter!
La mission du zoo a beaucoup évolué au cours des dernières décennies. J’aime bien que les animaux exotiques aient été réintroduits. En axant sur la nature boréale plutôt que seulement sur la faune et la flore d’ici, on peut s’offrir un tour du monde unique en quelques pas.
Cette année, les tigres de l’amour, nouveaux pensionnaires, attirent particulièrement l’attention des visiteurs (on peut même les observer à l’aide de caméras qu’il est possible de contrôler en ligne, comme pour les macaques japonais, les ours grizzlys et les ours blancs).
L’an prochain, ce seront les steppes de la Mongolie qui seront mises en vedette. Pour avoir un avant-goût de ce que nous pourrons y découvrir, une technicienne se balade tous les jours avec un bébé chameau en laisse. Comment ne pas craquer?
Maintenant, c’est au tour de ma fille de débuter sa collection de souvenirs…














