Sommes-nous plus infidèles en voyage?

Discussion intéressante ce matin sur Twitter, suite à l’écoute d’une entrevue réalisée avec Christine Bravo à propos de son roman Foudre (que je n’ai pas lu). Marie-Annick Boisvert posait la question : «Est-ce qu’en voyage on est plus près de l’infidélité?», à laquelle j’ai spontanément répondu : «Je pense qu’en voyage, on est tout simplement plus fidèle à soi-même!»

La sexologue et auteure Jocelyne Robert a ensuite renchéri: «En voyage on se déprogramme; on est donc plus proche de tout ce qui nous éloigne de la routine…». Ma réponse: «J’aurais plutôt tendance à dire qu’on se "re"-programme. Déstabilisé, on a pas le choix de se connecter à son soi profond! :-)» Ce à quoi elle a rétorqué: «Très juste. Si son "soi profond" n’est pas si profond qu’on arrive plus à descendre jusque là . ;-)))»

C’est exactement pour ça que j’aime tant Twitter: les échanges, surtout quand ils nous poussent ensuite à poursuivre la réflexion. Avoir ainsi accès à une spécialiste et à des dizaines d’internautes qui enrichissent la discussion grâce leur bagage respectif, c’est hyper-précieux!

Donc, pour en revenir à la question de départ: sommes-nous plus infidèles en voyage? Je ne crois pas qu’il faille poser la question ainsi. La vraie question serait plutôt à mon (humble!) avis: pourquoi les gens se laissent-ils plus facilement aller dès qu’ils s’éloignent de chez eux? On parle de fidélité amoureuse, mais c’est vrai aussi dans les autres sphères de la vie.

Être plongé dans un contexte inhabituel nous place dans un état de déséquilibre. Plusieurs cherchent à s’accrocher à tout ce qu’ils peuvent trouver pour ne pas tomber. Mais c’est justement ça le grand plaisir du voyage, selon moi: tomber, tomber et tomber encore. Apprendre à marcher différemment parce que le sol n’a pas le même relief et qu’on doit s’adapter pour éviter de se retrouver constamment les quatre fers en l’air. Cet état de vertige nous force à nous brancher sur nous-même et révèle parfois certains aspects qui passent inaperçus au quotidien. Il met en lumière des travers dont on ne connaissait même pas l’existence tout comme des forces insoupçonnées.

Voyager, pour moi, c’est d’abord se connecter sur son soi profond. Ce soi qui, au fil des voyages, tangue de moins en moins. On garde la flexibilité, mais la «chute» a moins d’impact parce qu’on s’accroche à soi-même plutôt qu’à ce qui nous entoure.

Quand on apprend une langue, c’est concret. On arrive sur le terrain et hop! on arrive à communiquer. Je trouve qu’on apprend aussi à voyager, même si c’est moins tangible. Je ne parle pas de savoir comment se repérer dans un aéroport ou arriver à mimer ce qu’on veut manger dans un restaurant exotique. On apprend à être soi et, surtout, à accepter que ce soi n’est pas immuable. L’endroit d’où l’on vient jette forcément les bases de ce que nous sommes. Mais ces bases peuvent être secouées – voire pulvérisées – par les endroits où l’on va. C’est pour cette raison qu’il me semble si important d’arriver à se délester au maximum du poids d’une culture – la sienne, celles des autres – et de se bâtir soi-même, pierre par pierre, à partir des valeurs qui nous sont chères, peu importe que nos ancêtres les partagent ou non. Mais c’est ma manière bien personnelle de voir la vie! :-)

Alors, plus infidèles ou pas? À vous de me dire maintenant!

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